Vin de Champagne / Vins de Champagne

Le vin de Champagne, aussi nommé champagne, est un vin effervescent bu dans le monde entier et actuellement associé au luxe ainsi qu'aux fêtes.



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Vignoble de Champagne - Type de vin - Épernay

Champagne
Carte du vignoble de Champagne
Désignation (s) Champagne
Appellation (s) principale (s) AOC
cette notification ne figure jamais sur les étiquettes de champagne
Type d'appellation (s) Champagne,
Coteaux Champenois,
Rosé des Riceys
Reconnue depuis
Pays
Cépages dominants chardonnay, pinot noir, pinot meunier, arbane, petit meslier, pinot blanc, pinot gris vrai.
Vins produits

Le vin de Champagne, aussi nommé champagne, est un vin effervescent bu dans le monde entier et actuellement associé au luxe ainsi qu'aux fêtes. Il tire son nom de la Champagne, une région du nord-est de la France.

Cette ancienne province historique produit aussi des vins tranquilles (non effervescents) qui portent des appellations différentes, Coteaux Champenois (rouges, blancs ou rosés) dont les plus célèbres sont produits sur les communes de Bouzy, Vertus, Damery et Rosé des Riceys produit exclusivement sur la commune des Riceys.

Néanmoins, la Champagne produit en grande majorité des vins blancs effervescents qu'on nomme tout simplement champagne, sans plus de précisions. Ils sont produits principalement à base de chardonnay, de pinot noir et de pinot meunier, mais d'autres cépages particulièrement marginaux sont aussi autorisés dans l'élaboration du champagne : l'arbane, le petit meslier, le pinot blanc et le Pinot gris vrai[1].

Les champagnes sont des vins fréquemment synonymes de fête ou de célébration, bénéficiant d'un prestige reconnu de par le monde.

Vin festif
Une flûte de Champagne

Antiquité

La culture de la vigne en Champagne remonte à l'époque gallo-romaine lorsque les Romains plantent les premiers ceps dans la région.

Moyen-Âge

Le vignoble est ensuite conservé grâce à l'intérêt que lui porte le clergé, surtout celui de Reims et celui de Châlons-en-Champagne. C'est en effet l'abbaye de Saint Pierre au Mont, à Châlons sur Marne, qui planta de nombreuses vignes dans les domaines qu'elle possédait en Champagne.

En l'an 1114, l'évêque de Châlons, Guillaume de Champeaux, fit rédiger la grande charte champenoise qui confirma cette abbaye dans toutes ses possessions agricoles et vinicoles. Cette charte, dont l'original est perdu mais dont une copie est conservée aux Archives de la Marne, est reconnue comme l'acte fondateur du vignoble de Champagne : par cette confirmation, l'ensemble des conditions sont réunies pour que le vignoble se développe en paix et puisse prospérer. Par conséquent les moines n'ont pas cessé de cultiver la vigne et de produire du vin de plus en plus élaboré.

Durant l'époque féodale, les vins de Champagne sont classés parmi les «vins de France» reconnus comme produits dans le bassin parisien.

Renaissance

Durant le règne d'Henri IV, il prend le nom de vin de Champagne sur Paris (mais cette expression s'impose plus difficilement dans la région, le terme champagne désignant des terres non fertiles, qui ne peuvent servir que de pâturages aux moutons).

Période moderne

Au cours du XVIIe siècle, les vins de Champagne séduisent de plus en plus d'amateurs dans les cours royales de France et d'Angleterre sous l'impulsion de certaines familles parisiennes qui possèdent des terres en Champagne. Ce siècle marque aussi une évolution des «vins de Champagne» correspondant au désir des consommateurs de vins gris, particulièrement faiblement colorés mais qui, selon les vignerons, vieillissent particulièrement mal en fûts.

Le champagne est par conséquent rapidement mis en bouteille (vers 1660) afin d'assurer une meilleure conservation des arômes (avec un tirage avant la fin de la première fermentation) mais devient en contrepartie naturellement pétillant (en particulier pour les champagnes ayant peu d'alcool, étant peu colorés et dont le tirage est fait à l'équinoxe de printemps). Ce caractère effervescent cause énormément de soucis aux vignerons, à tel point qu'il est surnommé «vin du diable» ou «saute-bouchon» à cause des bouteilles qui explosent ou des bouchons qui sautent sous la pression. Pour ces raisons, si les Anglais n'avaient pas été conquis par ce vin pétillant, le champagne ne serait peut-être pas ce qu'il est actuellement, car à cette époque, les Anglais achetaient aux Champenois des tonneaux de vin effervescent en vrac qu'ils se chargeaient de mettre eux-mêmes en bouteilles. Ils avaient aussi observé que la meilleure époque pour provoquer la prise de mousse est le printemps. En 1676, un poète londonien chantait «le champagne effervescent qui ranime rapidement les pauvres amants languissants.»

Dom Pérignon

En 1670, dom Pérignon (1638-1715), un moine cellérier de l'abbaye bénédictine d'Hautvillers, va être le premier à pratiquer l'assemblage du raisin qui perfectionne la qualité du vin et en fait disparaître certains défauts. C'est aussi dom Pérignon qui introduit l'emploi du bouchon de liège maintenu à la bouteille par une ficelle de chanvre imprégnée d'huile, ce qui permet au vin de garder sa fraîcheur et sa mousse. De plus, il fait renforcer la bouteille en adoptant un verre plus épais pour éviter que la bouteille n'explose, mais malgré les efforts du moine, l'effervescence du vin reste empirique jusqu'aux recherches de Louis Pasteur sur la fermentation, au XIXe siècle. Les crayères près de son abbaye étaient utilisées pour conserver le champagne à température et humidité constante. Par la suite, d'autres caves furent creusées en pleine craie.

Selon le chanoine Jean Godinot qui écrivit en 1718 que «depuis plus de vingt ans le goût des Français s'est déterminé au vin mousseux», le champagne effervescent aurait été par conséquent commercialisé dans des bouteilles spécifiques pour la première fois en France vers 1695. D'autres archives attestent que, en l'an 1729, à Épernay, Nicolas Irénée Ruinart fonde à Reims, le premier négoce en vin de Champagne effervescent, la maison Ruinart. En 1730 est fondée la maison Chanoine Frères à Épernay.

Durant le XVIIIe siècle, le champagne commence à acquérir son rayonnement mondial, grâce aux propriétaires de célèbres maisons de champagne qui en assurent la promotion comme Florens-Louis Heidsieck ou Claude Moët, puis au XIXe siècle grâce à Pierre-Nicolas-Marie Perrier-Jouët ainsi qu'à la famille Bollinger. De même, certaines femmes après la mort de leur mari continuent le travail de ce dernier, entre autres Mme Pommery, Mme Perrier et Mme Clicquot (surnommée la «Grande Dame de Champagne») qui contribuent elles aussi à la notoriété du champagne. Le champagne fut même décrit comme étant le «vin de la civilisation» par Talleyrand.

Période contemporaine

Avant qu'on apprenne à champagniser les vins blancs, ceux-ci étaient quelquefois (certaines années) naturellement pétillants. On retrouve une production de vins pétillants naturels aux quatre coins de l'ancienne Champagne, autant dans l'Aube (du côté de Bar-sur-Aube) qu'en Haute-Marne, où le vin de Soyers (région de Bourbonne-les-Bains), vin de cépage produit à partir du meslier doré avait une typicité reconnue, avant l'invasion du phylloxéra en Europe et dans le monde.
En 1860, le savant champenois Jules Salleron invente les premiers bouchons en aggloméré, puis en 1882 invente le densimètre pour mesurer le degré alcoolique du vin afin d'éviter les excès de sucre ou de levure dans le processus de 2ème fermentation. En 1928, l'appellation champagne concernait uniquement huit mille hectares et les expéditions se montaient à vingt-quatre millions de bouteilles.

Géographie

Le champagne est produit dans la zone viticole délimitée par la loi du 22 juillet 1927. Cette zone n'est pas d'un seul tenant :

Les zones viticoles de production du champagne
Vue générale en été de la ville d'Épernay depuis le chemin de ceinture.

Les zones

Il existe 4 zones de production de raisins qui regroupent les 17 terroirs de champagne.

  • La montagne de Reims (département de la Marne)  : surtout exposés au sud, les coteaux sont implantés sur des sols dont la craie est profondément enfouie. Le cépage dominant y est le pinot noir. Dans les caves de la montagne de Reims reposent des champagnes connus pour leur puissance, leur charpente et leur noblesse.
  • Vallée de la Marne (Marne, Aisne et Seine-et-Marne)  : les coteaux sont implantés sur des sols à dominante argilo-calcaire, à tendance marneuse. Le cépage dominant y est le pinot meunier. Les champagnes de la vallée de la Marne, grâce à leur grande diversité, possèdent un séduisant bouquet, du fruité et une grande souplesse.
  • Côte des blancs (Marne)  : ici, un cépage unique règne en maître : le chardonnay. La craie affleurante y est partout, véritable réservoir d'eau et de chaleur des sous-sols. La Côte des blancs donne naissance à des champagnes prisés, empreints de vivacité et d'esprit, aux arômes légers et délicats, symboles de finesse et d'élégance.
  • Vignoble de l'Aube, Bar-sur-Aube, Bar-sur-Seine (Aube et Haute-Marne)  : les sous-sols à tendance marneuse y sont essentiellement plantés de pinot noir. Les champagnes de la Côte des Bar sont des vins de caractère, à la belle rondeur ainsi qu'aux arômes complexes.

Sur légèrement plus de trente mille hectares de vigne au total, c'est le vignoble le plus septentrional de France avec 60 à 80 jours de gel par an. Il doit sa richesse à son morcellement, chaque village constituant un cru c'est-à-dire le produit d'un terroir et d'un climat, il existe 302 crus. Les plus grandes caves de Champagne se trouvent à Épernay ainsi qu'à Reims.

Quelques parcelles de l'appellation Champagne (20 ha) se trouvent en Île-de-France dans les communes de Citry, Nanteuil-sur-Marne et Saâcy-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le département de la Haute-Marne, peut lui aussi revendiquer l'existence de quelques dizaines d'hectares de vignes.

En 2008 un dossier visant à inscrire les paysages du Champagne sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO sera soumis aux autorités françaises. [2]

Historique de la zone d'appellation

Juste avant le début de la révolution française, le vignoble champenois s'étendait sur quelques 50 000 hectares. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le vignoble connaît avec 65 000 hectares son expansion maximale comprenant aussi 2 500 hectares dans le département des Ardennes. Après les fléau du phylloxéra et de la Grande guerre, le vignoble s'est réduit à 12 000 hectares. Actuellement, en 2007, le vignoble champenois couvre sur 32 341 hectares.

La procédure d'extension

Depuis 2003, une procédure visant à l'extension de la délimitation de l'appellation a été lancée, cette nouvelle aire devrait être établie d'ici à peu près 10 ans[2].

Cette procédure, dont l'objectif est d'intégrer dans l'aire de production du vin de champagne quelques parcelles dûment certifiées d'une quarantaine de nouveaux villages, fait appel aux expertises des historiens pour rechercher des pratiques viticoles anciennes ainsi qu'à celles des géologues pour rechercher les parcelles concernées soit par les marnes du kimméridgien, les craies blanches du campanien ou les sédiments du paléocène toutes terres qui doivent fonder le sous-sol des terres champenoises dignes de porter la vigne noble.

La désignation des parcelles devrait se faire à partir de 2009 avec le décret du Conseil d'État entérinant la nouvelle géographie des parcelles supplémentaires. La profession espère ainsi créer 2 à 3 000 nouveaux hectares en vignobles champenois. À 800 000 euros l'hectare, ce chantier devrait ouvrir une période de recours et de chicanes judiciaires — certaines parcelles se sont commercialisées dernièrement à près de 1, 1 million d'euros. Par conséquent ni les habitants, ni les autorités locales n'auront connaissance des localisations des parcelles ni de leur étendue, avant la validation par l'Institut national des appellation d'origine. Selon le CIVC : «Transformer des hectares de blé en hectare de vigne, c'est multiplier par 350 la valeur d'une parcelle cultivable». Dans les villages, il se murmure qu'à ces prix là, si le cimetière est installé sur une parcelle intéressante, il ne faut pas hésiter à le déplacer[3].

Parmi les villages potentiels Courcy, Courdemanges, Fismes, Montmirail dans la département de la Marne, Bouilly, Fontvannes, Javernant, Montgueux dans le département de l'Aube, Marchais-en-Brie dans le département de l'Aisne et Champcourt, Harricourt dans le département de la Haute-Marne. Les premières vignes des nouvelles parcelles devraient être plantées vers 2015, pour une première petite récolte deux ans après. Qui plus est certains villages déjà actuellement sous appellation pourront voir leurs surfaces s'agrandir.

Le classement

Les terroirs champenois sont classés en trois catégories, terroirs non classés, terroirs «premier cru» et les autres qui donnent des champagnes «grand cru».

Ce classement sert à déterminer le prix à payer au propriétaire de vignes pour son raisin. 100% correspond au «grand cru» et l'acheteur paye 100% du prix de référence. De 80 à 89%, les terroirs sont non classés. De 90 à 99% il s'agit de premier cru et le prix payé est en conséquence et va de 90 à 99% du prix de référence du raisin. Jadis, le classement allait jusqu'à 60%.

Sur les 324 Crus qui composent la champagne, seuls 17 ont droit à l'appellation Grand Cru et 43 à celle de premier Cru.

Prix des vignobles

En 2006, l'hectare s'est échangé en moyenne à 627 000 euros [4].

(En 2008, l'hectare de vigne s'est négocié autour d'un million d'euros.

Données techniques

Le champagne présente plusieurs originalités parmi les grands vins français :

  • La vendange ou cueillette est manuelle (la machine à vendanger est interdite) car il est essentiel que les grains de raisin parviennent en parfait état au lieu de pressurage. Le champagne est en effet un vin blanc issu en majeure partie d'un raisin noir - le pinot - et il convient pour cela que le jus incolore ne soit pas taché au contact de l'extérieur de la peau. Les dates des vendanges sont fixées par le CIVC grâce surtout à des prélèvements effectués dans les semaines qui ont précédé la récolte pour déterminer la maturité du raisin[2]. Les vendanges se clôturent par une fête nommée cochelet.
  • Le pressurage, effectué sur des pressoirs respectant les traditions ou pneumatiques, doit respecter l'extraction de 25, 50 hl de jus débourbé pour 4 000 kg de raisin pressurés. Les premiers jus (20, 50 hl), nommés «cuvée» sont le plus fréquemment vinifiés à part et donnent des vins de qualité supérieure aux seconds jus ou «tailles» (5 hl). Les jus suivants ou «rebêches» (entre 1% et 4% du volume), ne peuvent prétendre à l'appellation et doivent être expédiés en distillerie.
  • L'assemblage entre cépages (types de raisins), crus (vins de diverses communes champenoises) et de millésimes différents (dans l'appellation) y est presque la règle, l'objectif étant d'assurer une continuité dans les qualités œnologiques et organoleptiques. L'indication du millésime est envisageable (mais non obligatoire) lorsque seuls des vins de la même année sont assemblés. C'est le plus souvent le signe d'une grande qualité.
  • C'est un vin pétillant maintenu sous pression dans sa bouteille par un bouchon ayant l'allure d'un champignon (contrairement aux bouchons cylindriques), tenu par une capsule et un muselet de fil de fer. À l'ouverture, le bouchon a tendance à sauter et le champagne jaillit et mousse, ce qui rend le service légèrement délicat. Les bulles peuvent se former sur les aspérités du verre (de prédilection une flûte à champagne), mais naissent le plus fréquemment au contact des fibres de cellulose ou des cristaux du vin. Les peptides résultant de la décomposition des levures de fermentation, attirent les molécules de CO2 et contribuent à la délicatesse de l'effervescence, avec d'élégantes colonnes de petites bulles naissant en différents points du vin.
  • La marque (non obligatoire) est un élément essentiel de l'identification et les champagnes les plus prisés sont des champagnes de marque.
  • C'est l'unique vin rosé français qui peut être fabriqué en assemblant du vin rouge (de Champagne) avec du blanc. Le Champagne rosé peut aussi être obtenu en laissant la peau des raisins noirs colorer le jus après pressurage.

Cépages utilisés

Plusieurs cépages de la famille des pinots sont autorisés, dont trois principaux utilisés :

  • Chardonnay (raisin blanc, 26 % de la surface plantée, qui donne un vin frais et délicat). Un champagne exclusivement élaboré à partir de ce cépage, qu'on retrouve dans la région des Côtes des Blancs, est nommé «Blanc de Blancs».
  • Pinot noir (raisin noir à pulpe incolore, 37 % de la surface plantée, donnant cependant un jus blanc car les peaux n'ont pas le temps de teinter le jus lors du pressage et qui donne un vin charpenté et au bouquet fin),
  • Pinot meunier (raisin noir à pulpe incolore lui aussi, légèrement plus tardif que le pinot noir, 37 % de la surface plantée, qui donne un vin proche du pinot noir mais plus fruité et une aptitude de garde plus réduite),

et des cépages respectant les traditions (surfaces particulièrement limitées, quelques hectares)  :

Reste le cas du gamay qui n'est pas un pinot. Son utilisation est particulièrement controversée par les producteurs et fait l'objet jusqu'à nos jours d'une autorisation temporaire dans l'unique département de l'Aube.

Rendement : 160 kilogrammes de raisin produisent 102 litres de moût, qui après les pertes en vinification (1, 5 %) et au dégorgement (0, 5 %), donneront 100 litres de vin commercialisable, soit 133 bouteilles de 75 cl.

Ainsi par conséquent, le plus célèbre des vins blancs est surtout issu de raisins noirs.

Vinification

Le vin de Champagne est produit selon la méthode traditionnelle, jadis nommée méthode champenoise, qui consiste essentiellement à opérer une double fermentation du moût, la première en cuves, la seconde dans les bouteilles mêmes, en cave, avec remuage régulier. La croyance populaire veut que cette méthode soit l'invention de Dom Pérignon, moine de l'abbaye d'Hautvillers, près d'Épernay. Actuellement, les historiens s'accordent plutôt pour dire qu'il est à l'origine de la technique de l'assemblage.

La première fermentation, nommée fermentation alcoolique est semblable à celle que subissent les vins tranquilles (c'est-à-dire non effervescents). Elle peut être suivie, mais ce n'est pas forcément le cas, d'une fermentation malolactique. Les maisons Lanson, à Reims et , Senez, à Fontette, sont connues pour ne pas pratiquer cette fermentation malolactique, pour garder au vin sa vivacité. Le vin de base est le plus fréquemment vinifié en cuve. Certains préfèrent néanmoins travailler à l'ancienne et vinifier en fût de chêne ; c'est le cas des maisons Krug et Bollinger.

En début d'année (qui suit la récolte), les vins sont suffisamment clairs pour être goûtés et procéder à l'étape de l'assemblage qui mélange en proportions variant à chaque année des vins de cépages, terroirs et millésimes différents (aucune autre A. O. C. en France ne permet ce type de mélange de vin de différents millésimes).

Quoi qu'il en soit, au moment d'embouteiller le vin de base ainsi obtenu, on lui ajoute la liqueur de tirage, composée de levures et de sucre. Cela enclenchera la dernière fermentation, dite prise de mousse. C'est cette deuxième fermentation qui va donner naissance aux bulles de dioxyde de carbone. La bouteille est alors bouchée avec une capsule métallique analogue à celle des bouteilles de bière.

Cependant, cette deuxième fermentation produit des lies abondantes dont on devra débarrasser le vin ensuite.

Suit alors la période de vieillissement du vin en bouteilles d'une année à peu près pour les non millésimés à trois ans et plus pour les bouteilles millésimées.

Après ce vieillissement, on rangeait jadis les bouteilles sur des étagères nommées «pupitres» où elles étaient penchées le goulot vers le bas. Chaque jour, les bouteilles étaient remuées, c'est-à-dire tournées d'un quart de tour, d'un mouvement sec, pour décoller les lies de la paroi de la bouteille et de les faire descendre vers le goulot. Cette technique est devenue anecdotique chez les négociants mais se pratique toujours chez les petits vignerons qui ne sont pas équipés de moyens d'automatisation. Au bout de quelque temps, l'ensemble des lies sont rassemblées dans le col, contre la capsule. Pour chasser le dépôt, on gèle alors le col dans un bain de saumure à -25°C et on ôte la capsule ; le dépôt est expulsé par le gaz sous pression, c'est l'étape du dégorgement. Le volume de champagne ainsi perdu est remplacé par un mélange de vieux vin et de sucre, nommé liqueur d'expédition : c'est l'étape du dosage. La quantité de sucre présente dans la liqueur va déterminer si le champagne sera brut, sec ou demi-sec.

Il existe aussi des champagnes non dosés : après le dégorgement, on complète le niveau de la bouteille avec du vin au lieu de la liqueur d'expédition. Ce sont des champagnes particulièrement «nature». On en trouvera par exemple auprès des maisons Drappier à Urville, Georges Vesselle à Bouzy, Laurent-Perrier à Tours-sur-Marne, Paul Gœrg à Vertus, Piper-Heidsieck à Reims ou Ayala à Aÿ.

Une fois le dégorgement effectué, dosée ou non, la bouteille de champagne sera bouchée avec son célèbre bouchon de liège maintenu par son muselet avant d'effectuer en cave un ultime vieillissement (maturation) avant commercialisation. On prélève sur ce stock, au fur et à mesure des besoins les bouteilles qui sont alors étiquettées et mises en caisses pour expédition.

Types de vins

Le vin de Champagne est le fruit d'une subtile élaboration effectuée tout au long de sa vinification et qui va donner ses caractéristiques au produit prêt à être consommé. Les choix faits par chaque Maison lors de ce processus détermineront, hormis le type de vin, la marque gustative de celle-ci vis-à-vis du public. Les bruts représentent entre 80% et 85% de la production, mais il existe une douzaine d'autres variétés de Champagne, dont certains confidentiels.

La typicité d'un champagne peut être déterminée :

  • lors du pressurage
Le champagne rosé est quelquefois élaboré par «saignée». Dans ce cas, la coloration est obtenue par fermentation momentanée avec les pulpes, suivie d'un pressurage, ce qui permet l'extraction des tanins et colorants de la peau. Une autre méthode, plus utilisée, est l'assemblage de vin blanc et de vin rouge.
Les rosés pour lesquels la demande est plus forte depuis quelques années représentent moins de 5% de la production.
Au XIXe siècle un champagne rouge avait aussi été élaboré, voir #Le champagne rouge.
  • Lors de la fermentation
Le maître de chai permettra la fermentation malolactique s'il désire un champagne structuré ; il l'évitera — et arrêtera par conséquent la fermentation au terme de la fermentation alcoolique — s'il souhaite un vin plus vif.
  • Lors de l'assemblage
  • Assemblage traditionnel
Comme son nom l'indique, c'est celui qui est le plus pratiqué. Il est un mélange de cépages, de crus et de millésimes, chacun des dosages étant un choix des Maisons remis en question chaque année pour préserver au fil des ans le style du vin de la Maison.
C'est aussi durant cette étape qu'est généralement réalisé le champagne rosé par assemblage d'une cuvée de vin blanc avec une cuvée de vins rouges de Champagne.
Millésimé : soumis à aucune réglementation, le choix de ne sélectionner qu'une année unique dans l'élaboration de ces vins produit des champagnes atypiques, au caractère marqué et qui ne sont pas nécessairement dans la lignée habituelle des Maisons mais dont la grande qualité honore celles-ci. Ils représentent autour de 5% de la production.
Cuvée de prestige : Ces cuvées spéciales de grande qualité sont toujours plus liées au choix des Maisons (certaines en font plusieurs) mais le marché est dominé par quelques stars. Elles sont la catégorie la plus huppée de la production et en représentent environ 5%.
  • Assemblage non traditionnel
Blanc de blancs : c'est un vin issu du seul cépage blanc, le chardonnay, qui donne un champagne au goût frais et délicat.
Blanc de noirs : élaboré à partir de raisins noirs, pinot noir ou meunier et caractérisé par la force du premier et/ou le fruité du second. Parmi les «blancs de noirs» mono-cépages, il est énormément plus habituel de trouver un 100% pinot noir qu'un 100 % meunier. Ces vins peinent à trouver leur public, c'est toujours plus vrai avec le 100% meunier, cépage qui fût longtemps majoritaire en Champagne ; il n'y a guère que la maison Krug pour témoigner de l'intérêt qu'elle lui porte.
C'est la teneur en sucres de la liqueur d'expédition utilisée à cette étape qui détermine la qualité du vin : brut nature, brut, demi-sec, etc.
Brut nature aussi nommé non dosé, pas dosé ou dosage zéro : Cette catégorie a été défini par le législateur en 1996, elle implique qu'aucune addition de sucre ne doit être apportée au vin après la prise de mousse et la teneur en sucre résiduel doit demeurer inférieure à 3 grammes par litre. Dans ce type de vin, le producteur ne peut maquiller un manque de qualité de son vin. Il existe un intérêt croissant de cette catégorie par simple effet de mode mais également par son côté allégé en sucre.
Extra brut : de 0 à 6 g/l : Laurent-Perrier est la première maison a avoir mis sur le marché en 1981 un champagne extra-brut en se servant d'une base de vin de 1976. À l'époque, le fromager Androuet avait déclaré que «pour la première fois il avait trouvé un vin qui mettait en valeur son fromage préféré, le vacherin» et Jacques Puisais, une sommité du monde de la gourmandise, a dit avoir «trouvé l'unique vin capable d'accompagner un havane».
Brut : moins de 15 g/l : Tandis qu'au XVIIIe siècle la qualité demi-sec était particulièrement prisée, en 1876 fut élaboré le champagne brut pour satisfaire les désirs des Britanniques amateurs de vins secs, ce qui n'était pas le cas des Français à l'époque.
Extra sec : entre 12 et 20 g/l
Sec : entre 17 et 35 g/l
Demi sec : entre 33 et 50 g/l
Doux : plus de 50 g/l
  • Lors de la maturation
Outre le type de cépage utilisé qui détermine l'aptitude de garde du vin, quelques Maisons font le choix de ne commercialiser certaines cuvées qu'au terme de plusieurs années de maturation, laissant ainsi le vin développer son arôme qui marquera d'autant plus son caractère comparé au reste de la ligne.
  • D'autre part, le terroir a son importance : d'où les Vins de Champagne Grand-Cru. Il y en a 17. Leur origine géographique est reconnue comme des meilleures, d'où ce classement.

Enfin, on produit en Champagne des vins... autrement typiques :

Le raisin de Champagne est aussi utilisé pour élaborer un apéritif, le ratafia et des digestifs : le marc de champagne et la fine de Champagne.

La bouteille de champagne

balthazar, salmanazar, mathusalem, jéroboam (au sol)

Flacons

La bouteille de champagne classique a une contenance de 75 cl ; elle est plus épaisse et résistante que les bouteilles de vin courantes pour résister à une pression des gaz de six atmosphères. Le fond du flacon est aussi fortement creusé pour la même raison, ce qui permet au remueur de bouteilles de pouvoir y glisser son pouce. Cependant une seule marque propose une bouteille à fond plat transparente, il s'agit de la célèbre cuvée «Cristal de Rœderer». Le tsar Alexandre II de Russie qui craignait pour sa vie, avait exigé ce type de bouteilles pour vérifier aisément qu'aucune bombe ne soit dissimulée dans le renforcement de la bouteille.

Les négociants champenois ont créé au XIXe siècle une série de bouteilles de différentes contenances — À noter que pour les vins de Bordeaux, certains noms de bouteilles correspondent à des contenances différentes —, seuls la demi-bouteille, la bouteille et le magnum sont fréquemment utilisés pour l'élevage du vin, les autres formats sont le plus souvent remplis avec du vin déjà fermenté :

  • le huitième : 9, 4 cl (inusité)  ;
  • le quart : 18, 75 ou 20 cl (utilisé par les compagnies aériennes et quelquefois dans les boîtes de nuit)  ;
  • la demie : 37, 5 cl (vendue en restaurant)  ;
  • le médium : 60 cl (inusité)  ;
  • la bouteille : 75 cl (la plus vendue)  ;
  • le Magnum : 1, 5 l soit 2 bouteilles. L'expérience montre que le vin de Champagne se conserve le mieux dans un magnum, il y vieillit plus lentement, assurant au nectar une excellente longévité. Un magnum de champagne déçoit rarement et il est recommandé au-delà de quatre convives ;
  • le jéroboam : 3 l soit 4 bouteilles, est le plus demandé des grands flacons.

Les contenances supérieures au jéroboam sont particulièrement rares, quoique leur dimension et leur esthétisme accentuent le caractère festif des événements, les flacons, fragiles et particulièrement chers à produire, deviennent rapidement peu pratiques à manipuler. L'ensemble des bouteilles de contenance supérieure au jéroboam portent des noms bibliques, à l'exception du souverain (26, 25 litres) et du primat (27 litres).

Les flacons subissent un test de résistance à la pression avant de recevoir le vin. La valeur de référence est de 6 bars, soit 30 à 40% qui plus est que la valeur réellement obtenue dans le vin. Le test[5] ne concerne qu'un échantillon pour petits formats (jusqu'au magnum), mais est appliqué à la totalité des flacons pour les autres formats.

Le choix de noms bibliques restent pour l'instant inexpliqué. Certains ont voulu y voir l'empreinte des familles protestantes qui sont venues s'installer en Champagne. En réalité, il semble que la source de cet usage soit bien plus ancienne car dès les années 1370 on trouve la trace du «jéroboam», nommé «roboam» et du «balthazar» dans l'œuvre poétique d'Eustache Deschamps [6].

  • le réhoboam : 4, 5 l soit 6 bouteilles, qui n'est plus commercialisé depuis 1983.  ;
  • le mathusalem : 6 l soit 8 bouteilles ;
  • le salmanazar : 9 l soit 12 bouteilles ;
  • le balthazar : 12 l soit 16 bouteilles ;
  • le nabuchodonosor : 15 l soit 20 bouteilles, soit entre 120 et 140 flûtes..

Certains négociants ont récemment introduit des flacons aux contenances toujours plus extravagantes.

  • le salomon : 18 litres soit 24 bouteilles, créé par la Maison Drappier ;
  • le Souverain : 26, 25 litres soit 35 bouteilles ;
  • le primat : 27 litres soit 36 bouteilles, créé par la Maison Drappier, fait référence au Primat des Gaules ;
  • le melchizédec : 30 litres soit 40 bouteilles. Ce flacon de 54 kilogrammes, découvert par Michel Drappier, doit son nom à un ancien roi de Salem (aussi orthographié Melchisédec), empli de brut «Carte d'or», a été tiré originellement à dix exemplaires et vendu au prix de 2 925 euros. Fabriqué par un verrier italien, son prix de revient vide est de 750 euros. Chaque année dix exemplaires sont commercialisés.

Un moyen mnémotechnique rend les principales tailles de bouteilles dans l'ordre croissant de contenance : «Car de bon matin je remarquais sa banalité» (Quart / Demi / Bouteille / Magnum / Jéroboam / Réhoboam / Mathusalem / Salmanazar / Balthazar / Nabuchodonosor).

Le bouchon

Les bouchons de liège usagés de bouteilles de champagne

Le bouchon de liège des bouteilles de champagne est célèbre pour sa forme en champignon énormément plus complexe que celle cylindrique des bouchons utilisés pour les autres vins. En réalité, cette forme lui est conférée par le goulot de la bouteille dans lequel il n'est que partiellement inséré.

Il est , au moment de l'embouteillage, cylindrique et de fort diamètre (31mm). Pour que le bouchon puisse entrer, il est indispensable de le mettre en place par compression (réduction forte du diamètre à 17mm) dans le col de la bouteille sur la moitié de sa longueur, puis de l'écraser en forme de champignon pour recevoir le muselet. Ce bouchage «en force» sert à s'assurer que le bouchon ne sautera pas tout seul, sous la pression du gaz contenu dans le vin. Avec le temps, le bouchon perd son élasticité naturelle. La partie du bouchon localisée au niveau du goulot est déformé lors de l'écrasement indispensable à la mise en place du muselet et se desséchera plus vite que celle en contact avec le vin. D'où la forme au moment de l'ouverture de la bouteille, plus étroite au niveau du col. Cela est qui plus est favorisé par la différence de qualité des lièges (de plus en plus chers) constituant le bouchon. En laissant tremper un bouchon usagé, il reprend en partie sa forme originelle.

On peut distinguer nettement, sur un bouchon, de par la différence d'aspect des lièges :

  • La tête, quelquefois nommée manche et partiellement engagée dans le goulot, est constituée d'un aggloméré de liège. Cette méthode de fabrication autorise des tailles de bouchons bien supérieures à ce qu'il est envisageable de récolter actuellement sur les arbres. De moindre qualité (pour le vin), cette partie n'est pas en contact avec le vin.
  • Le corps, constitué de deux rondelles de liège massif aux plis croisés, est collé à la base de la tête. En contact avec le vin, cette partie assure l'étanchéité du flacon.

Une fois assemblés, meulés et poncés, les bouchons font l'objet d'une sélection individuelle et sont le plus souvent traités en surface (paraffine solide), pour garantir leur étanchéité et faciliter leur introduction dans la bouteille.

Capsule de bouchon de champagne.

Au-dessus du bouchon, une plaque en fer-blanc est maintenue, avec le bouchon, par du fil de fer préformé, nommé muselet. Cette plaque empêche le fil de fer de s'enfoncer dans le bouchon. Le muselet est repris sur la collerette du goulot, et maintient le bouchon qui ne peut alors plus être éjecté par la pression dans la bouteille. Les plaques de muselet (aussi nommées «capsules» dans le langage familier) sont devenues l'objet d'une collection, la placomusophilie.

Il existe un chocolat du nom de «bouchon de champagne» ayant la même forme que le bouchon et aromatisé au marc de champagne.

Le vieux centre de la ville de Troyes est en forme de bouchon de champagne.

Instances officielles

L'Union des Maisons de Champagne (UMC) [7] installée à Reims regroupe les négociants en Champagne dès 1882[2].

Le Syndicat Général des Vignerons de la Champagne (SGV) [8]installé à Épernay regroupe depuis 1904 les vignerons[2].

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) [9] possède son siège à Épernay ; il a surtout pour rôle de gérer l'appellation d'origine contrôlée du Champagne. Officiellement créé par la loi du 12 avril 1941, cette interprofession entre les négociants et les vignerons existe informellement depuis 1919, date à laquelle les syndicats des deux professions prennent l'habitude de se réunir, une fois, l'an pour discuter du prix du raisin pour stabiliser le prix de vente du Champagne[2]. Le CIVC est co-présidé par le président du SGV et le président de l'UMC.

Le VITeff[10] (Biennale Mondiale des Techniques champenoises et effervescentes) se tient à Épernay et dont la 10e est annoncée pour 2008.

Le marché du champagne

La superficie

La superficie constatée en AOC lors des déclarations de récolte s'établit pour 2002 à 29, 3 milliers d'hectares, dont 21, 8 pour le département de la Marne. À la vendange 2006, la superficie en production fut estimée à 32 200 hectares.

En 2007, le vignoble champenois s'est étendu sur 32 341 hectares, dont 21 917 dans le département de la Marne, 7 327 dans l'Aube et 3 097 dans l'Aisne et la Seine-et-Marne sur un total de 317 villages, auxquels pourraient s'ajouter 2 500 hectares aujourd'hui non plantés. L'Aube est le deuxième département en superficie d'appellation champenoise.

Voir le paragraphe sur la procédure d'extension.

La production annuelle

La production annuelle s'établit autour de 2, 5 millions d'hectolitres, soit environ 350 millions de bouteilles par an. Elle avait baissé lors de la campagne 2001/2002 pour remonter à 2, 4 Mhl en 2002/2003.

Les stocks

Les stocks s'élèvent en 2002/2003 à 3, 4 Mhl, soit une disponibilité totale de 5, 8 Mhl. Ce chiffre est en légère mais constante progression au cours des 10 dernières années.

Les expéditions

Les expéditions avaient connu un pic à 310 millions de bouteilles lors de la campagne 1998/1999, en particulier vers l'étranger, juste avant le passage à l'an 2000, suivi d'une baisse sensible. 2002/2003 confirme la reprise déjà constatée lors de la campagne précédente. Volume annuel de ventes se montent autour de 700 millions à 900 millions d'euros.

Les expéditions, évaluées en millions de bouteilles, ont représenté

  • Campagne 2002/2003, 290, 7 millions de bouteilles en hausse de 4 % sur l'exercice précédent.
  • Campagne 2003/2004 : 300 millions de bouteilles vers 190 pays.
  • Campagne 2004/2005 : 307, 5 millions de bouteilles.
  • Campagne 2005/2006 : 321, 6 millions de bouteilles.

Sur ce total, la répartition par destination en 2004 a été la suivante :

  • France : 60, 0 % ;
  • Union européenne (hors France)  : 25, 1 % ;
  • Autres pays : 14, 9 %.

La répartition par filière de vente en 2004 a été la suivante :

  • Négociants : 67, 4 %, ils regroupent 280 marques.
    • Parmi les négociants, il existe 12 grands groupes qui pèsent ensemble plus de 170 millions de bouteilles (55% des expéditions de 2004). Ces groupes disposent à l'étranger d'efficaces réseaux de distribution et sont les locomotives de la profession. Lors des vingt dernières années une quarantaine de marques ont changé de main pour rejoindre le plus fréquemment l'un de ces grands groupes et la concentration semble loin d'être terminée.
  • Récoltants-manipulants : 23, 5 % (70 millions de bouteilles en 2004). Ils sont légèrement moins de 5 000 vignerons qui exécutent 93% de leurs ventes sur l'unique marché français. Ils élaborent un champagne à leur nom à partir de la production de leur seul vignoble. La moitié d'entre eux vinifient eux-mêmes et les autres ont recours à une coopérative.
  • Coopératives : 9, 1 %. Au nombre d'une soixantaine, elles fonctionnent à partir des vendanges apportées par leurs membres (à peu près la moitié des 5 000 vignerons récoltants leur apportent tout ou partie de leur production. Elles commercialisent à peu près 28 millions de bouteilles dont 62% sur le marché français.

Source : Viniflhor (Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture).

L'appellation d'origine contrôlée

L'appellation «champagne» est une AOC, mais l'indication «Appellation d'origine contrôlée» ne figure que particulièrement rarement sur les étiquettes des bouteilles de champagne. C'est l'unique appellation, avec celle de cognac, qui est dispensée de cette mention, car c'est l'unique vignoble qui n'a pas de vin déclassé (tous les autres vignobles vendent AOC et vin déclassé).

C'est une loi de 1927 qui définit, actuellement toujours, les critères d'attribution de l'AOC champagne. Mais depuis le 13 mars 2008, quarante communes, désignées par un comité d'experts, prétendent elles aussi à la prestigieuse appellation.

Le mot «champagne» lui-même est aussi protégé avec une grande vigilance.

Ainsi la commune de Champagne, 660 habitants, localisée dans le canton de Vaud en Suisse a dû renoncer à mentionner le nom de Champagne sur les vins (non pétillants) produits dans son terroir de 28 hectares, dans le cadre d'un accord mondial intervenu entre la Suisse et l'Union européenne en décembre 1998.

Pour cette même raison, la firme Yves Saint-Laurent a dû interrompre le lancement d'un parfum qu'elle avait appelé Champagne. Le nom du parfum a finalement été changé, il est aujourd'hui commercialisé sous le nom Yvresse.

Aux États-Unis, même si l'appellation «champagne» est reconnue comme «semi-générique» par la loi américaine et est autorisée si elle est suivi de la mention du lieu de production (mais seulement pour la commercialisation intérieure), de nombreux producteurs américains de méthode respectant les traditions — surtout ceux qui ont fait leur preuve sur le marché américain — leur préfèrent désormais les appellations «méthode champenoise» ou d'une façon plus générale la désignation de «sparkling wine» («vin pétillant»). Paradoxalement, seuls certains producteurs américains visant le marché bas et milieu de gamme utilisent toujours la désignation «champagne», surtout Korbel, Tott ou Cook's.

Les millésimes

L'art champenois consiste à assembler des crus non pas à composer des millésimes. Les cuvées millésimées ne dépassent jamais plus de 5% des ventes de champagne. Elles sont en particulier un extraordinaire vecteur de communication pour doper les ventes et faire parler des marques. Les marques rivalisent d'idées et organisent des événements autour de leurs millésimés pour faire parler d'elles.

Selon le Comité interprofessionnel des vins de Champagne, le millésime «est un outil de valorisation. La demande est toujours forte mais le vignoble champenois n'est pas extensible, la croissance ne peut par conséquent se faire que dans le haut de gamme». Une cuvée millésimée se vend en moyenne 30% à 40% plus cher que le brut et bien plus dans le cas des cuvées de prestige. La tentation est par conséquent forte de millésimer même lorsque l'année ne le mérite pas vraiment. Entre 1945 et 2004, la Champagne a millésimé 46 fois.

Or, millésimer n'est pas une démarche sans risque, car selon Olivier Krug, «un millésime est une figure libre comparé à un brut. Il reflète le climat d'une année, c'est une personnalité, un caractère». Pour Benoît Gouez de chez Moët & Chandon, «élaborer un millésime, c'est bousculer les codes d'une maison».

Les autres vins effervescents

Icône de détail Article détaillé : Vin effervescent.

Quelques maisons renommées et leurs cuvées de prestige

Icône de détail Article détaillé : Maisons de Champagne.

Anecdotes et informations pratiques

De par sa situation au cœur du vignoble champenois et du fait que des instances officielles (CIVC, SGV, VITeff) tout autant que de nombreuses maisons de Champagne (Moët & Chandon, Champagne Mercier, etc. ) y soient installées, la ville d'Épernay se présente comme la capitale du Champagne.

Une boisson connue

Bulles dans une coupe de champagne

Cette boisson a acquis une forte notoriété mondiale en devenant un synonyme de luxe, étant employée surtout pour célébrer les grandes occasions. La particularité «effervescente» du champagne est légèrement à l'origine de ce caractère festif : on fait sauter le bouchon, plus rarement on sabre la bouteille, et la victoire est fêtée dans de nombreux sports par l'aspersion de la foule avec une bouteille de champagne agitée par les vainqueurs depuis leur podium. C'est ainsi le cas en formule 1 ou lors des étapes de l'épreuve cycliste du Tour de France (la loi Évin a supprimé cette coutume sur le Tour de France [1]). De même, le baptême des navires se fait habituellement en brisant une bouteille de champagne sur la coque.

Œnologie

Un champagne jeune (12 mois à 3 ans) dispose d'arômes d'une grande fraîcheur qui peuvent correspondre à des parfums de fruits blancs ou rouges, d'agrumes, de fleurs blanches, de végétaux, de ferments (levure, mie de pain) ou encore à des senteurs minérales. Pour le champagne plus mature (3 à 5 ans), les arômes sont plus ronds et forts et s'établissent dans le registre des fruits jaunes, secs ou cuits, d'alcools végétaux, d'épices, de confiserie et de pâtisserie. Après 5 ans le parfum est plus complexe et s'exprime au travers d'arômes de fruits particulièrement mûrs ou confits, de parfums de sous-bois, de torréfaction, de grillé ou de miel.

Savoir lire une étiquette

On peut lire sur une étiquette de champagne la marque, le nom de l'élaborateur, le dosage (brut, sec, zéro dosage, etc. ), le millésime — ou en son absence, la commune d'origine des raisins, et quelquefois la cotation qualitative des raisins : «grand cru» pour les dix-sept communes qui ont le droit à ce titre ou «premier cru» pour les quarante et une autres. Le statut professionnel du producteur est obligatoire et se traduit par les caractères suivants :

  • NM : Négociant manipulant. Maisons de champagne qui élaborent et commercialisent leur vin. La majorité possède des vignobles, mais achète aussi le raisin de producteurs locaux ;
  • RM : Récoltant manipulant. Regroupe la totalité des vignerons — environ 5 000 et un tiers de la production — qui élaborent et commercialisent leurs propres cuvées à partir de leur seul raisin ; ce sont les seuls «petits producteurs». Ils doivent seulement vinifier le produit de leurs parcelles pour qu'ils aient droit à l'expression «champagne de vigneron» dans la limite de 15 500 kilos /hectare.
  • CM : Coopérative de manipulation. Ce sont des vins élaborés et vendus par une union de producteurs ;
  • RC : Récoltant coopérateur. Le viticulteur confie ses raisins à sa coopérative pour qu'elle élabore le vin, puis récupère tout ou partie des bouteilles terminées pour les commercialiser ;
  • SR : Société de récoltants. Assez rare, le plus fréquemment familiale, elle élabore et commercialise en commun ;
  • ND : Négociant distributeur. C'est un négociant qui achète des bouteilles terminées à d'autres opérateurs, et les commercialise sous sa propre marque.
  • MA : Marque d'acheteur. Un commercialisateur a demandé à un négociant d'apposer sa propre marque sur des bouteilles qu'il a acquises. Produit le plus fréquemment ordinaire.

Critères de qualité d'un champagne

  • L'aspect visuel des bulles : Dans les meilleurs champagnes, les bulles sont petites et montent en colonnes ininterrompues depuis le fond du verre. Quand les bulles sont grosses et apparaissent de manière aléatoire, c'est un indice de faible qualité. Si vous ne voyez pas de bulles, soit le verre est idéalement lisse et propre (plutôt rare), soit le vin est défectueux.
  • Le goût des bulles dans la bouche : Plus le champagne est fin moins les bulles vont sembler agressives en bouche. il ne faut pas que les bulles vous rappellent une boisson gazeuse.
  • La texture : Les champagnes produits selon la méthode respectant les traditions devraient offrir une certaines épaisseur par suite de leur longue maturation sur lies.

Servir le champagne

Bouteille et flûte de champagne

Le vin de Champagne se boit en toutes occasions et il peut être le vin unique de tout un repas.

  • Les extra bruts sont idéaux avec les huîtres (l'iode se marie mal avec le sucre), les poissons crus de la cuisine japonaise et l'ensemble des fruits de mer.
  • Les bruts non millésimés et les champagnes «blanc de Blancs» se boivent en apéritif et peuvent accompagner les entrées et les plats de poissons et de fruits de mer.
  • Les bruts millésimés et les champagnes rosés peuvent être servis avec les plats de viande et les fromages ; les millésimes les plus jeunes doivent précéder les vins plus anciens.
  • Le sec et le demi-sec sont parfaits en accompagnement de desserts.

Déboucher la bouteille avec douceur

En premier lieu, il est indispensable de savoir que quand on ouvre une bouteille de champagne, le bruit d'un bouchon qui saute se fait au détriment de la sensation gustative, même si ceci est réalisé au profit du côté festif. Il est par conséquent essentiel de renoncer au bruit et de toujours retirer le bouchon avec délicatesse pour garder toute la saveur. Rappelons aussi qu'un bouchon de champagne incontrôlé peut atteindre une vitesse de près de 15 m/s (soit 50 km/h).

De manière toute aussi contrariante, un bouchon trop vite retiré peut se solder par un jaillissement d'un jet mousseux causé par une concentration de bulles excessive : on nomme cela un phénomène de «gerbage». Quoique les pilotes de formule 1 réalisent intentionnellement cette action en secouant fortement la bouteille avant de l'ouvrir, les Maisons de champagne se préoccupent au contraire de prévenir ce phénomène au sein de leurs usines. Sur leurs lignes de production, les bouteilles s'entrechoquent en permanence, agitent leur contenu et créent ainsi de nouvelles bulles de gaz carbonique susceptibles de provoquer le gerbage à l'ouverture de la bouteille ; et ainsi occasionner une perte de champagne mais également ralentir la cadence de production de leurs bouteilles.

Servir frais

Le champagne doit être servi frais, entre 6 et 8 °C quand il est jeune, jusqu'à 10 °C quand il est plus mature ou millésimé. On place la bouteille pendant 20 à 30 minutes dans un seau à champagne rempli à moitié d'eau et de glace (pas plus d'une dizaine de cubes de glace). On peut aussi placer la bouteille au réfrigérateur (en particulier jamais dans le compartiment à glace et pire au congélateur).

La température de service chez «Lasserre» qui est un grand restaurant où le vin de Champagne est roi est de 9 °C. Les champagnes les plus anciens, au delà de quinze ans d'âge, peuvent être offerts à 14 ou 15 °C, c'est-à-dire, à la température d'une bonne cave.

Qu'elle soit dans un seau à champagne ou au réfrigérateur, la bouteille de champagne ne doit pas rester à la lumière et en particulier pas être exposée à la lumière de néons, car la lumière lui donne assez rapidement un goût détestable - ce conseil est valable pour l'ensemble des vins à bulles. Il est par conséquent conseillé de couvrir ou d'emballer la bouteille d'un linge fin ou au mieux - de façon plus raffinée - avec du papier de soie.

Le service

On utilise plutôt une flûte ou un verre dit «tulipe», les coupes étant accusées de perdre l'arôme du champagne mais aussi de laisser les bulles s'échapper plus aisément. Les flûtes sans pied historiquement issues des fêtes galantes du XVIIIe siècle s'appelaient «libertines».

Il faut penser à changer les flûtes chaque fois qu'on change de cru. La dose standard est 10 cl. Les sommeliers comptent 6 à 10 flûtes pour une bouteille de 75 cl. Le contenant doit totalement être en verre ou cristal et en particulier pas en plastique. Le plastique étant hydrophobe, il ne permet pas aux bulles d'être fines et de pétiller : elles restent collées aux parois.

Pour un repas seulement au vin de Champagne, la quantité globale conseillée pour tout le repas est d'à peu près une bouteille par personne — ce qui représente le double des quantités autorisées en France pour conduire. On peut évaluer la répartition conseillée tout au long du repas comme suit :

  • pour le cocktail ou le vin d'honneur, une bouteille pour quatre à six personnes ;
  • pour le repas, une bouteille pour deux à trois personnes ;
  • pour le dessert, une bouteille pour huit personnes;

Le service du champagne, dit «à la champenoise», suit un protocole spécifique :

  • la bouteille n'est tenue que par le fond, le pouce enfoncé dans la cavité et les doigts alignés le long du corps ;
  • le verre est rempli au maximum aux deux tiers, au mieux à moitié pour que le vin ne se réchauffe pas trop vite ;
  • le goulot ne doit pas toucher le bord du verre, une petite rotation finale sert à se débarrasser de la dernière goutte ;
  • les grandes bouteilles (balthazar, etc. ) sont soutenues dans la pliure du bras.

Quelques biscuits

Il était jadis de tradition d'accompagner la dégustation du champagne de petits biscuits longs et rectangulaires recouverts de sucre glace : les biscuits à la cuiller ou biscuits roses de Reims.

Sabler ou sabrer le champagne ?

La question de savoir s'il faut dire sabler ou sabrer le champagne revient fréquemment au moment d'en ouvrir une bouteille. Elle est fréquemment prétexte à de plaisantes polémiques. Les deux se disent mais ne signifient pas la même chose.

Au départ, Sabler le champagne signifiait : boire d'un trait. L'expression vient du mot sabler au sens de couler de la matière en fusion dans un moule en sable. Par ressemblance avec l'opération, on sert à désigner métaphoriquement l'action de verser d'un trait le vin dans son gosier par ce terme technique.

Sabler le champagne au sens de «boire rapidement», que les dictionnaires courants donnent comme sens vieilli, n'est plus utilisé. Dans son acception qualifiée de moderne, l'expression veut dire «boire le champagne en compagnie pour fêter une heureuse occasion». On ne sable actuellement que le champagne, et aucun autre breuvage (on ne sable pas du thé ou du bordeaux), tandis que l'expression d'origine s'appliquait à n'importe quel vin.

Sabrer le champagne doit se comprendre métonymiquement : on ouvre la bouteille sans la déboucher mais avec un sabre : d'un mouvement vif, on fait glisser le plat de la lame le long du goulot en donnant un coup particulièrement sec avec le dos du sabre sur le col de la bouteille. Le choc asséné combiné à la pression du vin au sein de la bouteille sert à la casser net, de la décapiter proprement. Le col, le bouchon et le muselet sont violemment éjectés, suivis de projections de gaz, de vin et de mousse. Cette manœuvre nécessite un minimum de précaution et d'adresse, pas nécessairement un sabre ; un objet métallique lourd et allongé, avec une arête, peut faire l'affaire.

On peut par conséquent sabrer le champagne pour, ensuite, le sabler.

Le champagne et la santé

De par sa teneur en alcool, la consommation excessive de vin de Champagne peut être nuisible pour la santé. Sa consommation est particulièrement déconseillée aux femmes enceintes, à cause des effets envisageables de l'alcool sur le développement du fœtus [11].

Cependant, le vin de Champagne fut longtemps chaleureusement recommandé en œnothérapie au motif qu'il «dissipe les états nauséeux et soutient le moral». Le chanoine Godinot en 1718, dans son traité sur les vins de Champagne, assurait : «De l'ensemble des vins, il n'en est pas de meilleur pour la santé qu'un vin gris de Champagne, ou couleur œil de perdrix».

Ses qualités :

  • Son gaz carbonique provient seulement de la seconde fermentation et n'est pas artificielle, comme l'est celle de certains vins mousseux et des boissons gazéifiées.
  • Le champagne n'irrite pas l'estomac malgré un pH particulièrement faible, il ne nuit pas à la digestion, mais l'perfectionne, en dissolvant les graisses et en évitant les ballonnements.
  • Comme l'ensemble des vins blancs secs, il est diurétique et aide à éliminer les excès.
  • Il est riche en sels minéraux assimilables, surtout en potassium, en calcium, en magnésium et en soufre, et possède par conséquent des propriétés dépuratives, détoxicantes et anti-inflammatoires. Il agit ainsi sur les rhumatismes, les rhumes et les allergies.
  • Il contient aussi des oligo-éléments, dont le zinc, utile à la régulation de l'influx nerveux, et avant l'utilisation des anxiolytiques, le champagne était reconnu comme antidépresseur et anxiolytique. Il contient aussi du phosphore et du lithium importants pour la régulation des humeurs.

Le champagne rouge

Au XIXe siècle, quelques maisons élaborèrent du vin de Champagne effervescent de couleur rouge en ajoutant à du champagne blanc un quart ou un tiers de vin rouge tranquille, puis une part de liqueur d'expédition de couleur rouge. Ce type de produit fut interdit et la dernière maison qui en élabora fut la maison F. Giesler en 1887.

Le Champagne et les compagnies aériennes

En 2007, on pouvait trouver sur les compagnies aériennes suivantes :

  • Æromexico : Moët et Chandon «Brut impérial» en classe affaires.
  • Air France : Gosset «cuvée Celebris 1998» en première classe / Deutz «Brut Classic» en classe affaires / Charles Heidsieck «Brut réserve» en classe affaires.
  • Air Mauritius : Lanson «Black Label» / Lanson «Noble Cuvée».
  • British Airways : Taittinger «Prélude» en First Class / Mumm «Rosé» en Club World / Charles Heidsieck «Brut réserve» en classe affaires.
  • Cathay Pacific : Krug «Grande cuvée» en première classe / Billecart Salmon «Brut réserve» en classe affaires.
  • Emirates Airlines : Dom Pérignon «Millésimé» en première classe.
  • Etihad : Veuve Clicquot Ponsardin «La Grande Dame 1996» en première classe.
  • Japan Airlines : Taittinger «Comtes de Champagne 1998» en première classe / Pommery «brut 1998» en première classe / Piper Heidsieck «Brut» en classe affaires.
  • Qatar Airlines  : Veuve Clicquot Ponsardin «La Grande Dame 1996» en première classe / Laurent Perrier «1997» en classe business.
  • SAS : Nicolas Feuillate «Brut extrême» en classe affaires Europe.
  • Singapore Airlines : Dom Pérignon «rosé 1996», le champagne inaugural de l'Airbus A380 / Krug «Grande cuvée» en première classe.
  • Thai Airlines  : Moët et Chandon «Brut impérial» en classe affaires.

Changement climatique

Le réchauffement global de la planète aura sans aucun doute des conséquences sur la culture de la vigne et sur l'industrie du champagne surtout. Le climat septentrional et les sols calcaires permettent aux viticulteurs champenois d'avoir une production de qualité. Non seulement un climat frais produit des vins âpres et légers indispensable pour la réalisation d'un bon champagne mais en plus les sols calcaires apportent aux raisins une acidité qui permet aux arômes de se développer longuement au cours de la phase de vieillissement ; une élévation des températures et une longue saison chaude en Champagne modifieraient par conséquent les propriétés et le bon déroulement du processus de vieillissement de ce vin.

Au cours de l'été 2003, la France a connu les températures les plus chaudes jamais connues. Les faibles précipitations et la chaleur ont non seulement génèré un dessèchement du raisin, mais elles ont aussi eu pour conséquence une forte concentration de sucre dans les grains. Les niveaux d'acidité ont chuté à mesure que le raisin se gorgeait de sucre, tandis qu'un champagne à besoin d'une bonne acidité pour bien vieillir et développer ses arômes. La production de 2003 à été réduite de 50% à peu près comparé à une année normale.

Citations

En 1961, Madame Bollinger répondit à un journaliste du London Daily Mail qui l'interrogeait sur sa consommation de Champagne : «Je le bois quand je suis joyeuse et quand je suis triste. Quelquefois, je le prends lorsque je suis seule. Je le considère obligatoire quand j'ai de la compagnie. Je joue avec lorsque je n'ai pas d'appétit, et j'en bois quand j'ai faim. Sinon je n'y touche jamais, à moins que je n'aie soif».

«Le champagne : c'est l'unique vin qui laisse la femme belle après boire», disait de lui la Madame de Pompadour.

«Si je n'étais roi de France, je voudrais être prince d'Ay» aurait dit Henri IV.

«Je ne peux vivre sans Champagne, en cas de victoire, je le mérite ; en cas de défaite, j'en ai besoin. » Napoléon Bonaparte

Le Champagne dans l'art et la publicité

Depuis la fin du XIXe siècle de nombreux artistes ont travaillé sur le thème du vin de champagne. Dès le début l'objectif est d'associer au champagne les idées de luxe, de mondanité et même d'érotisme. Un travail sur l'authenticité a aussi été abordé.

Parmi les artistes : Andreis (Delbeck), Aubrey Beardsley (Piper-Heidsieck), Pierre Bonnard (France-Champagne), Leonetto Cappiello (Delbeck, De Castellane), Jules Chéret, Walter Crane, René Gruau (Interprofession), Louis Théophile Hingre (Rœderer, SN Grands vins d'Ay), Léo Kouper (De Castellane), Achille Mauzan (Pommery, Victor Clicquot), Alfons Mucha (Ruinart, Moët & Chandon), Toulouse-Lautrec, Raymond Savignac (De Castellane).

Voir aussi à Épernay le musée de l'affiche de la Maison de Castellane sur la thème de la croix de Saint-André son symbole.

Lire : Jean-Marie Pinçon  : Le Champagne dans l'art, Thalia Édition, 174 pages. Une sélection de 71 œuvres de peintres.

Notes et références

  1. http ://www. maisons-champagne. com/bonal/pages/06/06-01_1. htm
  2. abcdef Épernay le journal, novembre 2007, n°65, dossier Épernay, ville capitale pour le Champagne, pages 9-12
  3. Le Figaro Patrimoine du 4 décembre 2007
  4. Source Terre d'Europe - Scafr selon la Safer
  5. données Taitinger (Reims)
  6. Un flacon de 30 litres, article de Roger Pourteau dans Le Figaro magazine du 1er décembre 2007.
  7. Site officiel de l'UMC
  8. Site officiel du SGV
  9. Site officiel du CIVC
  10. Site officiel du VITeff
  11. (Consommation d'alcool et femmes enceintes)

Voir aussi

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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