Louis Pasteur

Louis Pasteur, né à Dole le 27 décembre 1822 et mort à Marnes-la-Coquette le 28 septembre 1895, est un scientifique français, chimiste et physicien de formation, et un pionnier de la microbiologie.



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Louis Pasteur
Louis Pasteur, par Nadar
Louis Pasteur, par Nadar

Naissance 27 décembre 1822
Dole (Jura)
Décès 28 septembre 1895 (à 72 ans)
Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise)
Nationalité France France
Profession (s) Scientifique, chimiste et physicien de formation, pionnier de la microbiologie.

Louis Pasteur, né à Dole (Jura) le 27 décembre 1822 et mort à Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise) le 28 septembre 1895, est un scientifique français, chimiste et physicien de formation, et un pionnier de la microbiologie.

Jeunesse

Louis Pasteur en 1845
Dessin de Charles Lebayle

Louis Pasteur est né le 27 décembre 1822[1] à Dole. Son père, après avoir été sergent dans l'armée napoléonienne, reprit la profession familiale de tanneur. En 1825 la famille quitte Dole pour Marnoz, pour enfin s'installer à Arbois en 1830. Le jeune Pasteur suit à Arbois les cours d'enseignement mutuel puis entre au collège de la ville. C'est à cette époque qu'il se fait connaître pour ses talents de peintre ; il a d'ailleurs fait de nombreux portraits de membres de sa famille et des habitants de la petite ville.

En octobre 1838, il quitte Arbois pour l'Institution Barbet à Paris pour se préparer au baccalauréat puis aux concours. Cependant, déprimé par cette nouvelle vie, il abandonne cette idée, quitte Paris et termine son année scolaire 1838-1839 au Collège d'Arbois. À la rentrée 1839, il poursuit ses études au collège royal de Franche-Comté, à Besançon. En 1840, il obtient le baccalauréat en lettres puis, en 1842, après un échec, le baccalauréat en sciences mathématiques. Pasteur retourne de nouveau à Paris et est finalement admis à l'École normale en 1843.

Carrière

Plaque commémorative du laboratoire de Pasteur à l'ENS, rue d'Ulm à Paris.
Bâtiment le plus ancien de l'Institut Pasteur à Paris. Le tombeau de Pasteur se situe sous les marches de l'entrée, dans la crypte.

À l'École normale, Pasteur étudie la chimie et la physique, mais aussi la cristallographie. Il devient agrégé-préparateur de chimie et soutient en 1847 à la faculté des sciences de Paris ses thèses pour le doctorat ès sciences physiques[2]. Ses travaux sur la chiralité moléculaire lui vaudront la médaille Rumford en 1856.

Après avoir été professeur à Dijon puis à Strasbourg de 1848 à 1853, il y épouse Marie Laurent, fille du recteur d'Académie.

En février 1854, pour avoir le temps de mener à bien des travaux qui puissent lui valoir le titre de correspondant de l'Institut, il se fait octroyer un congé rémunéré de trois mois avec un certificat médical de complaisance[3]. Il fait prolonger le congé jusqu'au 1er août, date du début des examens. «Je dis au Ministre que j'irai faire les examens, pour ne pas augmenter les embarras du service. C'est aussi pour ne pas laisser à un autre une somme de 6 ou 700 francs[4]

Il est ensuite appelé professeur et doyen de la faculté des sciences de Lille nouvellement créée. C'est à cette occasion qu'il prononce la phrase fréquemment citée : «Dans les champs de l'observation, le hasard ne facilite que les esprits préparés[5]». À Lille, il débute ses travaux sur les germes et la fermentation.

En 1857, il est appelé administrateur chargé de la direction des études à l'École normale supérieure.

En 1861, Pasteur publie ses travaux réfutant la théorie de la génération spontanée. L'Académie des sciences lui décerne le prix Jecker pour ses recherches sur les fermentations.

En 1862, il est élu à l'Académie des sciences à la place de Henri Hureau de Senarmont.

En 1865, Dumas l'appelle membre, avec Claude Bernard et Sainte-Claire Deville, d'une commission chargée d'étudier l'étiologie du choléra. Les trois savants, qui cherchent le principe de la contagion dans l'air (tandis que Snow, dans un travail publié en 1855, avait montré qu'il était dans l'eau), ne trouvent pas[6] le microbe, que Pacini avait néenmoins fait connaître en 1854.

À l'École normale supérieure, Pasteur est jugé autoritaire autant par ses collègues que par les élèves et se heurte à de nombreuses contestations[7], ce qui le pousse à démissionner, en 1867, de ses fonctions d'administrateur. Il reçoit une chaire en Sorbonne et on crée, à l'École normale même, un laboratoire de chimie physiologique dont la direction lui est confiée.

Ses études sur les maladies des vers à soie, menées de 1865 à 1869, triomphent de la pébrine mais non de la flacherie et ne permettent pas vraiment d'endiguer le déclin de la sériciculture. Durant cette période il subit une attaque cérébrale, et une hémiplégie dont il se remet.

La défaite de 1870 et la chute de Napoléon III sont un coup terrible pour Pasteur, grand patriote et particulièrement attaché à la dynastie impériale. D'autre part, il est malade. L'Assemblée nationale lui vote une récompense pour le remercier de ses travaux dont les conséquences économiques sont énormes.

Institut Pasteur de Lille, inauguré en 1899

En 1874, ses recherches sur la fermentation lui valent la médaille Copley, décernée par la Royal Society, de Londres[8].

En 1876, Pasteur se présente aux élections sénatoriales, mais c'est un échec[9]. Ses amis croient qu'il va enfin s'arrêter et jouir de sa retraite, mais il reprend ses recherches. Il gagne Clermont-Ferrand où il étudie les maladies de la bière avec son ancien préparateur Émile Duclaux, et conclut ses études sur la fermentation par la publication d'un ouvrage : Les Études sur la bière (1876) [10].

En 1881, l'équipe de Pasteur met au point le vaccin contre le charbon des moutons.

En 1882, il est reçu à l'Académie française. Dans son discours de réception[11], il accepte pour la science expérimentale l'épithète «positiviste», en ce sens qu'elle a pour domaine les causes secondes et s'abstient par conséquent de spéculer sur les causes premières et sur l'essence des choses, mais il reproche à Auguste Comte ainsi qu'à Littré d'avoir voulu imposer cette abstention à toute la pensée humaine. Il plaide pour le spiritualisme et célèbre «les deux saintetés de l'Homme-Dieu», qu'il voit réunies dans le couple que l'agnostique Littré formait avec sa femme chrétienne. C'est dans ce discours que Pasteur prononce la phrase fréquemment citée : «Les Grecs (... ) nous ont légué un des plus beaux mots de notre langue, le mot enthousiasme (... ) — un dieu intérieur.»

Il reçoit, le 29 décembre 1883, le Mérite agricole pour ses travaux sur les vins et la fermentation.

En 1885, Pasteur refusa de poser sa candidature aux élections législatives, tandis que les paysans de la Beauce, dont il avait sauvé les troupeaux grâce au vaccin contre le charbon, l'auraient probablement porté à la Chambre des Députés.

La découverte du vaccin antirabique (1885) vaudra à Pasteur sa consécration dans le monde : il recevra de nombreuses distinctions. L'Académie des sciences propose la création d'un établissement conçu pour traiter la rage : l'Institut Pasteur naît en 1888.

Il meurt le 28 septembre 1895. Les Français [réf.  souhaitée] auraient voulu qu'il fût enterré au Panthéon de Paris ; finalement sa famille décida de l'enterrer dans une crypte de l'Institut Pasteur.

Découverte de la dissymétrie moléculaire
Pasteur sépare les 2 formes de cristaux d'acide tartrique, pour former 2 tas : la forme lévogyre, qui, en solution, dévie la lumière polarisée vers la gauche, et la forme dextrogyre qui dévie la lumière polarisée vers la droite. Un mélange des deux solutions ne dévie pas cette lumière.

Dans les travaux que Pasteur a réalisés au début de sa carrière scientifique comme chimiste, il résolut en 1848[12] un problème qui allait ensuite se révéler d'importance capitale dans le développement de la chimie contemporaine : la séparation des deux formes de l'acide tartrique. L'unique acide tartrique qu'on connaissait à l'époque était un sous-produit classique de la vinification, utilisé dans la teinturerie. Quelquefois, au lieu de l'acide tartrique attendu, on obtenait un autre acide, qu'on nomma acide racémique puis acide paratartrique[13]. Une solution de l'acide tartrique, comme de chacun de ses sels (tartrates), tournait le plan de la lumière polarisée la traversant, tandis qu'une solution de l'acide paratartrique, comme de chacun de ses sels (paratartrates), ne causait pas cet effet, quoique les deux composés aient la même formule brute. En 1844, Mitscherlich[14] avait affirmé que, parmi les couples tartrate / paratartrate, il y en avait un, à savoir le couple «tartrate double de soude et d'ammoniaque» / «paratartrate double de soude et d'ammoniaque», où le tartrate et le paratartrate n'étaient discernables que par la propriété rotatoire, présente dans le tartrate et absente dans le paratartrate. («Tartrate double[15] de soude et d'ammoniaque» était la façon dont on désignait à l'époque le tartrate – base conjuguée de l'acide tartrique – de sodium et d'ammonium. ) Surtout, ce tartrate et ce paratartrate avaient, selon Mitscherlich, la même forme cristalline. Pasteur eut peine à croire «que deux substances fussent aussi identiques sans être particulièrement semblables[16]». Il refit les observations de Mitscherlich et s'avisa d'un détail que Mitscherlich n'avait pas remarqué : dans le tartrate en question, les cristaux présentent une dissymétrie («hémiédrie »), toujours orientée de la même façon; par contre, dans le paratartrate correspondant, il cœxiste deux formes de cristaux, images spéculaires non superposables l'une de l'autre, et dont l'une est semblable à celle du tartrate. Il sépara manuellement les deux sortes de cristaux du paratartrate, en fit deux solutions et observa un effet de rotation du plan de polarisation de la lumière, dans un sens opposé pour les deux échantillons. La déviation du plan de polarisation par les solutions étant reconnue, depuis les travaux de Biot, comme liée à la structure de la molécule[17], Pasteur conjectura[18] que la dissymétrie de la forme cristalline correspondait à une dissymétrie interne de la molécule, et que la molécule en question pouvait exister en deux formes dissymétriques inverses l'une de l'autre[19]. C'était la première apparition de la notion de chiralité des molécules[20]. Depuis les travaux de Pasteur, l'acide racémique ou paratartrique est reconnu comme composé d'un acide tartrique droit (l'acide tartrique connu antérieurement) et d'un acide tartrique gauche[21].

Icône de détail Article connexe : Chiralité (chimie) .

Les travaux de Pasteur dans ce domaine ont abouti, quelques années plus tard à l'apparition du domaine de la stéréochimie avec la publication de l'ouvrage la Chimie dans l'Espace par van't Hoff qui, en introduisant la notion d'asymétrie de l'atome de carbone a largement contribué à l'essor de la chimie organique moderne[22].

Pasteur avait correctement démontré (par l'examen des cristaux puis par l'épreuve polarimétrique) que l'acide paratartrique se compose de deux formes différentes d'acide tartrique. Par contre, la relation qu'il crut pouvoir en déduire entre la forme cristalline et la constitution de la molécule[23] était incorrecte, le cas spectaculaire de l'acide paratartrique étant loin d'être l'illustration d'une loi générale, comme Pasteur s'en apercevra lui-même[24]. François Dagognet[25] dit à ce sujet : «la stéréochimie n'a rien conservé des vues de Pasteur, même s'il demeure vrai que les molécules biologiques sont conformées hélicoïdalement».

Gerald L. Geison a noté chez Pasteur une tendance à atténuer sa dette envers Auguste Laurent pour ce qui est de la connaissance des tartrates[26].

Études sur la fermentation

Cet «Hommage des membres de l'association des chimistes de sucreries et distilleries réunis en congrès à Lille les 8, 9 et 10 juillet 1901» apposé sous le buste de Pasteur, devant l'Institut Pasteur de Lille, témoigne de l'utilité des travaux de Pasteur pour les industries utilisant la fermentation.

De la dissymétrie moléculaire à la fermentation

En 1849, Biot signale à Pasteur que l'alcool amylique dévie le plan de polarisation de la lumière[27] et possède par conséquent la propriété de dissymétrie moléculaire. Pasteur estime peu vraiidentique que l'alcool amylique hérite cette propriété du sucre dont il est issu (par fermentation), car, d'une part, la constitution moléculaire des sucres lui paraît particulièrement différente de celle de l'alcool amylique et , qui plus est , il a toujours vu les dérivés perdre la propriété rotatoire des corps de départ. Il conjecture par conséquent que la dissymétrie moléculaire de l'alcool amylique est due à l'action du ferment. S'étant persuadé (sous l'influence de Biot[28]) que la dissymétrie moléculaire est étroitement liée à la vie, il voit là la confirmation de certaines «idées préconçues» qu'il s'est faites sur la cause de la fermentation et qui le rangent parmi les tenants du ferment vivant[29].

Les idées de l'époque sur la fermentation

En 1787, en effet, Adamo Fabbroni, dans son Ragionamento sull'arte di far vino (Florence), avait le premier soutenu que la fermentation du vin est produite par une substance vivante présente dans le moût[30]. Cagniard de Latour et Theodor Schwann avaient apporté des faits supplémentaires à l'appui de la nature vivante de la levure[31]. Dans le même ordre d'idées, Jean-Baptiste Dumas, en 1843 (époque où le jeune Pasteur allait écouter ses leçons à la Sorbonne[32]), décrivait le ferment comme un être organisé et comparait son activité à l'activité de nutrition des animaux[33].

Berzélius, lui, avait eu une conception purement catalytique de la fermentation, qui excluait le rôle d'organismes vivants. Liebig, de façon plus nuancée, avait des idées analogues : il voulait bien envisager que la levure fût un être vivant[34], mais il affirmait que si elle provoquait la fermentation, ce n'était pas par ses activités vitales mais parce qu'en se décomposant, elle était à l'origine de la propagation d'un état de mouvement (vibratoire). Berzélius et Liebig avaient tous deux combattu les travaux de Cagniard de Latour et de Schwann[35].

Les découvertes de Pasteur

Pasteur «dispose d'une première orientation donnée par Cagniard de Latour ; il la développe et montre que c'est comme être vivant que la levure agit, et non comme matière organique en décomposition. [36]» De 1857[37] à 1867, il publie des études sur les fermentations. Inaugurant la méthode des cultures pures[38], il établit que certaines fermentations (lactique, butyrique[39]) où on n'avait pas aperçu de substance jouant un rôle analogue à celui de la levure[40] (ce qui avait servi d'argument à Liebig[41]) sont bel et bien l'œuvre d'organismes vivants[42].

Il découvre un fait jusqu'alors insoupçonné : la capacité qu'ont certains organismes de vivre en l'absence d'oxygène libre (c'est-à-dire en l'absence d'air). Il nomme ces organismes anaérobies. (Les mots aérobie et anaérobie sont de lui. )

Ainsi, dans le cas de la fermentation alcoolique, la levure tenue à l'abri de l'air vit en provoquant aux dépens du sucre une réaction chimique qui libère les substances dont elle a besoin et provoque en même temps la naissance d'alcool. Par contre, si la levure se trouve en présence d'oxygène libre, elle se développe davantage et la fermentation productrice d'alcool est faible. Les rendements en levure et en alcool sont par conséquent antagonistes. L'inhibition de la fermentation par la présence d'oxygène libre est ce qu'on appellera «l'effet Pasteur[43].

Débat sur le rôle exact des agents vivants dans la fermentation

Même si Liebig resta sur ses positions, les travaux de Pasteur furent le plus souvent accueillis comme prouvant définitivement le rôle des organismes vivants dans la fermentation. Cependant, certains faits (comme la découverte de la diastase en 1833 par Payen et Persoz[44]) allaient dans le sens de la conception catalytique de Berzélius et , en 1860, Marcellin Berthelot, dans une note à l'Académie des sciences, proposa une synthèse des deux théories, physiologique et catalytique : la fermentation n'est pas produite directement par les êtres vivants qui en sont responsables fréquemment (levures etc. ) mais par des substances non vivantes, des «ferments solubles» (on dira plus tard «zymases», puis «enzymes»), substances elles-mêmes sécrétées ou excrétées par les êtres vivants en question[45]. En 1878, Berthelot publia un travail posthume de Claude Bernard qui, contredisant Pasteur, mettait l'accent sur le rôle des «ferments solubles» dans la fermentation alcoolique[46]. Il en résulta entre Pasteur et Berthelot une des controverses célèbres de l'histoire des sciences[47].

Pasteur ne rejetait pas totalement le rôle des «ferments solubles». Il accepta toujours[48] qu'on l'envisageât comme une conjecture parmi d'autres. Dans le cas spécifique de la fermentation ammoniacale de l'urine, il considérait même comme établi, suite à une publication de Musculus[49], que la cause proche de la fermentation était un «ferment soluble» (dans ce cas, l'enzyme qu'on appellera «uréase») produit par le ferment microquoiqu'il avait découvert lui-même[50]. Il admettait aussi le phénomène, signalé par Lechartier et Bellamy[51], de l'alcoolisation des fruits sans intervention du ferment (microbien) alcoolique. On s'accorde cependant à penser que Pasteur fut incapable de comprendre l'importance des «ferments solubles» (consacrée depuis par les travaux d'Eduard Buchner) et souligna le rôle des micro-organismes dans les «fermentations proprement dites» avec une insistance excessive[52], qui n'allait pas dans le sens du progrès de l'enzymologie[53]. On met cette répugnance de Pasteur à relativiser le rôle des organismes vivants sur le compte de son vitalisme[54], qui l'empêcha aussi de comprendre le rôle des toxines et d'admettre en 1881, lors de sa rivalité avec Toussaint dans la course au vaccin contre le charbon, qu'un vaccin «tué» pût être efficace[55].

Les travaux de Pasteur sur la fermentation ont fait l'objet d'un débat dans les années 1970 et 1980, la question étant de savoir si, en parlant de «fermentations proprement dites», Pasteur avait commis une tautologie qui lui permettait de prouver à peu de frais la cause biologique des fermentations[56].

Réfutation de la génération spontanée

À partir de 1859, Pasteur mène une lutte contre les partisans de la «génération spontanée», surtout contre Félix Archimède Pouchet et un jeune journaliste, Georges Clemenceau[57]; ce dernier, médecin, met en cause les compétences de Pasteur, qui ne l'est pas, et attribue son refus de la génération spontanée à un parti-pris idéologique (Pasteur est chrétien). Et ce fut finalement après six années de recherche que Pasteur démontra la fausseté de cette vieille théorie, selon laquelle «la vie pourrait apparaître à partir de rien, et les microbes être générés spontanément.»

Les questions précises

Depuis le XVIIIe siècle, partisans et adversaires de la génération spontanée (aussi nommée hétérogénie) cherchent à réaliser des expériences décisives à l'appui de leur opinion.

Les partisans de cette théorie (appelés spontéparistes ou hétérogénistes) soutiennent que, lorsque le contact avec l'air fait apparaître sur certaines substances des êtres vivants microscopiques, cette vie tient son origine non pas d'une vie préexistante mais d'un pouvoir génésique de l'air.

Pour les adversaires de la génération spontanée, l'air amène la vie sur ces substances non par une propriété génésique mais parce qu'il véhicule des germes d'êtres vivants.

En 1837, déjà, Schwann a fait une expérience que les adversaires de la génération spontanée considèrent comme probante en faveur de leur thèse : il a montré que si l'air est chauffé (puis refroidi) avant de pouvoir exercer son influence, la vie n'apparaît pas[58].

Le 20 décembre 1858[59], l'Académie des Sciences prend connaissance de deux notes où Pouchet, naturaliste et médecin rouennais, prétend apporter une preuve définitive de la génération spontanée.

Le 3 janvier 1859[60], l'Académie des Sciences discute la note de Pouchet. L'ensemble des académiciens qui participent à cette discussion : Milne Edwards, Payen, Quatrefages, Claude Bernard et Dumas, alléguant des expériences qu'ils ont faites eux-mêmes, s'expriment contre la génération spontanée, qui, d'ailleurs, est alors devenue une doctrine minoritaire.

Même après les discussions de l'Académie, il reste cependant deux points faibles dans la position des adversaires de la génération spontanée :

  1. sous certaines conditions, ils obtiennent, sans pouvoir l'expliquer, des résultats apparemment favorables à la génération spontanée[61];
  2. les procédés (chauffage, lavage à l'acide sulfurique, filtrage) par lesquels ils débarrassent l'air des germes qu'il pourrait véhiculer sont accusés par les spontéparistes de «tourmenter» l'air et de le priver de son pouvoir génésique[62].

Louis Pasteur raconte :

«Personne, ne sut indiquer la véritable cause d'erreur de ses expériences [= de Pouchet], et bientôt l'Académie, comprenant tout ce qui restait toujours à faire, propose pour sujet de prix la question suivante : «Essayer, par des expériences bien faites, de jeter un jour nouveau sur la question des générations spontanées.»»
    — Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées. [63]

C'est Pasteur qui va obtenir le prix, pour ses travaux expérimentaux exposés dans son Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées. (1861)  :

Les expériences de Pasteur

Ses expériences sont , pour la majeure partie, des versions perfectionnées de celles de ses prédécesseurs[64]. Il comble qui plus est les deux desiderata signalés plus haut. Dans un premier temps, il comprend que certains résultats antérieurs, apparemment favorables à la génération spontanée [65] étaient dus à ce qu'on utilisait la cuve à mercure pour empêcher la pénétration de l'air ambiant : le mercure, tout simplement, est lui-même particulièrement sale[66].

Ballon à «col de cygne» de Pasteur

Par la suite, il présente une expérience qu'on ne peut pas accuser de «tourmenter» l'air : il munit des flacons d'un col en S (col de cygne) et constate que, dans un nombre appréciable de cas[67], l'air qui a traversé les sinuosités, sans avoir été ni chauffé, ni filtré ni lavé, ne provoque pas la naissance d'êtres vivants sur les substances qui se trouvent au fond du flacon, tandis qu'il la provoque sur une goutte positionnée à l'entrée du circuit. L'unique explication de l'inaltération[68] du fond est que des germes ont été arrêtés par les sinuosités et se sont déposés sur le verre. Cette expérience avait été suggérée à Pasteur par le chimiste Balard ; Chevreul en avait fait d'analogues dans ses cours[69].

Enfin, Pasteur réfute un argument propre à Pouchet : ce dernier, arguant de la constance avec laquelle (dans ses expériences, du moins) la vie apparaissait sur les infusions, concluait que, si la théorie de ses adversaires était exacte, les germes seraient à ce point ubiquitaires que «l'air dans lequel nous vivons aurait presque la densité du fer[70]». Pasteur fait des expériences en divers lieux, temps et altitudes et montre que (si on laisse pénétrer l'air ambiant sans le débarrasser de ses germes) la proportion des bocaux contaminés est d'autant plus faible que l'air est plus pur. Ainsi, sur la Mer de Glace, une seule des vingt préparations s'altère[71].

Incomplétude de la démonstration de Pasteur

Il y avait cependant une lacune dans la démonstration de Pasteur : tandis qu'il se posait en réfutateur de Pouchet, il n'utilisa jamais une infusion de foin comme le faisait Pouchet[72]. S'il l'avait fait, il se serait peut-être trouvé devant une difficulté inattendue[73]. En effet, de 1872 à 1876, quelques années après la controverse Pasteur-Pouchet, Ferdinand Cohn établira qu'un bacille du foin, Bacillus subtilis, peut former des endospores qui le rendent résistant à l'ébullition[74].

À la lumière des travaux de Cohn, le pasteurien Émile Duclaux reconnaît que la réfutation de Pouchet par Pasteur devant la Commission académique des générations spontanées était erronée : «L'air est fréquemment un autre facteur important de la réviviscence des germes (... ). [Le] foin contient d'ordinaire, comme Cohn l'a montré depuis, un bacille particulièrement ténu (... ). C'est ce fameux bacillus subtilis (... ). Ses spores, surtout, peuvent supporter plusieurs heures d'ébullition sans périr, mais elles sont d'autant plus complexes à rajeunir qu'elles ont été plus maltraitées. Si on ferme à la lampe le col du ballon qui les contient, au moment où le liquide qui les baigne est en pleine ébullition elles ne son pas mortes, mais elles ne se développent pas dans le liquide refroidi et remis à l'étuve, parce que l'air fait défaut. Si on laisse rentrer cet air, l'infusion se peuple, et se peuplerait toujours si on ne laissait rentrer que de l'air chauffé, car l'air n'agit pas, comme le croyait Pasteur au moment des débats devant la Commission académique des générations spontanées, en apportant des germes : c'est son oxygène qui entre seul en jeu.» (Émile Duclaux ajoute que Pasteur revint de son erreur[75]. )

L'air comme facteur de réviviscence de germes non pas morts, mais en état de non-développement, telle est par conséquent l'explication que la science a fini par préférer à l'air convoyeur de germes pour rendre compte d'un phénomène que Pouchet, pour sa part, interprétait comme suit : «les Proto-organismes, qui naissent spontanément (... ) ne sont pas extraits de la matière brute elle-même, mais aussi l'ont prétendu quelques fauteurs [= partisans] de l'hétérogénie, mais bien des particules organiques, débris des anciennes générations d'animaux et de plantes, qui se trouvent combinées aux parties constituantes des minéraux. Selon cette doctrine, ce ne sont par conséquent pas des molécules minérales qui s'organisent, mais bien des particules organiques qui sont nommées à une nouvelle vie[76]

On considère que c'est John Tyndall qui, en suivant les idées de Cohn, mettra la dernière main à la réfutation de la génération spontanée[77].

Pasteur estimait d'ailleurs que la génération spontanée n'était pas réfutée de façon absolue, mais uniquement dans les expériences par lesquelles on avait prétendu la démontrer. Dans un texte non publié de 1878, il déclarait ne pas juger la génération spontanée impossible[78].

Critiques «externalistes»

Nous avons vu qu'on peut reprocher à Pasteur comme un manque de rigueur le fait de ne pas avoir cherché à répéter vraiment les expériences de Pouchet. Il y a une autre circonstance où, dans ses travaux sur la génération spontanée, Pasteur peut sembler tendancieux, dans la mesure où il admet avoir passé sous silence des constatations qui n'allaient pas dans le sens de sa thèse. En effet, œuvrant avec la cuve à mercure tandis qu'il n'avait pas encore compris que le mercure apporte lui-même des germes, il avait obtenu des résultats apparemment favorables à la génération spontanée : «Je ne publiai pas ces expériences; les conséquences qu'il fallait en déduire étaient trop graves pour que je n'eusse pas la crainte de quelque cause d'erreur cachée, malgré le soin que j'avais mis à les rendre irréprochables. J'ai réussi, en effet, plus tard, à reconnaître cette cause d'erreur[79]

Se fondant sur ces deux entorses de Pasteur à la pure méthode scientifique, et aussi sur l'évidente partialité de l'Académie des sciences en faveur de Pasteur, Farley et Geison, dans un article de 1974[80], ont soutenu qu'un facteur externe à la science intervenait dans la démarche de Pasteur et de l'Académie des sciences : le désir de faire échec aux idées matérialistes et subversives dont la génération spontanée passait pour être l'alliée. (Pasteur, qui était spiritualiste, voyait un lien entre matérialisme et adhésion à la génération spontanée, mais se défendait de s'être lui-même laissé influencer par cette sorte de considérations dans ses travaux scientifiques[81]. ) Dans son ouvrage de 1995[82], Geison reprend une bonne part de l'article de 1974, mais reconnaît que cet article était trop «externaliste» au détriment de Pasteur et faisait la part trop belle à Pouchet.

H. Collins et T. Pinch, en 1993, prennent eux aussi pour point de départ de leur réflexion les deux entorses de Pasteur à la pure méthode scientifique et la partialité de l'Académie des sciences, ils mentionnent eux aussi (brièvement) les enjeux religieux et politiques que certains croyaient voir dans la question, mais n'évoquent pas la possibilité que Pasteur lui-même ait cédé à de tels mobiles idéologiques. En réalité, ils exonèrent Pasteur et blâment plutôt une conception aseptisée de la méthode scientifique : «Pasteur savait ce qui devait être reconnu comme un résultat et ce qui devait l'être comme une'erreur'. Pasteur était un grand savant, mais la manière dont il a agi ne s'approche guère de l'idéal de la méthode scientifique proposé aujourd'hui. On voit mal comment il aurait pu transformer à ce point notre conception de la nature des germes s'il avait dû adopter le modèle de comportement stérile qui passe aux yeux largement pour le parangon de l'attitude scientifique[83]

Signalons cependant, à propos de cette apologie légèrement cynique, que des voix se sont élevées contre la tendance de certains théoriciens «externalistes» ou «sociologistes » des sciences à diminuer l'activité scientifique, et surtout celle de Pasteur, à des manœuvres ainsi qu'à des coups de force où la rationalité aurait assez peu de part[84]

Les maladies du vin et la pasteurisation

En 1863, il y a déjà quelques années que les maladies des vins français grèvent lourdement le commerce. Napoléon III demande à Pasteur, spécialiste de la fermentation et de la putréfaction, de chercher un remède. Pasteur propose de chauffer le vin à 57 °C pour tuer les germes et résout ainsi le problème de sa conservation et du transport, c'est la pasteurisation. Il a au sujet de ce procédé une querelle de priorité avec l'œnologue Alfred de Vergnette de Lamotte, dans laquelle les savants Balard et Thenard prennent parti respectivement pour Pasteur et pour Vergnette[85]. Pasteur et Vergnette avaient d'ailleurs été tous deux précédés par Nicolas Appert qui avait publié le chauffage des vins en 1831 dans son ouvrage Le livre de l'ensemble des ménages, il y évoque aussi chauffage du lait et de la bière [86]. La découverte de la pasteurisation vaudra à Pasteur le Mérite Agricole.

La pasteurisation du vin, quoique des dégustateurs opérant à l'aveugle eussent conclu qu'elle n'altérait pas le bouquet, fut abandonnée à l'époque de la crise du phylloxéra (fin du dix-neuvième siècle) [87]. La pasteurisation du lait, par contre, à laquelle Pasteur n'avait pas pensé (c'est le chimiste allemand Franz von Soxhlet qui, en 1886, proposa d'appliquer la pasteurisation au lait, 60 ans après Nicolas Appert[88]), s'implanta durablement. (Ici encore, d'ailleurs, on marchait sur les traces d'Appert. )

Les fermentations mènent aux maladies contagieuses

La théorie de l'origine microbienne des maladies contagieuses existait depuis longtemps à l'état d'hypothèse lorsque, vers 1835, quelques savants, dont on a en particulier retenu Agostino Bassi[89], la prouvèrent pour la première fois dans le cas de la muscardine, une des maladies du ver à soie. La théorie, cependant, rencontrait des résistances et se développait assez lentement, surtout pour ce qui est des maladies contagieuses humaines. Ainsi, la découverte du bacille du choléra était restée presque lettre morte lorsque Pacini l'avait publiée en 1854, tandis qu'elle devait trouver immédiatement une vaste audience lorsque Koch la refit en 1883.

À l'époque des débuts de Pasteur, par conséquent, la théorie microbienne existe, même si elle est toujours dans l'enfance. D'autre part, il est de tradition, en particulier depuis le XVIIIe siècle, de souligner l'ressemblance entre les maladies fiévreuses et la fermentation[90]. Il n'est par conséquent pas surprenant, dans ce contexte, que les travaux de Pasteur sur la fermentation aient stimulé le développement de la théorie microbienne des maladies contagieuses. En 1860, après avoir réaffirmé le rôle des organismes vivants dans la putréfaction et la fermentation, Pasteur lui-même ajoutait : «Je n'ai pas fini cependant avec toutes ces études. Ce qu'il y aurait qui plus est désirable serait de les conduire assez loin pour préparer la voie à une recherche sérieuse de l'origine de diverses maladies. [91]» Casimir Davaine, au début de ses publications de 1863, qui sont désormais reconnues comme la première preuve de l'origine microbienne d'une maladie transmissible à l'homme, écrivait «M. Pasteur, en février 1861, publia son remarquable travail sur le ferment butyrique, ferment qui consiste en petites baguettes cylindriques, possédant l'ensemble des caractères des vibrions ou des bactéries. Les corpuscules filiformes que j'avais vus dans le sang des moutons atteints de sang de rate [= charbon] ayant une grande ressemblance de forme avec ces vibrions, je fus amené à examiner si des corpuscules analogues ou du même genre que ceux qui déterminent la fermentation butyrique, introduits dans le sang d'un animal, n'y joueraient pas de même le rôle d'un ferment[92]

Pasteur lui-même, en 1880, rappelle ses travaux sur les fermentations et ajoute : «La médecine humaine, comme la médecine vétérinaire, s'emparèrent de la lumière que leur apportaient ces nouveaux résultats. On s'empressa surtout de rechercher si les virus et les contages ne seraient pas des êtres animés. Le docteur Davaine (1863) s'efforça de mettre en évidence les fonctions de la bactéridie du charbon, qu'il avait aperçue dès l'année 1850[93]

On verra cependant que Pasteur, lorsqu'il aura à s'occuper des maladies des vers à soie, en 1865, commencera par nier le caractère microbien de la pébrine, compris par d'autres avant lui. Quant aux maladies contagieuses humaines, c'est uniquement à partir de 1877[94] qu'il participera personnellement au développement de leur connaissance.

Antisepsie et asepsie

Antisepsie

Le chirurgien anglais Joseph Lister, après avoir lu les travaux de Pasteur sur la fermentation (où la putréfaction est expliquée, comme la fermentation, par l'action d'organismes vivants), se convainc que l'infection postopératoire (volontiers décrite à l'époque comme une pourriture, une putréfaction) est due elle aussi à des organismes microscopiques. Ayant lu ailleurs que l'acide phénique (phénol) détruisait les entérozoaires qui infectaient certains bestiaux, il lave les blessures de ses opérés à l'eau phéniquée et leur applique un coton imbibé d'acide phénique. Le résultat est une réduction drastique de l'infection et de la mortalité.

Lister publie sa théorie et sa méthode en 1867, en les rattachant explicitement aux travaux de Pasteur[95]. Dans une lettre de 1874, il remercie Pasteur «pour m'avoir, par vos brillantes recherches, démontré la vérité de la théorie des germes de putréfaction, et m'avoir ainsi donné l'unique principe qui ait pu mener à bonne fin le dispositif antiseptique. [96]»

L'antisepsie listérienne, dont l'efficacité triomphera en quelques années des résistances, est , au point de vue théorique, une branche importante de la théorie microbienne. Sur le plan pratique, cependant, elle n'est pas entièrement satisfaisante : Lister, qui n'a pensé qu'aux germes présents dans l'air, et non à ceux que propagent l'eau[97], les mains des opérateurs mais aussi les instruments et les tissus qu'ils emploient, attaque les microbes dans le champ opératoire, en vaporisant de l'acide phénique dans l'air et en en appliquant sur les plaies. C'est assez peu efficace lorsqu'il faut opérer en profondeur et , qui plus est , l'acide phénique a un effet caustique sur l'opérateur et sur le patient. On cherche par conséquent bientôt à prévenir l'infection (asepsie) plutôt qu'à la combattre (antisepsie) [98].

Asepsie

Pasteur «est de ceux qui cherchent à dépasser l'antisepsie par l'asepsie[99].» À la séance du 30 avril 1878 de l'Académie de médecine, il attire l'attention sur les germes propagés par l'eau, l'éponge ou la charpie avec lesquelles les chirurgiens lavent ou recouvrent les plaies et leur recommande de ne se servir que d'instruments d'une propreté idéale, de se nettoyer les mains puis de les soumettre à un flambage rapide et de n'employer que de la charpie, des bandelettes, des éponges et de l'eau préalablement exposées à diverses températures qu'il précise. Les germes en suspension dans l'air autour du lit du malade étant nettement moins nombreux que dans l'eau ainsi qu'à la surface des objets, ces précautions permettraient d'utiliser un acide phénique assez dilué pour ne pas être caustique[100].

Certes, ces recommandations n'étaient pas d'une nouveauté absolue : Semmelweis et d'autres avant lui (par exemple Claude Pouteau et Jacques Mathieu Delpech) avaient déjà compris que les auteurs des actes médicaux pouvaient eux-mêmes transmettre l'infection, et ils avaient fait des recommandations en conséquence, mais les progrès de la théorie microbienne avaient tellement changé les données que les conseils de Pasteur reçurent bien plus d'audience que ceux de ses prédécesseurs.

En préconisant ainsi l'asepsie, Pasteur traçait une voie qui serait suivie (non sans résistances du corps médical) par Octave Terrillon (1883), Ernst von Bergmann et William S. Halsted [101] [102].

Lutte contre les maladies des vers à soie

Hommage aux travaux de Pasteur sur le ver à soie à Alès

En 1865, Jean-Baptiste Dumas, sénateur et ancien ministre de l'Agriculture et du commerce, demande à Pasteur d'étudier une nouvelle maladie qui décime les élevages de vers à soie du sud de la France et de l'Europe, la pébrine, caractérisée à l'échelle macroscopique par des taches noires ainsi qu'à l'échelle microscopique par les «corpuscules de Cornalia». Pasteur accepte et s'installe pour cela à Alès en juin 1865.

Erreurs initiales

Arrivé à Alès, Pasteur se familiarise avec la pébrine et aussi[103] avec une autre maladie du ver à soie, connue plus anciennement[104] que la pébrine : la flacherie ou maladie des morts-flats. Contrairement, par exemple, à Quatrefages, qui avait forgé le mot nouveau pébrine[105], Pasteur commet l'erreur de croire que les deux maladies n'en font qu'une et même que la majorité des maladies des vers à soie connues jusque-là sont semblables entre elles ainsi qu'à la pébrine[106]. C'est dans des lettres du 30 avril et du 21 mai 1867 à Dumas qu'il distingue pour la première fois entre la pébrine et la flacherie[107].

Il commet une autre erreur : il débute par nier le caractère «parasitaire» (microbien) de la pébrine, que plusieurs savants (surtout Antoine Béchamp[108]) considéraient comme bien établi. Même une note publiée le 27 août 1866[109] par Balbiani, que Pasteur semble en premier lieu accueillir favorablement[110], reste sans effet, du moins immédiat[111]. «Pasteur se trompe. Il ne changera d'opinion que dans le courant de 1867[112]».

Victoire sur la pébrine

Tandis que Pasteur n'a pas encore compris la cause de la maladie, il propage un procédé efficace pour enrayer les infections : on choisit un échantillonnage de chrysalides, on les broie et on recherche les corpuscules dans le broyat; si la proportion de chrysalides corpusculeuses dans l'échantillonnage est particulièrement faible, on considère que la chambrée est bonne pour la reproduction[113]. Cette méthode de tri des «graines» (œufs) est proche d'une méthode qu'avait proposée Osimo quelques années jusque là, mais dont les essais n'avaient pas été concluants[114]. Par ce procédé, Pasteur jugule la pébrine et sauve pour énormément l'industrie de la soie dans les Cévennes.

La flacherie résiste

En 1884, Balbiani[115], qui faisait peu de cas de la valeur théorique des travaux de Pasteur sur les maladies des vers à soie, reconnaissait que son procédé pratique avait remédié aux ravages de la pébrine, mais ajoutait que ce résultat tendait à être contrebalancé par le développement de la flacherie, moins bien connue et plus complexe à prévenir[116]. En 1886, la Société des Agriculteurs de France émettait le vœu «que le gouvernement examine s'il n'y avait pas lieu de procéder à de nouvelles études scientifiques et pratiques sur le caractère épidémique des maladies des vers à soie et sur les moyens de combattre cette influence.» Decourt[117], qui cite ce vœu, donne des chiffres dont il conclut qu'après les travaux de Pasteur, la production des vers à soie resta toujours particulièrement inférieure à ce qu'elle avait été avant la naissance de la pébrine et conteste par conséquent à Pasteur le titre de «sauveur de la sériciculture française».

Microbes et vaccins

À partir de 1876, Pasteur travaille successivement sur le filtre et l'autoclave, tous deux mis au point par Charles Chamberland (1851-1908), et aussi sur le flambage des vases[118].

Bien que ses travaux sur les fermentations, comme on l'a vu, aient stimulé le développement de la théorie microbienne des maladies contagieuses, et quoique, dans l'étude des maladies des vers à soie, il ait fini par se ranger à l'opinion de ceux qui considéraient la pébrine comme «parasitaire», Pasteur, à la fin de 1876 (année où l'Allemand Robert Koch a fait progresser la connaissance de la bactérie du charbon), est toujours hésintant sur l'origine des maladies contagieuses humaines : «Sans avoir de parti pris dans ce complexe sujet, j'incline par la nature de mes études antérieures du côté de ceux qui prétendent que les maladies contagieuses ne sont jamais spontanées (... ) Je vois avec satisfaction les médecins anglais qui ont étudié la fièvre typhoïde avec le plus de vigueur et de rigueur repousser d'une manière absolue la spontanéité de cette terrible maladie. [119]» Mais il devient bientôt un des partisans les plus actifs et les plus en vue de la théorie microbienne des maladies contagieuses, domaine où son plus grand rival est Robert Koch. En 1877, Pasteur découvre le «vibrion septique[120]», qui provoque un type de septicémie et avait obscurci l'étiologie du charbon; ce microbe sera appelé plus tard Clostridium septicum [121]. En 1880, il découvre le staphylocoque, qu'il identifie comme responsable des furoncles et de l'ostéomyélite[122]. Son combat en faveur de la théorie microbienne ne l'empêche d'ailleurs pas de reconnaître l'importance du «terrain»[123], importance illustrée par l'immunisation vaccinale, à laquelle il va consacrer la dernière partie de sa carrière.

Les inoculateurs avant Pasteur : à la recherche de l'atténuation

Lorsque Pasteur débute ses recherches sur les vaccins, on fait des inoculations préventives contre une maladie humaine, la variole (la méthode de Jenner est célèbre), et contre deux maladies du bétail : la clavelée, maladie du mouton, et la péripneumonie bovine[124].

Certains clavelisateurs cherchent à atténuer la virulence du claveau (la substance morbide injectée) par culture ou par inoculations successives d'animal à animal, mais, selon un dictionnaire de l'époque, leurs résultats sont illusoires[125].

Le vaccin contre le choléra des poules

Louis Pasteur par le photographe Félix Nadar en 1878.

Un don du hasard ?

Durant l'été 1879, Pasteur et ses collaborateurs, Émile Roux et Émile Duclaux, découvrent que les poules auxquelles on a inoculé des cultures vieillies du microbe du choléra des poules[126] non seulement ne meurent pas mais résistent à de nouvelles infections - c'est la découverte d'un vaccin d'un nouveau type : au contraire de ce qui était le cas dans la vaccination contre la variole, on ne se sert pas, comme vaccin, d'un virus bénin apporté par la nature (sous forme d'une maladie bénigne qui immunise contre la maladie grave) mais on provoque artificiellement l'atténuation d'une souche originellement particulièrement virulente et c'est le résultat de cette atténuation qui est utilisé comme vaccin [127].

S'il faut en croire la version célèbre de René Vallery-Radot[128] et d'Émile Duclaux[129], c'est en reprenant de vieilles cultures oubliées (ou laissées de côté pendant les vacances) qu'on se serait aperçu avec surprise qu'elles ne tuaient pas et même immunisaient. Il y aurait là un cas de sérendipité.

A. Cadeddu[130], cependant, rappelle que «depuis les années 1877-1878, [Pasteur] possédait idéalement le concept d'atténuation de la virulence». C'est un des motifs pour lesquels Cadeddu[131], suite à Mirko D. Grmek, met en doute le rôle allégué du hasard dans la découverte du procédé d'atténuation de la virulence et pense que cette atténuation a sûrement été recherchée activement, ce que les notes de laboratoire de Pasteur semblent bien confirmer[132].

Irrégularité

Dans sa double communication du 26 octobre 1880 à l'Académie des Sciences ainsi qu'à l'Académie de médecine, Pasteur attribue l'atténuation de la virulence au contact avec l'oxygène. Il dit que des cultures qu'on laisse vieillir au contact de l'oxygène perdent de leur virulence au point de pouvoir servir de vaccin, tandis que des cultures qu'on laisse vieillir dans des tubes à l'abri de l'oxygène gardent leur virulence. Il reconnaît cependant dans une note de bas de page que l'oxygène ne joue pas forcément son rôle d'atténuation, ou pas forcément dans les mêmes délais : «Puisque, à l'abri de l'air, l'atténuation n'a pas lieu, on conçoit que, si dans une culture au libre contact de l'air (pur) il se fait un dépôt du parasite en quelque épaisseur, les couches profondes soient à l'abri de l'air, alors que les superficielles se trouvent dans de tout autres conditions. Cette seule circonstance, jointe à l'intensité de la virulence, quelle que soit, pour ainsi dire, la quantité du virus employé, sert à comprendre que l'atténuation d'un virus ne doit pas obligatoirement fluctuer proportionnellement au temps d'exposition à l'air. [133]»
Certains[134] voient là un demi-aveu de l'irrégularité du vaccin, irrégularité que la suite confirma : «Cette voie, que le génie de Pasteur avait ouverte et qui fut ensuite si féconde, se révéla bientôt fermée en ce qui concerne la vaccination anti-pasteurellique de la poule. Des difficultés surgirent dans la régularité de l'atténuation et de l'entretien de la virulence à un degré déterminé et fixe. [135]»

Rôle de l'oxygène ?

La théorie de Pasteur, selon laquelle la virulence du vaccin était atténuée par l'action de l'oxygène, n'a pas été retenue. Th. D. Brock, après avoir présenté comme vraiidentique l'explication de l'atténuation dans les cultures par mutations et sélection (l'organisme vivant, qui possède des défenses immunitaires, exerce une sélection en défaveur des microbes mutants peu virulents, ce qui n'est pas le cas dans les cultures), ajoute : «Ses recherches [= de Pasteur] sur les effets de l'oxygène sont quelque chose de curieux. Quoique l'oxygène puisse jouer un rôle en accélérant les processus d'autolyse, il n'a certainement pas une action aussi directe que Pasteur le pensait[136]

Le vaccin contre la maladie du charbon

Pasteur vaccinant des moutons contre le charbon à Pouilly-le-Fort (illustration du XXe siècle)

Le 5 mai 1881, lors de la célèbre expérience de Pouilly-le-Fort, un troupeau de moutons est vacciné contre la maladie du charbon avec un vaccin mis au point par Pasteur et ses assistants. Cette expérience fut un succès complet.

Certains auteurs reprochent à Pasteur d'avoir induit le public scientifique en erreur sur la nature exacte du vaccin utilisé. Cette question fait l'objet d'un article à part, le «Secret de Pouilly-le-Fort».

Icône de détail Article détaillé : secret de Pouilly-le-Fort.

Travaux antérieurs de Duboué et Galtier

En 1879, Paul-Henri Duboué[137] dégage de divers travaux de l'époque une «théorie nerveuse» de la rage : «Dans cette hypothèse, le virus rabique s'attache aux fibrilles nerveuses mises à nu par la morsure et se propage jusqu'au bulbe». Le rôle de la voie nerveuse dans la transmission du virus de la rage, conjecturé par Duboué presque seulement à partir d'inductions[138], fut plus tard confirmé expérimentalement par Pasteur et ses assistants.

La même année 1879, Galtier montre qu'on peut utiliser le lapin, nettement moins dangereux que le chien, comme animal d'expérimentation. Il envisage aussi de mettre à profit la longue durée d'incubation (c'est-à-dire la longue durée que le virus met à atteindre les centres nerveux) pour faire jouer à un moyen préventif (qu'il en est toujours à chercher ou à expérimenter) un rôle curatif : «J'ai entrepris des expériences en vue de rechercher un agent capable de neutraliser le virus rabique après qu'il a été absorbé et de prévenir ainsi la naissance de la maladie, parce que, étant persuadé, selon mes recherches nécroscopiques, que la rage une fois déclarée est et restera longtemps, sinon toujours incurable, à cause des lésions qu'elle détermine dans les centres nerveux, j'ai pensé que la découverte d'un moyen préventif efficace équivaudrait presque à la découverte d'un traitement curatif, en particulier si son action était réellement efficace un jour ou deux après la morsure, après l'inoculation du virus»[139].» (Galtier ne précise pas que le moyen préventif auquel il pense doive être un vaccin. )

Dans une note de 1881[140], il signale surtout qu'il semble avoir conféré l'immunité à un mouton en lui injectant de la bave de chien enragé par voie sanguine. (L'efficacité de cette méthode d'immunisation des petits ruminants : chèvre et mouton, par injection intraveineuse sera confirmée en 1888 par deux pasteuriens, Nocard et Roux[141]. )

Dans cette même note, cependant, Galtier répète une erreur qu'il avait déjà commise dans son Traité des maladies contagieuses de 1880 : parce qu'il n'a pas pu transmettre la maladie par inoculation de fragments de nerfs, de mœlle ou de cerveau, il croit pouvoir conclure que, chez le chien, le virus n'a son siège que dans les glandes linguales et la muqueuse bucco-pharyngienne[142].

Les choses en sont là lorsque Pasteur, en 1881, débute ses publications sur la rage.

Les études de Pasteur
Études sur les animaux

Dans une note du 30 mai de cette année[143], Pasteur rappelle la «théorie nerveuse» de Duboué et l'incapacité où Galtier a dit être de confirmer cette théorie en inoculant de la substance cérébrale ou de la mœlle de chien enragé. «J'ai la satisfaction d'annoncer à cette Académie que nos expériences ont été plus heureuses», dit Pasteur, et dans cette note de deux pages, il établit deux faits importants :

  1. le virus rabique ne siège pas seulement dans la salive, mais également, et avec une virulence au moins identique, dans le cerveau;
  2. l'inoculation directe de substance cérébrale rabique à la surface du cerveau du chien par trépanation communique la rage à coup sûr, avec une incubation nettement plus courte (mort en moins de trois semaines) que dans les circonstances ordinaires, ce qui fait gagner un temps précieux aux expérimentateurs.

Dans cette note de 1881, Galtier n'est appelé qu'une fois, et c'est pour être contredit (avec raison).

En décembre 1882[144], nouvelle note de Pasteur et de ses collaborateurs, établissant que le dispositif nerveux central est le siège principal du virus, où on le trouve à l'état plus pur que dans la salive, et signalant des cas d'immunisation d'animaux par inoculation du virus, c'est à dire des cas de vaccination. Galtier est appelé deux fois en bas de page, dans un premier temps à propos des difficultés insurmontables auxquelles se heurtait l'étude de la rage avant l'intervention de Pasteur, surtout parce que «la salive était l'unique matière où on eût constaté la présence du virus rabique» (suit une référence à Galtier) et ensuite à propos de l'absence d'immunisation que les pasteuriens ont constatée chez le chien après injection intraveineuse : «Ces résultats contredisent ceux qui ont été annoncés par M. Galtier, à cette Académie, le 1er août 1881, par des expériences faites sur le mouton. » Galtier, en 1891[145] puis en 1904[146], se montra ulcéré[147] de cette façon de traiter sa méthode d'immunisation des petits ruminants par injection intraveineuse, dont l'efficacité fut confirmée en 1888 par deux pasteuriens, Roux et Nocard[148].

Deux notes de février[149] et mai[150] 1884 sont consacrées à des méthodes de modification du degré de virulence par passages successifs à l'animal (exaltation par passages successifs aux lapins, atténuation par passages successifs aux singes). Les auteurs estiment qu'après un certain nombre de passages chez des animaux d'une même espèce, on obtient un virus fixe, c'est-à-dire un virus dont les propriétés resteront immuables lors de passages subséquents. (En 1935, P. Lépine montra que cette fixité était moins absolue qu'on ne le croyait et qu'il était indispensable de contrôler le degré de virulence et le pouvoir immunogène des souches «fixes»[151]. )

En 1885, Pasteur se dit[152] capable d'obtenir une forme du virus atténuée à volonté en exposant de la mœlle de lapin rabique au contact de l'air gardé sec[153]. Cela sert à vacciner par une série d'inoculations de plus en plus virulentes.

Tableau d'Albert Edelfelt représentant Louis Pasteur, une de ses représentations les plus célèbres.
Dans cette représentation Pasteur observe dans un bocal une mœlle épinière de lapin enragé, suspendue en train de se dessécher au-dessus de cristaux de potasse. C'est le processus qui a permis d'obtenir le vaccin contre la rage.
Essais sur l'Homme

C'est en cette année 1885 qu'il fait ses premiers essais sur l'homme.

Il ne publia rien sur les deux premiers cas (Girard et la fillette Poughon), ce qui, selon Patrice Debré[154], alimente régulièrement une rumeur selon laquelle Pasteur aurait «étouffé» ses premiers échecs. En réalité, dans le cas Girard, qui semble avoir évolué favorablement, le diagnostic de rage, malgré des symptômes qui avaient fait conclure à une rage déclarée, était douteux, et , dans le cas de la fillette Poughon (qui mourut le lendemain de la vaccination), il s'agissait sans doute d'une rage déclarée, ce qui était et est toujours toujours, avec une quasi-certitude[155], un arrêt de mort à brève échéance, avec ou sans vaccination[156].

Le 6 juillet 1885, on amène à Pasteur un petit berger alsacien de Steige âgé de neuf ans, Joseph Meister, mordu l'avant-veille par un chien qui avait ensuite mordu son propriétaire. La morsure étant récente, il n'y a pas de rage déclarée. Cette incertitude du diagnostic rend le cas plus délicat que les précédents et Roux, l'assistant de Pasteur dans les recherches sur la rage, refuse formellement de participer à l'injection[157]. Pasteur hésite, mais deux éminents médecins, Alfred Vulpian et Joseph Grancher, estiment que le cas est suffisamment sérieux pour justifier la vaccination et la font pratiquer sous leur responsabilité. Joseph Meister reçoit treize inoculations réparties sur dix jours[158]. Il ne développera jamais la rage.

Le cas particulièrement célèbre de Meister n'est peut-être plus particulièrement convaincant. Ce qui fit considérer que le chien qui l'avait mordu était enragé est le fait que «ce dernier à l'autopsie, avait foin, paille et fragments de bois dans l'estomac[159]». Aucune inoculation de substance prélevée sur le chien ne fut faite. Peter, principal adversaire de Pasteur et grand clinicien, savait que le diagnostic de rage par la présence de corps étrangers dans l'estomac était caduc. Il le fit remarquer à l'Académie de médecine (11 janvier 1887) [160].

Un détail du traitement de Meister illustre ces mots rédigés en 1966 par Maxime Schwartz, alors directeur général de l'Institut Pasteur (Paris)  : «Pasteur n'est pas perçu actuellement comme il y a un siècle ou même il y a vingt ans. Le temps des hagiographies est révolu, les images d'Épinal font sourire, et les conditions dans lesquelles ont été expérimentés le vaccin contre la rage ou la sérothérapie antidiphtérique feraient frémir rétrospectivement nos modernes comités d'éthique[161]

Pasteur, en effet, fit faire à Meister, après la série des inoculations vaccinales, une injection de contrôle. L'injection de contrôle, pour le dire crûment, consiste à essayer de tuer le sujet en lui injectant une souche d'une virulence qui lui serait fatale dans le cas où il ne serait pas vacciné ou le serait mal; s'il en réchappe, on conclut que le vaccin est efficace.

Pasteur a lui-même dit les choses clairement : «Joseph Meister a par conséquent échappé, non seulement à la rage que ses morsures auraient pu développer, mais à celle que je lui ai inoculée pour contrôle de l'immunité due au traitement, rage plus virulente que celle des rues. L'inoculation finale particulièrement virulente a toujours l'avantage de limiter la durée des appréhensions qu'on peut avoir sur les suites des morsures. Si la rage pouvait éclater, elle se déclarerait plus vite par un virus plus virulent que par celui des morsures. »

À propos de la seconde de ces trois phrases, André Pichot, dans son anthologie d'écrits de Pasteur, met une note : «Cette phrase est légèrement déplacée, étant donné qu'il s'agissait ici de soigner un être humain (et non de faire une expérience sur un animal). [162]»

L'efficacité du vaccin de Pasteur remise en cause.

Pasteur ayant publié ses premiers succès, son vaccin antirabique devient vite célèbre et les candidats affluent. Déçu par quelques cas où le vaccin a été inefficace, Pasteur croit pouvoir passer à un «traitement intensif», qu'il présente à l'Académie des Sciences le 2 novembre 1886[163]. L'enfant Jules Rouyer, vacciné dans le mois d'octobre précédant cette communication, meurt vingt-quatre jours après la communication et son père porte plainte contre les responsables de la vaccination[164] Selon un récit fait une cinquantaine d'années après les évènements par le bactériologiste André Loir, neveu et ancien assistant-préparateur de Pasteur, le bulbe rachidien de l'enfant, inoculé à des lapins, leur communique la rage, mais Roux (en l'absence de Pasteur, qui villégiature à la Riviera) fait un rapport en sens contraire; le médecin légiste, Brouardel, après avoir dit à Roux «Si je ne prends pas position en votre faveur, c'est un recul immédiat de cinquante ans dans l'évolution de la science, il faut éviter cela !», conclut dans son expertise que l'enfant Rouyer n'est pas mort de la rage. P. Debré accepte ce récit, tout en notant qu'il repose seulement sur André Loir[165].

À la même époque, le jeune Réveillac, qui a subi le traitement intensif, meurt en présentant des symptômes atypiques où Peter, le grand adversaire de Pasteur, voit une rage humaine à symptômes de rage de lapin, c'est à dire la «rage de laboratoire», la «rage Pasteur», dont on commence à énormément parler[166].

«On renonça plus tard à une méthode de traitement aussi énergique, et qui pouvait présenter quelques dangers. [167]»

En réalité, on finit même par renoncer au traitement ordinaire de Pasteur-Roux. En 1908, Fermi proposa un vaccin contre la rage avec virus traité au phénol. Progressivement, dans le monde entier, le vaccin phéniqué de Fermi supplanta les mœlles de lapin de Pasteur et Roux. En France, où on en était resté aux mœlles de lapin, P. Lépine et V. Sautter firent en 1937 des comparaisons rigoureuses : une version du vaccin phéniqué protégeait les lapins dans la proportion de 77, 7 %, tandis que les lapins vaccinés par la méthode des mœlles desséchées n'étaient protégés que dans la proportion de 35 %[168]. Dans un ouvrage de 1973, André Gamet signale que la préparation de vaccin contre la rage par la méthode des mœlles desséchées n'est plus utilisée. Parmi les méthodes qui le sont toujours, il cite le traitement du virus par le phénol[169].

Même si ce sont les travaux de Pasteur sur la vaccination antirabique, et par conséquent les derniers de sa carrière, qui ont fait sa gloire auprès du grand public, un spécialiste en immunologie comme P. Debré estime que les œuvres les plus remarquables de Pasteur sont les premières[170].

Les toxines

En 1877, Pasteur veut tester l'hypothèse selon laquelle le bacille du charbon ne causerait l'état morbide que de façon indirecte, en produisant un «ferment diastasique soluble» qui serait l'agent pathogène immédiat. Il prélève le sang d'un animal qui vient de mourir du charbon, le filtre de manière à en ôter les bacilles et inocule le filtrat à un animal sain. L'animal récepteur ne développe pas la maladie et Pasteur estime que cette expérience «écarte totalement l'hypothèse du ferment soluble»[171]. Dans une publication ultérieure, toujours en 1877, Pasteur note cependant que le sang filtré, s'il ne cause pas la maladie, rend les globules agglutinatifs, tout autant et même plus que dans la maladie, et envisage que ce soit l'effet d'une «diastase» constituée par les bacilles[172]. En réalité, les pasteuriens Roux et Yersin prouveront en 1888 (dans le cas de la diphtérie) que les microbes sécrètent bel et bien une substance (la toxine) qui est la cause directe et isolable de la maladie.

Des épistémologues et historiens des sciences comme F. Dagognet et A. Pichot[173] pensent que le demi-échec de Pasteur à mettre l'existence et le rôle des toxines en évidence a la même cause que son attitude défensive face à la théorie des enzymes : son «vitalisme» (Dagognet dit «végétalisme»), qui tend à séparer rigoureusement les domaines du vivant et du non-vivant. Il faut dire, à la décharge de Pasteur, que l'existence d'une toxine du charbon ne sera démontrée qu'en 1955[174]. En 1880, d'ailleurs, Pasteur accepte d'envisager, à titre d'hypothèse, le rôle d'une substance toxique[175].

Les vaccins par microbes tués (inactivés)

En 1880, le vétérinaire Henry Toussaint estime, à tort ou à raison, avoir immunisé des moutons contre le charbon par deux méthodes : en inoculant du sang charbonneux dont les microbes ont été éloignés par filtration, et en inoculant du sang charbonneux où les microbes ont été laissés, mais tués par chauffage. Pasteur, qui voit ainsi Toussaint, «à son insu, peut-être, car il n'y fait aucune allusion», battre en brèche les opinions publiées antérieurement par Pasteur, rejette l'idée d'un vaccin qui ne contiendrait pas d'agents infectieux vivants[176]. Ici encore, André Pichot[177] voit un effet de la tendance de Pasteur à cloisonner rigoureusement les domaines du vivant et de l'inanimé. Pasteur, cependant, finira par admettre la possibilité des «vaccins chimiques»[178].

Le mécanisme de l'immunisation

Pour expliquer l'immunisation, Pasteur adopta tour à tour deux idées différentes. La première de ces idées, qu'on trouve déjà chez Tyndall et chez Auzias-Turenne[179], explique l'immunisation par l'épuisement, chez le sujet, d'une substance indispensable au microbe[180]. La seconde idée[181] est que la vie du microbe ajoute une matière qui nuit à son développement ultérieur[182]. Aucune de ces deux idées n'a été ratifiée par la postérité[183], toujours que la seconde puisse être reconnue comme une esquisse de la théorie des anticorps[184].

Mise en ordre plutôt qu'innovation

En 1950, René Dubos faisait gloire à Pasteur «d'audacieuses divinations[185]». En 1967, François Dagognet[186] cite ce jugement de Dubos, mais pour en prendre le contre-pied : il rappelle que Pasteur a uniquement ajouté à la chimie des isomères que Berzélius et Mitscherlich avaient fondée, qu'il avait été précédé par Cagniard-Latour dans l'étude microscopique des fermentations, par Davaine dans la théorie microbienne des maladies contagieuses et , évidemment, par Jenner dans la vaccination. Il ajoute que la science de Pasteur «consiste moins à découvrir qu'à enchaîner».

Monument à Pasteur, place de Breteuil (Paris, 7ème arr. )

Dans le même ordre d'idées que Dagognet, André Pichot définit comme suit le caractère essentiel de l'œuvre de Pasteur : «C'est là le mot-clé de ses travaux : ceux-ci ont toujours consisté à mettre de l'ordre, à quelque niveau que ce soit. Ils comportent assez peu d'éléments originaux (En note : Cela peut surprendre, mais les études sur la dissymétrie moléculaire étaient déjà bien avancées lorsque Pasteur s'y intéressa, celles sur les fermentations aussi; les expériences sur la génération spontanée sont l'affinement de travaux dont le principe était vieux qui plus est d'un siècle; la présence de germes dans les maladies infectieuses étudiées par Pasteur a fréquemment été mise en évidence par d'autres que lui; quant à la vaccination, elle avait été découverte par Jenner à la fin du XVIIIe siècle, et l'idée d'une prévention utilisant le principe de non-récidive de certaines maladies avait été proposée bien avant que Pasteur ne la réalisât. ) ; mais, le plus fréquemment, ils partent d'une situation particulièrement confuse, et le génie de Pasteur a toujours été de trouver, dans cette confusion d'origine, un fil conducteur qu'il a suivi avec constance, patience et application. [187]»

Patrice Debré dit de même : «Pasteur donne quelquefois même l'impression de se contenter de vérifier des résultats décrits par d'autres, puis de se les approprier. Cependant, c'est exactement lorsqu'il reprend des démonstrations laissées, pour ainsi dire, en jachère, qu'il se montre le plus novateur : le propre de son génie, c'est son esprit de synthèse. [188]»

Un savant dans le monde

Pasteur n'était en rien un chercheur isolé dans sa tour d'ivoire. Ses travaux étaient orientés vers les applications médicales, hygiéniques, agricoles et industrielles. Il a toujours collaboré étroitement avec les professions concernées (même si, parmi les médecins, ses partisans étaient en minorité[189]) et il a su obtenir le soutien des pouvoirs publics à la recherche scientifique. «C'est probablement à cela que Pasteur doit sa grande popularité. Il a lui-même sciemment contribué à l'édification de sa légende, par ses textes et par ses interventions publiques[190]

Pasteur, la religion catholique et l'euthanasie

Dans les dernières années du XIXe siècle et les premières du XXe, l'apologétique catholique attribuait volontiers à Pasteur la phrase «Lorsque on a bien étudié, on revient à la foi du paysan breton. Si j'avais étudié plus toujours j'aurais la foi de la paysanne bretonne[191]

En 1939 (l'entre-deux-guerres fut la grande époque de l'Union rationaliste), Pasteur Vallery-Radot, petit-fils de Louis Pasteur, fit cette mise au point : «Mon père a toujours eu soin, et ma mère aussi d'ailleurs, de dire que Pasteur n'était pas pratiquant. Si vous ouvrez la Vie de Pasteur, vous verrez que mon père parle du spiritualisme et non du catholicisme de Pasteur. Je me souviens idéalement de l'irritation de mon père et de ma mère, lorsque quelque prêtre, en chaire, se permettait de lui attribuer cette phrase qu'il n'a jamais dite : «J'ai la foi du charbonnier breton.» (... ) Toute la littérature qui a été rédigée sur le prétendu catholicisme de Pasteur est totalement fausse[192]

En 1994-1995, Maurice Pasteur Vallery-Radot, arrière-petit-neveu de Pasteur et catholique militant[193], ne se contente pas du spiritualisme, du théisme de Pasteur, il tient que Pasteur resta au fond catholique, même s'il n'allait pas régulièrement à la messe[194].

En 2004, Pasteur sert de caution morale à une cause d'une nature différente : son précédent est évoqué à l'assemblée nationale en faveur de l'euthanasie compassionnelle[195]. La commission rapporte, selon Léon Daudet, que quelques-uns des dix-neuf Russes soignés de la rage par Pasteur développèrent la maladie et que, pour leur épargner les souffrances atroces qui s'étaient déclarées et qui auraient de toute façon été suivies d'une mort certaine, on pratiqua sur eux l'euthanasie avec le consentement de Pasteur[196].

Pourtant, il y eut une époque où un Pasteur praticien de l'euthanasie n'était pas une chose qu'on exhibait volontiers : Axel Munthe ayant lui aussi raconté l'euthanasie de quelques-uns des mordus russes dans la version originale en anglais de son Livre de San Michele (The Story of San Michele) [197], la traduction française publiée en 1934 par Albin Michel, quoique donnée comme «texte intégral», fut amputée du passage correspondant[198].

Rues Pasteur

Il existe 2 020 rues «Pasteur» en France. C'est un des noms propres les plus attribués comme nom de rue [199]. Lors des grands mouvements de décolonisation, qui entraînèrent des renommages de rue, les rues Pasteur gardèrent fréquemment leur nom.

Œuvres

L'œuvre complète de Pasteur est téléchargeable sur le site de la Bibliothèque nationale de France, Gallica (cliquer sur le lien puis en haut ainsi qu'à droite à la rubrique «Télécharger»)

Les communications de Pasteur à l'Académie des Sciences peuvent être aussi téléchargées gratuitement sur le site de la Bibliothèque nationale de France, Gallica, dans les différents tomes des Comptes rendus de l'Académie des sciences. Liste des volumes (téléchargeables gratuitement) sur math-doc ou sur Gallica.

Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux; choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994.

Recherches sur la capacité de saturation de l'acide arsénieux. Etude des arsénites de potasse, de soude et d'ammoniaque. Suivi de Etude des phénomènes relatifs à la polarisation rotatoire des liquides. Application de la polarisation rotatoire des liquides à la solution de diverses questions de chimie, Thèse de Louis Pasteur. En ligne sur la Jubilothèque, bibliothèque numérique de l'UPMC.

Bibliographie

Buste de Pasteur à Dole

Les ouvrages ci-dessous peuvent être lus pour approfondir le sujet. Par ordre alphabétique d'auteurs :

  • Hervé Bazin, L'histoire des vaccinations, John Libbey Eurotext, Paris, 2008. (Le chapitre 2, pp. 135-282, est consacré à Pasteur. )
  • Antonio Cadeddu, Les vérités de la science. Pratique, récit, histoire : le cas Pasteur, éd. Leo S. Olschki, 2005 (ISBN 88-222-5464-3)
  • Collectif CNRS, Pasteur, cahiers d'un savant, Zulma, 1995
  • Patrice Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994
  • Philippe Decourt, Les vérités indésirables, 2de partie : Comment on falsifie l'histoire : le cas Pasteur, Paris, 1989.
  • Jimmy Drulhon, Louis Pasteur. Cinq années dans les Cévennes, Éditions Hermann, 2009
  • René Dubos, Louis Pasteur - Franc-tireur de la science, PUF, 1955, réédité chez La Découverte, 1995, (ISBN 2707124109)
  • Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896 [téléchargeable gratuitement sur le site Gallica]
  • Gerald L. Geison, article Pasteur du Dictionary of Scientific Biography (dir. C. C. Gillispie), New York, 1974.
  • Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995. ("livre enfin publié du seul historien vraiment spécialisé dans l'histoire de Pasteur" Bruno Latour, Pasteur : guerre et paix des microbes, 2001, p. 10)
  • Ethel Douglas Hume, Béchamp ou Pasteur ?, 1948, traduit de l'anglais par Aurore Valérie.
«Le mélange de discussions sérieuses et de réflexions plus discutables s'expliqu[e] probablement par la multiplicité des origines du livre. Initialement publié en anglais, il avait été'basé'sur le manuscrit d'un médecin américain, ami personnel de Béchamp, rédigé longtemps plus tard par une Anglaise, puis traduit en français (Le François, édit., 1948) avec une préface et un appendice de deux médecins suisses homéopathes, particulièrement hostiles aux vaccinations.» (Decourt 1989, p. 139) «Ce livre révèle que Pasteur traita son ancien assistant Antoine Béchamp (1816-1908) de façon particulièrement peu reluisante, mais ne me persuade pas que Pasteur ait «plagié» les travaux et les idées de Béchamp dans un sens raisonnable du mot.» (Geison 1995, p. 275, qui reproche aussi à ce livre - qui cherche à discréditer la vaccination, l'usage des sérums et l'expérimentation animale - de grossières erreurs scientifiques. )
  • Bruno Latour, Pasteur, une science, un style, un siècle, Perrin/Institut Pasteur, 1995
  • Bruno Latour, Jean-Marc Pau, Pasteur, bataille contre les microbes, éd. Nathan, 1995 (ISBN 2-09-204466-4) (livre facile à lire pour les enfants)
  • Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur : La réalité après la légende, Éditions de Paris, 2003 (ISBN 2851620967)
  • Pierre-Yves Laurioz, «Pasteur : 1822-1895», Historia, no 700, avril 2005.
  • Dr Adrien Loir, À l'ombre de Pasteur, éd. Le mouvement sanitaire, 1938 (écrit par le neveu de Pasteur)
  • M. Lombard, P. -P. Pastoret et A. -M. Moulin, «A brief history of vaccines and vaccination», Revue scientifique et technique de l'Office mondial des Épizooties, 2007, 26 (1), 29-48. En ligne.
  • Richard Moreau, Préhistoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000.
  • Richard Moreau, Les deux Pasteur : le père et le fils, Paris, L'Harmattan, 2003, partiellement consultable sur Google Books.
  • Richard Moreau, Louis Pasteur : De Besançon à Paris, l'envol, Paris, L'Harmattan, 2003.
  • Louis Pasteur (réunies et annotées par Louis Pasteur Vallery-Radot), Œuvres de Pasteur (7 tomes), Masson, 1939
  • Annick Perrot et Maxime Schwartz, Pasteur, des microbes au vaccin, Casterman/Institut Pasteur, 1999
  • Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, partiellement consultable sur Google Books.
  • Daniel Raichwarg, Louis Pasteur, l'empire des microbes, Découvertes Gallimard, 1995
  • Roland Rosset, «Pasteur et les vétérinaires», Bulletin de la Entreprise française d'histoire de la médecine et des sciences vétérinaires, 2003, 2 (2) en ligne
  • Claire Salomon-Bayet (dir. ). Pasteur et la révolution pastorienne. Paris : Payot, coll. «Médecine et sociétés», 436 pages, 1986 (ISBN 978-2228550802)
  • (en) James Strick, «New Details Add to Our Understanding of Spontaneous Generation Controversies», ASM News (American Society of Bacteriology) 63, 1997. p. 193-198 en ligne [pdf]
  • René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Paris, Hachette, 1900, consultable sur Gallica.
  • Maurice Vallery-Radot, Pasteur, Perrin, 1994

Notes et références

  1. Pour les points de chronologie, voir par exemple P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 529-538.
  2. Recherches sur la capacité de saturation de l'acide arsénieux. Étude des arsénites de potasse, de soude et d'ammoniaque. Suivi de Étude des phénomènes relatifs à la polarisation rotatoire des liquides. Application de la polarisation rotatoire des liquides à la solution de diverses questions de chimie. [1]
  3. «Sans ce travail qu'on me demande en vue de la Correspondance de l'Institut je serais resté à Strasbourg. Uniquement tu comprends que ce congé que ces missions m'ont fait avoir avec traitement complet est une irrégularité qui a besoin d'être couverte par un motif de santé.» (Pasteur, lettre du 25 février 1854 à son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, p. 261. )
  4. Pasteur, lettre du 8 mai 1854 à son père, dans Pasteur, Correspondance, t. 1, Paris, 1940, p. 267. Cet épisode de la carrière de Pasteur est noté par Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur. La réalité après la légende, Paris, 2003, pp. 79-81. Sur l'attitude de Pasteur envers l'argent, voir Richard Moreau, La préhistoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000, pp. 257-262.
  5. L. Pasteur, Discours prononcé à Douai, le 7 décembre 1854, à l'occasion de l'installation solennelle de la Faculté des lettres de Douai et de la Faculté des sciences de Lille, Œuvres complètes, t. 7, p. 131, consultable sur Gallica. L'article hasard de l'index figurant à la fin du vol. 7 des Œuvres complètes donne toujours deux autres passages analogues.
  6. Lettre de Pasteur au Temps, en date du 26 juillet 1883, Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 539-540, consultable sur Gallica; René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, réimpr. phot. Hachette, 1962, pp. 159-160; Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 323-325.
  7. En 1867, à propos d'un débat au sénat, quatre-vingts élèves de l'École envoient une «adresse» à l'écrivain Sainte-Beuve pour le soutenir dans son combat en faveur de la liberté de la librairie. Deux d'entre eux ayant, contrairement au règlement de l'école, fait publier cette «adresse» dans la presse, Pasteur, avec l'accord du ministre de l'Instruction publique, Victor Duruy, prend des mesures disciplinaires contre lesquelles des élèves manifestent en bloc. L'opposition politique et la presse libérale attaquent Pasteur et Duruy, Duruy revient sur les mesures contre les étudiants, la démission de Pasteur comme administrateur de l'École normale supérieure est acceptée ; il reçoit une chaire en Sorbonne et on crée, à l'École normale même, un laboratoire de chimie physiologique dont la direction lui est confiée, selon Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, pp. 149-155.
  8. Patrice Debré, Pasteur, 1994, p. 535.
  9. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1997, p. 535.
  10. C'est la date indiquée dans l'édition des Œuvres complètes, vol. 5.
  11. Œuvres complètes de Pasteur, t. 7, pp. 326-339, consultable sur Gallica et sur Wikisource
  12. L. Pasteur, «Mémoire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire. (Extrait par l'auteur)», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 22 mai 1848, t. 26, pp. 535-538, consultable sur Gallica. Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 61-64 (avec date erronée du 15 au lieu du 22 mai 1848), consultable sur Gallica. Voir aussi des mémoires plus détaillés de pasteur sur le même sujet dans le même volume des Œuvres complètes.
  13. Sur l'histoire de la naissance de l'acide paratartrique et sur ses deux appellations, voir J. J. Berzelius, «Composition de l'acide tartrique et de l'acide racémique (... ) et remarques générales sur les corps qui ont la même composition et possèdent des propriétés différentes», Annales de chimie et de physique, t. 46, 1831, pp. 113-147. Consultable sur Google Books.
  14. J. B. Biot, «Chimie optique. - Communication d'une Note de M. Mitscherlich», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 14 octobre 1844, vol. 19, pp. 719-725. Consultable sur Gallica.
  15. Pour exprimer ce qu'on exprimait alors par le mot «double», on dirait à présent que les deux ions alcalins sont combinés à une même molécule d'acide. (Jean-Jacques, La molécule et son double, 1992, p. 24. )
  16. «je ne pouvais comprendre que deux substances fussent aussi identiques que le disait Mitscherlich, sans être particulièrement semblables». L. Pasteur, «La dissymétrie moléculaire», Conférence faite à la Société chimique de Paris le 22 décembre 1883, Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 369-380, p. 370. Consultable sur Gallica.
  17. «Je montre, en effet, que l'hémiédrie [dans le langage de Pasteur, hémiédrie = dissymétrie de la forme cristalline] est liée avec le sens de la polarisation rotatoire. Or, ce dernier phénomène étant moléculaire et accusant une dissymétrie dans les molécules, l'hémiédrie, à son tour, se trouve par conséquent en étroite connexion avec la dissymétrie des derniers éléments qui composent le cristal [= avec la dissymétrie des molécules].» L. Pasteur, «Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire», Annales de chimie et de physique, 3e série, vol. 24, 1848, pp. 442-459; Œuvres complètes de L. Pasteur, t. 1, pp. 65-80, p. 66. Consultable sur Gallica. On trouve par exemple l'expression «pouvoir de rotation moléculaire» dans J. -B. Biot, «Mémoire sur la polarisation circulaire et sur ses applications à la chimie organique» (lu en 1832), Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 13, 1835, pp. 39-176, p. 51, consultable sur Gallica.
  18. Selon Claude Debru, Pasteur marchait en cela sur les traces de son maître Delafosse : «Pasteur n'était pas le premier à rechercher la raison de l'hémiédrie des cristaux dans l'arrangement des atomes constituant la molécule. L'un de ses maîtres, Gabriel Delafosse, l'avait aussi envisagé.» (Claude Debru, L'interdisciplinarité et la transdisciplinarité dans l'œuvre de Louis Pasteur, en ligne.
  19. Voir par exemple L. Pasteur, «Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire», Annales de chimie et de physique, 3e série, vol. 24, 1848, pp. 442-459; Œuvres complètes de L. Pasteur, t. 1, pp. 65-80, p. 78 (consultable sur Gallica)  : de l'existence, dans le paratartrate double de soude et d'ammoniaque, de deux sortes de cristaux, images spéculaires non superposables les uns des autres, Pasteur conclut qu'il y a là «deux groupes atomiques symétriquement isomorphes».
  20. (fr) Pasteur Œuvre tome 1 – Dissymétrie moléculaire [pdf]
  21. Anthonny Guerronnan, Dictionnaire Synonymique, Paris, Gauthier-Villars, 1895, réimpr. Ayer Publishing, 1979, p. 9. Partiellement consultable sur Google Books. Pasteur avait en premier lieu proposé une terminologie légèrement différente : «L'acide paratartrique, ou racémique, est bien réellement constitué de deux acides différents, l'un déviant à droite, l'autre à gauche le plan de la lumière polarisée, et tous deux de la même quantité absolue. (... ) Je proposerai d'appeler acide lévoracémique l'acide qui dévie à gauche, acide dextroracémique l'acide qui dévie à droite le plan de polarisation des rayons lumineux.» (L. Pasteur, «Recherches sur les relations qui peuvent exister entre la forme cristalline, la composition chimique et le sens de la polarisation rotatoire (Deuxième mémoire)», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 9 avril 1849, t. 28, pp. 477-478; Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 81-82, p. 81, consultable sur Gallica.
  22. (en) Aaron J. Ihde, The development of Modern Chemistry, New York, 1984
  23. «Ces faits cependant nous montrent, en outre, l'étroite relation qui existe entre la forme cristalline et la constitution moléculaire» L. Pasteur, «Mémoire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire (Extrait par l'auteur)», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 15 mai 1848, t. 26, pp. 535-538; Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, pp. 61-64, p. 62. Consultable sur Gallica.
  24. L. Pasteur, Œuvres complètes, t. 1, pp. 124, 133, 204, 283-284, 288, 311 (consultables sur Gallica) ; cités par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967; rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 98-101.
  25. F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967; rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, préface à la nouvelle édition, p. 17.
  26. Gerald L. Geison, The private science of Louis Pasteur, éd. Princeton university press, 1995, p. 86-89. Voir aussi (en) [pdf] George B. Kauffman, Robin D. Myers, Pasteur's resolution of racemic acid : a sesquicentennial retrospect and a new translation, The chemical education, 1998, vol 3, n°6, et Compléments à l'article «Auguste Laurent (1807-1853)  :chimiste bicentenaire et inconnu», de Marika Blondel-Mégrelis, L'Actualité chimique, 2007, n° 314, p. 36, en ligne.
  27. L. Pasteur, «Mémoire sur l'alcool amylique», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 20 août 1855, vol. 41, pp. 296-300; Œuvres complètes de L. Pasteur, vol. 1, p. 275, consultable sur Gallica.
  28. «Chacun sait, en effet, depuis les belles et nombreuses recherches de M. Biot, que énormément de substances organiques jouissent de la propriété singulière de dévier à l'état de dissolution le plan de polarisation des rayons lumineux.» (Pasteur, Mémoire sur la relation qui peut exister entre la forme cristalline et la composition chimique, et sur la cause de la polarisation rotatoire. (Extrait par l'auteur) , 1848, Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, p. 63, consultable sur Gallica. Pour l'influence de Biot sur Pasteur à ce sujet, voir P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 46-50.
  29. L. Pasteur, «Mémoire sur la fermentation nommée lactique», Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 3 août 1857, 2e série, t. 5, 1858, pp. 13-26; Annales de chimie et de physique, 3e série, t. 52, 1858, pp. 404-418, Œuvres complètes de L. Pasteur, vol. 2, pp. 3-13, spéc. 3-4, consultable sur Wikisource. Cité par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 147, 151 et 181.
  30. Harry W. Paul, Science, Vine and Wine in Modern France, Cambridge University Press, 2002, p. 123 (consultable sur Internet). L. Pasteur, dans son Mémoire sur la fermentation alcoolique, Annales de Chimie et de Physique, Vol. 58, 3e série, 1860, pp. 323-426 (Œuvres complètes, t. 2, pp. 80-81 et 83-84), rappelle les apports de Fabbroni (1787), de Cagniard de Latour (1836) et de Schwann (1837) à la connaissance du rôle des organismes vivants dans la fermentation.
  31. C. Galey, J. Potus et J. Adrian écrivent légèrement schématiquement : «La connaissance scientifique de la levure fut établie au XIXe siècle par Cagniard de Latour qui découvre sa nature vivante, par Payen qui établit sa composition chimique et Pasteur qui décrit son métabolisme. (C. Galey, J. Potus et J. Adrian, L'emploi de la levure en alimentation, de l'Antiquité à nos jours, Médecine et nutrition, 1994, vol. 30, n° 6, pp. 299-306. )
  32. Patrice Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 42-43.
  33. J. -B. Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts, t. 6, pp. 304-305, consultable sur Google Books.
  34. «la formation des globules dans le moût de bière en fermentation y démontre probablement l'existence d'une activité vitale» (Justus Liebig, Nouvelles lettres sur la chimie, tr. fr., Paris, 1852, 28e lettre, p. 30.
  35. Pour Berzélius, voir Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, p. 86. Quant à Liebig, il écrivait par exemple : «La levure de bière, et généralement l'ensemble des matières animales et végétales en putréfaction, reportent sur d'autres corps l'état de décomposition dans lequel elles se trouvent elles-mêmes. (... ) Le mouvement qui, par la perturbation d'équilibre, s'imprime à leurs propres éléments se communique aussi aux éléments qui se trouvent en contact avec elles.» (Justus Liebig, Traité de chimie organique, tr. fr., t. 1, Paris, 1840, introd., p. XVIII, consultable sur Gallica. Cité par Pasteur, Mémoire sur la fermentation alcoolique, 1860, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, p. 84, consultable sur Gallica, et par René Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, Paris, p. 150. ) Sur les idées de Liebig, voir aussi Herbert C. Friedmann (1997) «From Friedrich Wöhler's Urine to Eduard Buchner's Alcohol», in A. Cornish-Bowden (dir. ), New Beer in an Old Bottle : Eduard Buchner and the Growth of Biochemical Knowledge, Université de Valence, Valence, 1997, pp. 67–122, en ligne.
  36. André Pichot, introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, pp. 46-47, avec référence précise aux publications de Cagniard de Latour.
  37. Louis Pasteur, (Wikilivre) Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 8 août 1857, 2e sér., V, 1858, p. 13-26. - Annales de chimie et de physique, 3e sér., LII, 1858, p. 404-418. Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, pp. 3-13. -Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille
  38. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 121.
  39. Le «vibrion butyrique» de Pasteur a ensuite été appelé Bacillus amylobacter ou Clostridium butyricum. Ph. van Tieghem, «Identité du Bacillus amylobacter et du vibrion butyrique de M. Pasteur», Comtes rendus de l'Académie des sciences, t. 89 (1879), pp. 5-8, consultable sur Gallica; article Bacillus amylobacter du Pr. Georges Delisi sur Médicopédia.
  40. «Des recherches minutieuses n'ont pu jusqu'désormais faire découvrir le développement d'êtres organisés. Les observateurs qui en ont reconnu ont établi, en même temps, qu'ils étaient accidentels et nuisaient au phénomène.» (L. Pasteur, Mémoire sur la fermentation nommée lactique, 1858, consultable sur Wikisource. )
  41. «On perd totalement de vue (... ) que la décomposition du sucre en alcool et en acide carbonique, ou en acide lactique, en mannite, en acide butyrique, ou en huile de pomme de terre, doit dépendre d'une seule et même cause; et que les agents excitateurs de ces différentes sortes de décompositions n'ont pas, dans tous ces cas, dans leur propriété extérieure, de la ressemblance avec certains végétaux d'un ordre inférieur.» (Justus Liebig, Lettres sur la chimie, tr. fr. G. W. Bichon, Paris, 1845, p. 207, consultable sur Google Books. ) Cet argument de Liebig est mentionné par P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 120.
  42. Pour sa découverte de la «levure» de la fermentation lactique, par exemple, voir L. Pasteur, «Mémoire sur la fermentation nommée lactique», Mémoires de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, séance du 8 août 1857, 2e sér., V, 1858, p. 13-26. - Annales de chimie et de physique, 3e sér., LII, 1858, p. 404-418. Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, Paris, 1922, pp. 3-13. Consultable sur Wikisource. Résumé dans P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 119-122, qui conclut : «Lorsque on parcourt ce premier mémoire, on constate que Pasteur a déjà presque tout trouvé.» (Pasteur appelait «levures» les agents vivants de fermentation qu'il découvrait et parlait par exemple de levure lactique. Dans la terminologie scientifique actuelle, un ferment n'est pas nécessairement une levure : une levure appartient par définition au règne des champignons, tandis que, par exemple, les agents de la fermentation lactique sont des bactéries, formant le groupe des bactéries lactiques. L'expression «levure lactique» est cependant toujours courante. )
  43. Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, p. 95. André Pichot, Introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, p. 49. Pasteur conjectura que, dans la «respiration» anaérobie, la substance que la levure prélève sur les matières fermentescibles est de l'oxygène, comme dans le cas de la respiration aérobie, mais cette opinion est abandonnée. «Avec l'anaérobiose, Pasteur apporte à la biochimie un phénomène essentiel, mais propose immédiatement des interprétations et généralisations erronées. Selon lui, la fermentation a pour but d'enlever au sucre l'oxygène qui n'est pas apporté à l'état libre. Ces faits et interprétations résument la philosophie de Pasteur en la matière. L'identification de la fermentation à l'anaérobiose est un fait acquis. La thèse selon laquelle l'oxygène reste requis dans l'anaérobiose est une interprétation erronée. Pour Pasteur l'oxygène reste, sous une forme libre ou liée, indispensable à la vie - conception à laquelle la biochimie, au terme de longs développements, tournera le dos.» (Claude Debru, titulaire de la chaire de philosophie des sciences à l'École Normale Supérieure de Paris, «L'interdisciplinarité et la transdisciplinarité dans l'œuvre de Louis Pasteur», ch. IV, en ligne. Critiques analogues dans F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, réédité sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 201-202, qui comprend le processus conjecturé par Pasteur comme un prélèvement de dioxygène (O2) sur les matières fermentescibles et objecte qu'il serait impossible. Sur l'accepteur d'électrons final dans le cas de la respiration anaérobie, voir G. J. Tortora, B. R. Funke et C. L. Case, Introduction à la microbiologie, tr. fr., Saint-Laurent (Québec), 2003, pp. 144 et 174-175. ) Pasteur a signalé l'effet qui porte désormais son nom dans une communication intitulée «Sur les ferments», Bulletin de la Société chimique de Paris, séance du 28 juin 1861, pp. 79-80; Œuvres complètes de Pasteur, vol. 2, 1922, pp. 148-149, consultable sur Wikisource.
  44. Payen et Persoz, «Mémoire sur la diastase, les principaux produits de ses réactions et leurs applications aux arts industriels», Annales de chimie et de physique, 2e série, t. 53, 1833, pp. 73-92, consultable sur Google Books. Cité comme allant dans le sens de Berzélius par François Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, p. 204, et par André Pichot, Pasteur, rédigés scientifiques et médicaux, Paris, 1994, p. 47.
  45. M. Berthelot, «Sur la fermentation glucosique du sucre de canne», Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. 50, 1860, pp. 980-984, spéc. 983-984, où Berthelot étend conjecturalement à l'ensemble des fermentations ce qu'il a observé dans l'interversion du sucre de canne; consultable sur Gallica. Cité par Jean Jacques : Berthelot. Autopsie d'un mythe, Belin, 1987, p. 150 et 280. Voir aussi André Pichot, introduction au chapitre des fermentations dans : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, pp. 47-48.
  46. Jean Rostand, La genèse de la vie, Histoire des idées sur la génération des idées spontanées, 1943, tirage de 1946, pp. 169-181, observe que le travail posthume de Claude Bernard était une régression vers la génération spontanée et , pp. 180-181, distingue nettement entre le travail de Claude Bernard et la position de Berthelot dans le débat qui s'ensuivit entre Berthelot et Pasteur.
  47. Sur cette âpre polémique entre Pasteur et Berthelot, voir Jean Jacques : Berthelot. Autopsie d'un mythe, Belin, 1987, pp. 147-158 et un exposé de B. Bourdoncle, qui renvoie au livre de Jean Jacques.
  48. En 1860 (année de la publication de la note de Berthelot)  : «Dira-t-on au contraire que la levûre produit en se développant une matière telle que la pepsine, qui agit sur le sucre et disparaît aussitôt épuisée, car on ne trouve aucune substance de cette nature dans les liqueurs ? Je n'ai rien à répondre au sujet de ces hypothèses. Je ne les admets ni ne les repousse et veux m'efforcer toujours de ne pas aller au delà des faits. Et les faits me disent uniquement que l'ensemble des fermentations elles-mêmes sont corrélatives de phénomènes physiologiques.» L. Pasteur, «Mémoire sur la fermentation alcoolique», Annales de chimie et de physique, 3e série, t. 58 (1860), p. 360, consultable sur Gallica, signalé par Herbert C. Friedmann (1997) «From Friedrich Wöhler's Urine to Eduard Buchner's Alcohol» pp. 67–122 in A. Cornish-Bowden (dir. ) New Beer in an Old Bottle : Eduard Buchner and the Growth of Biochemical Knowledge, Université de Valence, Valence, 1997, en ligne. Même chose lors de la polémique de 1878 avec Berthelot; voir Œuvres complètes de Pasteur, vol. 2, pp. 534 et 592, consultables sur Gallica, citées par François Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 204-206. On notera que ce que Pasteur veut bien envisager dans le passage cité ci-dessus du Mémoire de 1860, c'est que la fermentation soit causée par une substance inconnue, elle-même «produite» par la levure. Dans une note du même mémoire, p. 342, consultable sur Gallica, il nie que la fermentation soit produite par la substance soluble contenue dans les cellules de levure, ce que certains avaient cru pouvoir déduire d'expériences de Colin (expériences que Pasteur interprète autrement) et qui sera confirmé par Eduard Buchner.
  49. Musculus, «Sur le ferment de l'urée», Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. 82, 1876, pp. 333-336, consultable sur Gallica.
  50. L. Pasteur, avec la collaboration de J. Joubert, «Sur la fermentation de l'urine», publié plusieurs fois en 1876; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 80-84, consultable sur Gallica. La publication originale est suivie d'un échange entre Berthelot et Pasteur. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 83, 1876, pp. 8-10, consultable sur Gallica. )
  51. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 79, 1874, pp. 1006-1009, consultable sur Gallica. Pasteur estimait que l'observation de Lechartier et Bellamy confirmait sa théorie de la fermentation comme vie sans air : dans la «fermentation proprement dite», la vie en question est celle du ferment microbien; dans l'observation de Lechartier et Bellamy, il s'agit de la vie des fruits. (Discussion sur la fermentation, Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 2 mars 1875, 2e série, vol. 4, pp. 230-257; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 28-37, spéc. pp. 34-35, consultable sur Gallica)
  52. Voir F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, p. 205 et 208-210, qui note que les «majorations» et les «hypothèses excessives» de Pasteur eurent leur fécondité.
  53. P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 79-80, qui renvoie à A. -M. Moulin, «Biologie sans vivant, médecine sans malades», dans Anatomie d'un épistémologue : François Dagognet, Paris, Vrin, 1984, p. 60.
  54. Le mot «vitalisme» a des sens différents. Employé à propos de Pasteur, il sert à désigner la tendance à séparer rigoureusement le domaine du vivant et celui de l'inanimé. Voir André Pichot, Introduction générale à : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 18-19, et Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, chap. II, «Pasteur philosophe de la vie», section 3, «Le vitalisme de Pasteur», p. 46 et ss. Pour Pasteur, la barrière entre le règne minéral et le règne organique était une hypothèse de travail féconde plutôt qu'un dogme : «Non seulement je ne crois pas que cette barrière entre les deux règnes minéraux et organiques soit infranchissable, mais j'ai assigné, le premier, des conditions expérimentales qui seraient propres, selon moi, à la faire disparaître. Tant que ces conditions n'auront pas été réalisées avec succès, il est sage de croire à la distinction dont il s'agit et de la prendre pour guide.» (Œuvres complètes de Pasteur, t. 1, p. 365, consultable sur Gallica, rédigé en 1875.
  55. François Dagognet, Méthodes et doctrines dans l'œuvre de Pasteur, Paris, PUF, 1967; rééd. en 1994 sous le titre Pasteur sans la légende, pp. 208, 211, 298... ; André Pichot, Introduction générale à : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, p. 18.
  56. Voir un résumé dans P. Thuillier, D'Archimède à Einstein, 1988, pp. 281-300.
  57. Clémenceau journaliste1841-1929, les combats d'un républicain pour... , Gérard Minart, 2005
  58. Th. Schwann, Vorläufige Mitteilung betreffend Versuche über Weingährung und Fäulniss. , Annalen der Physik und Chemie, XLI, 1837, p. 184-193. Cité par Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées. , 1861, t. 2 des O. C., p. 217. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 177.
  59. Pouchet, Note sur les proto-organismes animaux et végétaux nés spontanément dans l'air artificiel et le gaz oxygène ; Pouchet et Houzeau, Expériences sur les générations spontanées. Deuxième partie : Développement de certains proto-organismes dans de l'air artificiel ; Comptes rendus de l'Académie des Sciences, vol. 47, 1858, pp. 979-982 et 982-984.
  60. Milne Edwards, Remarques sur la valeur des faits qui sont reconnus par quelques naturalistes comme étant propres à prouver l'existence de la génération spontanée des animaux, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, vol. 48, 1859, pp. 23-36, consultable sur Gallica.
  61. Par exemple Th. Schwann, Vorläufige Mitteilung betreffend Versuche über Weingährung und Fäulniss. , Annalen der Physik und Chemie, XLI, 1837, p. 184-193. Cité par Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées. , 1861, t. 2 des O. C., p. 217-218. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 177. Schwann mentionne les résultats aberrants mais estime pouvoir conclure malgré eux.
  62. «M. Bérard, qui admettait la génération spontanée, prétendait qu'en somme, si même les deux expériences de Schultz et de Schwann étaient positives, cela signifierait tout simplement que des animalcules ne peuvent venir dans de l'air tourmenté par l'acide sulfurique ou par la chaleur rouge.» Pouchet, Remarques sur les objections (... ) , Comptes rendus de l'Académie des Sciences, vol. 48, 1859, p. 155-156.
  63. Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées. , 1861, t. 2 des O. C., p. 223. La question fut posée par l'Académie des Sciences dans sa séance du 30 janvier 1860; Comptes rendus de l'Acad. des Sciences, L, 1860, p. 248.
  64. «les expériences sur la génération spontanée sont l'affinement de travaux dont le principe était vieux qui plus est d'un siècle». André Pichot, Introduction générale à : L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Paris, Flammarion, 1994, p. 12.
  65. Signalés même par Theodor Schwann (dont d'autres expériences étaient reconnues comme réfutant la génération spontanée).
  66. Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, 1896, p. 130 ; Jean Rostand, La genèse de la vie. Histoire des idées sur la génération spontanée, tirage 1946, p. 130.
  67. «Je n'ai jamais dit que dans la série de mes expériences avec matras à cols recourbés ou sinueux, cent expériences sur cent réussissent. Ce qui doit étonner, ce qui a profondément surpris à l'origine l'ensemble des personnes qui ont vu ces expériences et moi-même, c'est leur succès environ constant.» (L. Pasteur, «Observations verbales relatives à des notes communiquées à l'Académie par M. Victor Meunier dans les séances des 28 août, 11 septembre et 11 décembre 1865», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 18 décembre 1865, LXI, p. 1091-1093; Œuvres complètes, t. 2, pp. 349-351. )
  68. «Inaltération n. f. Absence d'altération, de changement en pis.» (Littré).
  69. Le pasteurien Émile Duclaux, dans son ouvrage Pasteur, histoire d'un esprit, 1896, p. 138, raconte dans quelles circonstances Balard donna à Pasteur l'idée des ballons à col de cygne. Pasteur («Expériences relatives aux générations dites spontanées», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 6 février 1860, vol. 50, p. 303-307; O. C. de Pasteur, vol. 2, pp. 187-191, spéc. 190) signale les expériences analogues faites antérieurement par Chevreul.
  70. F. A. Pouchet, Hétérogénie, Paris, 1859, p. 243. Consultable sur Google Books.
  71. Pasteur, «Suite à une précédente communication relative aux générations dites spontanées», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 51, séance du 5 novembre 1860, pp. 675-678, spéc. 676, consultable sur Gallica. Voir aussi conférence du 7 avril 1864 à la Sorbonne, Œuvres complètes de Pasteur, vol. 2, pp. 328-346, spéc. p. 344. Consultable sur Gallica.
  72. G. L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995, pp. 130-131. Le pasteurien Émile Duclaux dit à ce sujet que Pasteur «ne voulait pas suivre ses adversaires sur leur terrain, sentant que c'était dangereux, et qu'on pourrait ainsi l'attirer où on voudrait.» (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, p. 139, consultable sur Gallica)
  73. Voir le pasteurien Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 141-142, consultable sur Gallica.
  74. Ferdinand Cohn, «Untersuchungen über Bacterien», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 1, n° 2, 1872, pp. 127-144; «Untersuchungen über Bacterien, II», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 1, n° 3, 1875, pp. 141-207; «Untersuchungen über Bacterien, IV, Beiträge zur Biologie der Bacillen», Beiträge zur Biologie der Pflanzen 2, n° 2, 1876; cités par G. L. Geison, art. Cohn, Ferdinand Julius, dans C. G. Gillispie (dir. ), The Dictionary of Scientific Biography, vol. 3, New York, 1971, pp. 338-340. En 1868, Casimir Davaine avait déjà noté que certaines bactéries ont, hormis une forme filamenteuse, une forme granulaire (c'est à dire sporulaire) plus résistante à la chaleur et que ce fait pouvait avoir son importance dans la question des générations spontanées. (C. Davaine, «Recherches physiologiques et pathologiques sur les Bactéries», Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. 66, 1868, pp. 499, spéc. pp. 502-503, consultable sur Gallica. Cité par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, p. 287.
  75. Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 150-151, consultable sur Gallica.
  76. F. A. Pouchet, Hétérogénie, Paris, 1859, p. 141, consultable sur Google Books. Cité par François Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, p. 217.
  77. John Tyndall, «Further researches on the deportment and vital resistance of putrefactive and infective organisms, from a physical point of view» Philosophical Transactions of the Royal Society, 167 (1877), pp. 149-206; «On heat as a germicide when discontinuously applied», Proceedings of the Royal Society (London), 25 (1877), pp. 569-570; cités par G. L. Geison, art. Cohn, Ferdinand Julius, dans C. G. Gillispie (dir. ), The Dictionary of Scientific Biography, vol. 3, New York, 1971, pp. 339-340. Selon Geison, ib., p. 339, «Cohn et Tyndall à eux deux contribuèrent tout autant que Pasteur à la victoire finale sur la vieille doctrine de la génération spontanée.»
  78. Manuscrit 18002 N. A. F. de la Bibl. Nat. Fr., reproduit intotalement dans les Œuvres complètes de Pasteur, t. 7, p. 30, consultable sur Gallica, et plus totalement dans P. Pinet, Pasteur et la phiolosophie, Paris, 2005, pp. 63-64, passage consultable sur Google Books. En réalité, dans sa jeunesse (1854) et même toujours en 1870, Pasteur rêva et tenta de créer la vie en laboratoire, ce qui doit nuancer l'opinion qu'on lui prête d'une séparation radicale entre le vivant et l'inanimé. Voir René Dubos, Louis Pasteur Franc-tireur de la science, éd. fr. 1995, pp. 138-141, qui fait ce commentaire : «Pasteur a consacré une grande partie de sa vie à démontrer que tout se passe comme s'il était impossible de faire ce que lui, Pasteur, avait été impuissant à réaliser.» (p. 140)
  79. Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l'atmosphère. Examen de la doctrine des générations spontanées, 1862; Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 236, consultable sur Gallica.
  80. J. Farley et G. Geison, «Science, Politics, and Spontaneous Generation in Nineteenth-Century France : The Pasteur-Pouchet Debate», Bulletin of the History of Medicine, t. 48 (1974), pp. 161-198; traduction française dans M. Callon et B. Latour (dir. ), La science telle qu'elle se fait, Paris, 1991, pp. 87-146.
  81. Voir sa conférence de 1864 à la Sorbonne, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 332-333, consultable sur Gallica. Voir aussi son discours de réception à l'Académie française (1882)  : «En prouvant que jusqu'à ce jour, la vie ne s'est jamais montrée à l'homme comme un produit des forces qui régissent la matière, j'ai pu servir la doctrine spiritualiste» (Œuvres complètes de Pasteur, t. 7, p. 326, consultable sur Gallica. )
  82. G. L. Geison, The Private Science of Louis Pasteur, Princeton University Press, 1995, p. 321.
  83. H. Collins et T. Pinch, The Golem, Cambridge, 1993, tr. fr. Tout ce que vous devriez savoir sur la science, Paris, 1994, pp. 111-125, spéc. p. 125.
  84. Voir à ce sujet Pierre Thuillier, D'Archimède à Einstein, Fayard, 1988, pp. 281-300.
  85. P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 241, 256-258. À propos des querelles de priorité qu'on fit à Pasteur en matière de chauffage du vin, René Dubos rédigé : «Ces polémiques ont perdu tout intérêt actuellement, si ce n'est de mettre en lumière l'écrasante supériorité des techniques fondées sur une théorie rationnelle comparé aux procédés de l'empirisme. De toute antiquité, on avait sporadiquement appliqué la chaleur au vin, et certains vignerons savaient qu'on peut y parvenir dans certaines conditions sans en altérer le goût. Mais c'est Pasteur qui le premier a donné une base rationnelle aux traditions empiriques. Ce sont ces études théoriques qui ont permis de mettre au point des techniques standardisées et sûres pour la conservation non seulement du vin, mais également des autres liquides périssables». (René Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, p. 180; traduction d'un ouvrage publié en anglais la première fois en 1950; première traduction française en 1955). Cependant, Pierre-Yves Laurioz, Louis Pasteur, la réalité après la légende, Paris, 2003, pp. 109-142, plaide pour la priorité de Vergnette.
  86. Pasteur connaissait les conserves d'Appert, mais a déclaré que lorsqu'il publia ses premiers travaux sur la conservation du vin, il ignorait que le vin figurait parmi les substances dont Appert s'était occupé (L. Pasteur, Sur la conservation des vins. [Publication en brochure d'une] Lettre adressée à M. le rédacteur en chef du Moniteur vinicole, Paris, 1865, note de la publication en brochure; Œuvres complètes de Pasteur, t. 3, p. 352, note 1, consultable sur Gallica), Appert avait publié ses expériences sur le vin que dans sa dernière édition de son Livre de l'ensemble des ménages de 1831 page 130, le lait page 84 et la bière page 168, soit plus de 30 ans avant Pasteur (L. Pasteur, «Note sur l'emploi de la chaleur comme moyen de conservation du vin», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 61 (1865), p. 979, consultable sur Gallica). Voir P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 256.
  87. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, pp. 259-260.
  88. «En 1886, les chimistes allemands V. H. et F. Soxhlet adaptèrent la technique pour la conservation du lait et la réduction des maladies transmissibles par ce dernier.» Lansing M. Prescott et al., Microbiologie, tr. fr., De Bœck Université, 2003, p. 142, consultable sur Google Books.
  89. Dutrochet, «Rapport sur divers travaux entrepris au sujet de la maladie des vers à soie, connue vulgairement sous le nom de muscardine», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 6, 1838, pp. 86-102, spéc. 88-89 et 97-100, consultable sur Gallica, tend à relativiser le rôle de Bassi. Cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 180.
  90. F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, réédité sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 267-268, donne un exemple tiré de Nicolas Lémery, Cours de chimie, 10e éd., Paris, 1713, p. 268. L'assimilation de la fièvre à la fermentation est déjà faite en 1663 par Boyle : «Celui qui comprend idéalement la nature des ferments et des fermentations, bien mieux que celui qui les ignore, sera en mesure de rendre compte des divers aspects de plusieurs maladies (fièvres et autres) qu'on ne saisira peut-être jamais totalement sans avoir pénétré la doctrine de la fermentation.» (R. Boyle, Sur quelques aspects de la partie pathologique de la physique, 1663; référence donnée par René Dubos, Louis Pasteur franc-tireur de la science, rééd. 1995, p. 268. ) Pasteur cite ce passage de Boyle dans sa lettre du 25 décembre 1882 À Monsieur Koch, Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 425, consultable sur Gallica. (Voir P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 171. ) P. Pinet signale une opinion identique chez John Pringle (1707-1782), que Pasteur avait lu. (P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 156 et 175-176. Pasteur mentionne cette opinion de Pringle dans ses Recherches sur la putréfaction, 1863, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, p. 175, consultable sur Gallica. )
  91. Pasteur, «Suite à une précédente communication relative aux générations spontanées», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 5 novembre 1860, t. 51, pp. 675-678, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 202-205, spéc. 204-205, consultable sur Gallica. Dans une note non publiée, datée du 17 décembre 1859, Pasteur avait déjà rédigé, après avoir décrit le phénomène de la fermentation : «Tout annonce aussi que c'est à des causes de cette nature que les maladies contagieuses doivent leur existence», mais cette note ne parle pas du rôle des organismes vivants. (Note remise par Pasteur au ministre de l'instruction et des cultes, Œuvres complètes, t. 3, p. 481, consultable sur Gallica; cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, Paris, 2005, p. 155. )
  92. C. Davaine, Recherches sur les infusoires du sang dans la maladie connue sous le nom de «sang de rate» - Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 1863, vol. 57, p. 221. (Consultable sur le site Gallica). Cité par Jean Théodoridès ; (en) Casimir Davaine (1812-1882) a precursor of Pasteur, Med Hist. 1966 - p. 159. [pdf]
  93. L. Pasteur, Sur les maladies virulentes, et surtout sur la maladie nommée vulgairement choléra des poules. , Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 9 février 1880, t. 90, 1880, p. 239-248; Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 10 février 1880, 2e série, t. 9, p. 121-134; O. C., vol. 6, p. 291-303, spéc. p. 292.
  94. P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 157.
  95. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 296-297.
  96. Cité par P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, pp. 299-300.
  97. Pour ce qui est de la mise en évidence de l'importante présence de germes dans l'eau, Pasteur et Joubert («Sur les germes des bactéries en suspension dans l'atmosphère et dans les eaux», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 84, 1877, pp. 206-209, spéc. 207-208, Œuvres complètes de Pasteur, t. 2, pp. 467-469, spéc. p. 468, consultable sur Gallica, rendent hommage à Burdon-Sanderson, «The origin and distribution of microzymes (bacteria) in water, and the circumstances which determine their existence in the tissue and liquids of the living body», Quarterly Journal of Microscopical Science, n. ser., XI, 1871, pp. 323-352, consultable sur le site du Journal of Cell Science.
  98. P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, p. 301.
  99. P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 307. L'expression «Pasteur est de ceux» de P. Debré suggère que l'asepsie post-listérienne n'est pas le fait du seul Pasteur. En 1874, par exemple, Félix Terrier, qui ne s'initiera que plus tard à la bactériologie, pratique l'asepsie «en quelque sorte par intuition». (Ém. Lagrange, Monsieur Roux, Bruxelles, 1954, p. 83. )
  100. Pasteur, Joubert et Chamberland, «La théorie des germes et ses applications à la médecine ainsi qu'à la chirurgie», Bulletin de l'Académie de médecine, 2e série, t. 7, 1878, p. 446; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 112-130, spéc. 123-124, consultable sur Gallica. Communication publiée sous le même titre dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 29 avril 1878 (t. 86, 1878, pp. 1037-1043), mais la partie contenant les recommandations de stérilisation a été supprimée pour ne pas dépasser la longueur réglementaire. À la séance du 5 janvier 1874 de l'Académie des Sciences, Pasteur avait déjà dit : «Si j'avais l'honneur d'être chirurgien, jamais je n'introduirais dans le corps de l'homme un instrument quelconque sans l'avoir fait passer dans l'eau bouillante et mieux toujours dans la flamme tout aussitôt avant l'opération, et refroidir rapidement.» (Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 78 (1874), pp. 46-47.
  101. P. Debré, Louis Pasteur, Paris, 1994, p. 310. Bruno Halioua, Histoire de la médecine, Paris, Masson, 2004, p. 176, passage consultable sur Google Books.
  102. Au contraire de ce qui est dit ou semble dit sur Internet, la phrase «Au lieu de s'ingénier à tuer les microbes dans les plaies, ne serait-il plus raisonnable de ne pas en introduire ?» ne figure pas dans la communication que Pasteur fit à l'Académie des sciences le 29 avril 1878 ainsi qu'à l'Académie de médecine le lendemain.
  103. «Il la [= la flacherie] connaissait depuis longtemps, depuis son premier séjour dans le Midi en 1865, où l'une des deux éducations qui avaient servi de point de départ à ses déductions était atteinte de cette maladie, en même temps que de celle des corpuscules.» Émile Duclaux, Pasteur, Histoire d'un esprit, pp. 218-219, consultable sur Gallica
  104. «Cette expression de morts-blancs, employée par l'abbé de Sauvages et plusieurs autres écrivains, est incorrecte; c'est pourquoi j'ai cru devoir ajouter celle de morts-flats, vulgairement employée dans plusieurs départements, et qui sert à désigner fort bien l'état de mollesse et de flaccidité dans lequel se trouvent les vers morts de cette maladie.» Pierre Hubert Nysten, Recherches sur les maladies des vers à soie, Paris, 1808, p. 5, consultable sur Google Books.
  105. Voir récit de Quatrefages reproduit dans L. Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie, Paris, 1870, Œuvres complètes de Pasteur, t. 4, p. 27, consultable sur Gallica.
  106. «Mais les cas d'association étaient tellement habituels, exactement parce que la maladie des corpuscules était particulièrement répandue, que Pasteur avait reconnu les deux affections comme liées l'une à l'autre et devant disparaître ensemble.» (Émile Duclaux, Pasteur, Histoire d'un esprit, pp. 218-219, consultable sur Gallica) Pasteur a exprimé cette opinion, surtout dans «Nouvelles études sur la maladie des vers à soie», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 63 (1866), pp. 126-142 : «Je suis très-porté à croire qu'il n'existe pas de maladie actuelle spécifique des vers à soie. Le mal dont on se plaint me paraît avoir existé toujours, mais à un moindre degré. (... ) En outre, j'ai des motifs sérieux de croire que la majorité des maladies du ver à soie connues depuis longtemps sont liées à celle qui nous occupe, la muscardine et , peut-être, la grasserie exceptées.» (p. 136). Consultable sur Gallica. Même chose dans une lettre du 27 juin 1866 à Dumas : «toutes les autres maladies dites anciennes du ver à soie, moins la muscardine et peut-être la grasserie, telles que la maladie des motrs-flats, des petits, des passis, des arpians, ne sont que des formes de la maladie actuelle.» (Correspondance, t. 2, p. 265. Cité par Ph. Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 173, et par P. Pinet, Pasteur et la phiolosophie, Paris, 2004, p. 158.
  107. «Sur la maladie des vers à soie. Lettre de M. L. Pasteur à M. Dumas.» Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 3 juin 1867, t. 64, p. 1113. Consultable sur Gallica.
  108. Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, pp. 165-193. reproche à Pasteur un déni de justice envers Antoine Béchamp, qui étudia la pébrine en même temps que Pasteur et affirma d'emblée la nature parasitaire de la maladie. Voir détails dans l'article Antoine Béchamp.
  109. Balbiani, «Recherches sur les corpuscules de la pébrine et sur leur mode de propagation», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 27 août 1866, vol. 63 (1866), pp. 388-391, consultable sur Gallica. Balbiani débute ainsi : «Parmi l'ensemble des opinions contradictoires qui ont été émises sur la nature des corpuscules de la pébrine, la plus discutable, à mon avis, est celle qui consiste à les assimiler à des éléments anatomiques soit normaux, soit plus ou moins altérés, ou à des produits morbides tels que les globules du pus, etc. Il y a plus de huit ans que cette opinion a été réfutée par M. le professeur Lebert (... ) ; mais je crois pouvoir apporter en outre, contre la manière de voir citée plus haut, des preuves plus décisives, fondées sur l'observation des phénomènes que ces corpuscules présentent dans leur évolution, phénomènes qui mettent hors de doute leur étroite parenté avec les organismes parasites connus sous le nom de Psorospermies»
  110. «Pour ce qui est des opinions émises par M. Balbiani sur la nature des corpuscules, quoique je ne les partage pas, j'apporterai énormément de soin à les examiner, pour deux motifs : parce qu'elles sont d'un observateur habile, et que je n'ai toujours sur les objets qu'elles concernent que des vues préconçues, auxquelles je ne tiens pas plus que de raison. Il y a plus : je souhaite vivement que les idées de MM. Balbiani et Leydig soient vraies (... )». Pasteur, «Observations au sujet d'une Note de M. Balbiani relative à la maladie des vers à soie», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 10 septembre 1866, vol. 63 (1866), pp. 441-443.
  111. Le 29 mai 1867, Pasteur rédigé toujours à Dumas : «Malgré tout ce que j'aurais à dire sur les notes de Béchamp, Estor, Balbiani et sur les articles que les deux premiers insèrent dans le Messager du Midi, je suis votre conseil, je ne réponds pas. Si vous saviez combien il est erroné de dire que cette maladie n'est pas constitutionnelle et uniquement parasitaire. Son caractère essentiel est exactement son caractère constitutionnel.» (Cité par Ph. Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 190. )
  112. P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 219. Dans ses Études sur la maladie des vers à soie, publiées en 1870 (Œuvres complètes de Pasteur, vol. 4, consultable sur Gallica), Pasteur rapporte qu'il consulta Leydig sur la question de la nature vivante des corpuscules. (Une de ses lettres à Leydig est de décembre 1866. ) Il admet que «pour le fond» il a adopté les opinions de Leydig et de Balbiani, mais il les contredit sur la question du mode de formation des corpuscules (pp. 135, 137 et 138). En 1884, Balbiani soumettra à un examen la théorie de Pasteur sur le développement des corpuscules et conclura comme suit : «Je crois qu'il est inutile de m'arrêter plus longtemps sur les observations de M. Pasteur, que je pense pouvoir caractériser d'un seul mot en disant que leur auteur y prouve combien il est peu familier avec les recherches de la biologie. Mais avec cette réserve, je rends justice à ses travaux qui ont rendu aux sériciculteurs un réel service en leur servant à reconnaître une graine saine d'une graine malade.» (G. Balbiani, Leçons sus les sporozoaires, Paris, 1884, pp. 160-163. En ligne. ) Sur les erreurs de Pasteur dans l'étude des vers à soie et le jugement qu'il portait lui-même sur ces erreurs, voir Richard Moreau, «Le dernier pli cacquis de Louis Pasteur à l'Académie des sciences», La vie des sciences, Comptes rendus, série générale, t. 6, 1989, n° 5, pp. 403-434, en ligne.
  113. Louis Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie; Œuvres complètes, t. 4, pp. 166-167, consultable sur Gallica.
  114. Pasteur mentionne les idées d'Osimo dans Louis Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie; Œuvres complètes, t. 4, pp. 38-39, consultable sur Gallica. Résumant un développement du pasteurien Émile Duclaux (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Sceaux, 1896, p. 198, consultable sur Gallica), P. Debré rédigé que Pasteur est «conduit à proposer une méthode de tri des graines environ semblable à celle préconisée quelques années jusque là par Orcino [lire : Osimo]. Si celle-ci avait échoué, affirme Pasteur, c'est par manque de confiance; ce qui, évidemment, n'est pas son cas.» P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 210.
  115. G. Balbiani, Leçons sus les sporozoaires, Paris, 1884, pp. 167-168 En ligne. .
  116. En 1878, au Congrès mondial séricicole, Pasteur avait admis que «si la pébrine est vaincue, la flacherie exerce toujours ses ravages.» Il attribuait la persistance de la flacherie au fait que les éleveurs n'avaient pas suivi ses conseils. (Comptes rendus sténographiques du Congrès mondial séricicole, tenu à Paris du 5 au 10 septembre 1878; Paris, 1879, pp. 27-38. Reproduit dans les Œuvres complètes de Pasteur, t. 4, pp. 698-713, spéc. 699 et 713; consultable sur Gallica.
  117. Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 301.
  118. Selon le pasteurien Émile Duclaux, les travaux sur le filtre, l'autoclave et le flambage des vases furent stimulés par les objections des adversaires des idées de Pasteur sur la génération spontanée. (Émile Duclaux, Pasteur, histoire d'un esprit, Imprimerie Charaire, 1896, pp. 148, 150 et 152, consultable sur Gallica. )
  119. Lettre de décembre 1876 au Dr Godelier, Correspondance, t. 2, p. 659. Cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, pp. 159-160.
  120. Pasteur et Joubert, «Charbon et septicémie», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 85 (1877), pp. 101-115, consultable sur Gallica.
  121. Charles L. Hatheway, «Toxigenic Clostridia», Clinical microbiology reviews, vol. 3, n° 1, janv. 1990, p. 66-98, p. 85, en ligne.
  122. Pasteur, «De l'extension de la théorie des germes à l'étiologie de quelques maladies communes», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 3 mai 1880, t. 90, pp. 1033-1044; Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 4 mai 1880, 2e série, t. 9, pp. 435-447; Œuvres complètes, t. 6, Paris, 1933, pp. 147-158, spéc. p. 151, consultable sur Gallica.
  123. «(... ) des germes qui, vous le voyez, ont une facilité extrême de propagation dans les tissus et qui entraîneraient inévitablement la mort des opérés dans un temps particulièrement court si la vie, dans ces membres, ne s'opposait à la multiplication de ces germes. Mais, hélas ! combien de fois cette résistance vitale est impuissante, combien de fois la constitution du blessé, son affaiblissement, son état moral (... ) n'opposent qu'une barrière insuffisante à l'envahissement des illimitément petits» (L. Pasteur, avec Joubert et Chamberland, «La théorie des germes et ses applications à la médecine ainsi qu'à la chirurgie», 1878; Œuvres complètes, t. 6, pp. 123-124, consultable sur Gallica; cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, pp. 193-194.
  124. «Aujourd'hui, dans divers pays, on clavelise les moutons pour les préserver de la clavelée; on inocule la péripneumonie pour préserver de cette particulièrement grave affection de l'espèce bovine.» L. Pasteur, «Sur les maladies virulentes, et surtout sur la maladie nommée vulgairement choléra des poules», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 10 février 1880, t. 90, p. 245; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 298; anthologie Pichot, p. 209.
  125. «C'est de cette croyance qu'est née l'idée de cultiver le virus claveleux; on a pensé ainsi affaiblir le virus claveleux, lui faire perdre de son activité virulente, le mitiger par des inoculations successives, tout en lui conservant ses propriétés préservatrices. Cependant, des expériences, faites à l'école de Vienne, ont prouvé que (... ) la culture du virus claveleux ne mitige (... ) pas l'action de ce dernier.» L. H. J. Hurtrel d'Arboval, Dictionnaire de médecine, de chirurgie et d'hygiène vétérinaires, édition entièrement refondue par A. Zundel, vol. 1, Paris, 1874, article Clavelisation, p. 402.
  126. Ce microbe était connu depuis quelques années. «D'après les recherches de Moritz, [le sang de l'animal malade du choléra des poules] renferme quelquefois des bactéries. Ici encore il faudrait de nouvelles recherches pour bien spécifier la nature et l'espèce des microphytes (... )» (Dictionnaire de médecine, de chirurgie et d'hygiène vétérinaires de L. H. J. Hurtrel d'Arboval, refondu par A. Zundel, t. 2, Paris, 1875, p. 467. ) «La maladie [= le choléra des poules] est produite par un organisme microscopique, lequel, selon le dictionnaire de Zundel, aurait été soupçonné en premier lieu par M. Moritz, vétérinaire de la haute Alsace, puis a été mieux figuré en 1878 par Perroncito, vétérinaire de Turin, et enfin retrouvé en 1879 par M. Toussaint, professeur à l'école vétérinaire de Toulouse, qui a démontré par la culture du petit organisme dans l'urine neutralisée que ce dernier était bien l'auteur de la virulence du sang.» L. Pasteur, Sur les maladies virulentes, et surtout sur la maladie nommée vulgairement choléra des poules, Comptes Rendus de l'Acad. des Sciences, séance du 9 février 1880, XC, p. 239-248; Bulletin de l'Acad. de médecine, séance du 10 février 1880, 2e sér., IX, p. 121-134; Paris, 1880 (brochure) ; Recueil de médecine vétérinaire, 6e sér., VII, 1880, p. 125-135. (O. C., vol. 6, p. 291-303, spéc. p. 294. ) «Certains vétérinaires y [= dans le «virus» du choléra des poules] avaient soupçonné l'existence de petits ferments animés, de bactéries, surtout un élève de M. Zundel. Il [= ?] a été signalé aussi par un vétérinaire de Turin et par un professeur de Toulouse, M. Toussaint. C'est de M. Toussaint que j'ai eu la première petite quantité de sang provenant d'une poule morte de ce qu'on sert à désigner par choléra des poules.» (L. Pasteur, Sur les virus-vaccins du choléra des poules et du charbon, Comptes rendus des travaux du Congrès mondial des directeurs des stations agronomiques, session de Versailles, juin 1881. Paris, 1881, 4e séance, 22 juin 1881, p. 151-162. (O. C., vol. 6, p. 358-369, spéc. p. 359. ) (fr) Pasteur Œuvre tome 6 - Maladie virulentes. Virus. Vaccins. Prophylaxie de la rage [pdf]
  127. «En 1880, M. Pasteur découvrait exactement le premier exemple d'une maladie (choléra des poules) produite par un microbe spécial, lequel, par un artifice spécifique, pouvait être privé d'une partie de sa virulence et être ensuite inoculé sans danger aux poules. Par ce virus atténué on pouvait communiquer aux poules une maladie bénigne; et , suite à cette légère atteinte, elles étaient préservées contre la maladie mortelle.» (Ch. Chamberland, Le charbon et la vaccination charbonneuse, Paris, 1883, p. 94, cité par A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 109. )
  128. René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, 1900, p. 427, consultable sur Gallica. Passage reproduit par A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 108.
  129. Émile Duclaux, Pasteur. Histoire d'un esprit, Sceaux, 1896, pp. 348-349, consultable sur Gallica; reproduit par A. Cadeddu, ouvr. cité, p. 110, et résumée par P. Debré, Louis Pasteur, 1997, p. 404.
  130. A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 122.
  131. A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, 2005, p. 105-125.
  132. A. Cadeddu avait déjà traité cette question dans son article «Pasteur et le choléra des poules. Révision critique d'un récit historique», History and Philosophy of the Life Science, 1985, t. VII. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, qui cite cet article dans sa bibliographie, p. 545, rédigé dans le corps de son ouvrage, p. 404, après avoir reproduit la version de la découverte fortuite : «Une autre version des mêmes faits, reconstituée à partir des archives de Pasteur, fait une part moins belle au hasard».
  133. (Pasteur, O. C., vol. 6, p. 329. )
    (fr) Pasteur Œuvre tome 6 - Maladie virulentes. Virus. Vaccins. Prophylaxie de la rage [pdf]
  134. Philippe Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 232, faisait ce commentaire : «Dans ces conditions, il est impossible de parler d'un procédé de vaccination. On est obligé de constater qu'à la fin d'octobre 1880, Pasteur n'en a toujours aucun.»
  135. G. Lesbouyries, La pathologie des oiseaux, Paris, 1941, p. 340; cité par Hervé Bazin, L'Histoire des vaccinations, 2008, p. 155, qui présente G. Lesbouyries comme «un excellent spécialiste de la pathologie des oiseaux». On lit dans une publication Internet du Département américain de l'agriculture en date du 14 janvier 2005 : «Pasteur travailla sur un vaccin contre le choléra des poules, mais sans grand succès. Depuis Pasteur, il y eut plusieurs tentatives de produire un vaccin efficace contre le choléra des poules. Une immunité substantielle mais non absolue peut être conférée à la volaille, dans des conditions contrôlées, avec vaccins tués de Pasteurella multocida.» («Pasteur did some work with a vaccine for fowl cholera but was not very successful. Since Pasteur, there have been several attempts to produce efficient vaccines for fowl cholera. Substantial but not absolute immunity can be induced in fowl using killed Pasteurella multocida vaccines under controlled conditions.») (Turkey Slaughter, 14 janvier 2005, p. 10. )
  136. Thomas D. Brock, Milestones in microbiology 1546 to 1940, ASM Press (American Society for Microbiology), 1999, p. 130, passage consultable sur Google Books.
  137. Paul-Henri Duboué, De la physiologique pathologique et du traitement de la rage, Paris, 1879. Cité par Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 184.
  138. Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 185.
  139. V. Galtier, «Études sur la rage», Rec. Méd. vét. , 6, 2e série, n° 17, 1879, 857-67; Ann. méd. vét. , 28, 1879, 627-39; conclusions in : Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, 89, 1879, 444-6. Cité par Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 191.
  140. V. Galtier, «Transmission du virus rabique», Bulletin de l'Académie de Médecine, 2e série, 10, 1881, 90-94. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 192.
  141. E. Nocard et É. Roux, «Expériences sur la vaccination des ruminants contre la rage par injections intraveineuses du virus rabique», Annales de l'Institut Pasteur, 2, 1888, 341-353. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 197.
  142. J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, pp. 191-2 («assertion incorrecte»).
  143. Pasteur, Chamberland, Roux et Thuillier, «Sur la rage», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 92, 1881, 1259-60. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, pp. 202-3.
  144. Pasteur, Chamberland, Roux et Thuillier, Nouveaux faits pour servir à la connaissance de la rage, Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 95, 1882, 1187-92; Bulletin de l'Académie de Médecine, 2e série, 11, 1882, 1440-45; cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 203.
  145. Seconde édition de son Traité des maladies contagieuses, 1891, vol. 2, p. 141. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 198.
  146. V. Galtier, «Une page d'histoire. Découverte de l'immunité rabique. Vaccination antirabique par injection intraveineuse», J. Méd. Vét. Zoot. (Lyon), 55, 1904, 274-77. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 197.
  147. J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 198.
  148. E. Nocard et É. Roux, «Expériences sur la vaccination des ruminants contre la rage par injections intraveineuses du virus rabique», Annales de l'Institut Pasteur, 2, 1888, 341-353. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, pp. 197 et 214.
  149. Pasteur, Chamberland et Roux, «Nouvelle communication sur la rage», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 98, 1884, 457-63; Bulletin de l'Académie de médecine, 2e série, 13, 1884, 337-44. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, pp. 203-204.
  150. Pasteur, Chamberland et Roux, «Sur la rage», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 98, 1884, 1229-31; Bulletin de l'Académie de médecine, 2e série, 13, 1884, 661-64. Cité par J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 204.
  151. J. Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, Masson, 1986, p. 234-5.
  152. A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, Olschki, 2005, p. 178, signale que, selon les notes de laboratoire de Pasteur, ses résultats n'avaient pas vraiment une telle régularité.
  153. L. Pasteur, «Méthode pour prévenir la rage après morsure», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101 (1885), séance du 26 octobre 1885, pp. 765-774, consultable sur Gallica; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311.
  154. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 463.
  155. En 1973, André Gamet ne voit que deux exceptions individuelles, et toujours particulièrement douteuses, au pronostic fatal de la rage déclarée. (André Gamet, La rage, Paris, 1973, p. 94. ) M. Fekadu, au contraire, considère comme probants plusieurs cas de guérison de rage clinique chez l'animal et chez l'homme qui ont été signalés, entre autres par Pasteur lui-même, au XIXe et au XXe siècle. Voir Makonnen Fekadu, dans G. M. Bær (dir. ), The natural history of rabies, 2e éd., CRC Press, 1991, pp. 192 et 370.
  156. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, pp. 463-466; Pierre Madeline, La première vaccination antirabique de Pasteur in L'aventure de la vaccination, éd. Frison-Roche, 1996, pp. 160-167. A. Cadeddu, Les vérités de la science, Florence, Olschki, 2005, p. 185-192, qui renvoie aux notes de laboratoire de Pasteur, à Geison 1995, p. 198-205, à Madeline dans Moulin 1996, p. 160-167, ainsi qu'à Debré 1994, p. 441-474 (spéc. 464-465).
  157. Patrice Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 467. Ce refus de Roux est attesté par Adrien Loir, dont Émile Lagrange (Monsieur Roux, Bruxelles, 1954, pp. 75 et 79), qui a connu Roux, reprend le récit à son compte.
  158. L. Pasteur, «Méthode pour prévenir la rage après morsure», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101 (1885), séance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311.
  159. Pasteur, carnet du 6 juillet 1885, cité sur le site de l'Académie de Versailles. Dans sa publication, Pasteur dit que l'estomac était rempli de foin, de paille et de fragments de bois. (L. Pasteur, «Méthode pour prévenir la rage après morsure», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101 (1885), séance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311. )
  160. «Jadis, vous vous le rappelez, tout chien dans l'estomac duquel on trouvait des corps étrangers : bois, paille, etc., était connu enragé; cette preuve est abandonnée.» Peter, dans le Bulletin de l'Académie de Médecine, 2e série, t. 17, 1887, séance du 11 janvier 1887, p. 51; cité par Ph. Decourt, Les vérités indésirables, 1989, p. 145. Victor Babès, disciple de Pasteur, confirmait dans son Traité de la rage (Paris, 1912, p. 74) que «l'autopsie est , en effet, insuffisante à établir le diagnostic de rage. Surtout, la présence de corps étrangers dans l'estomac est environ sans valeur.» Le diagnostic de rage chez le chien qui avait mordu Meister est aussi reconnu comme incertain par I. Vodopija et H. F. Clark, «Human vaccination again rabies», dans G. M. Bær (dir. ), The natural history of Rabies, 2e éd., 1991, CRC Press, p. 573. Dans un autre cas célèbre de 1885, celui de Jean-Baptiste Jupille, rien, dans le récit de Pasteur (L. Pasteur, «Méthode pour prévenir la rage après morsure», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101 (1885), séance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311), n'indique que le chien ait donné des marques d'agressivité avant que Jupille n'ait marché vers lui en brandissant un fouet, ce qui, selon Decourt, ouvr. cit., pp. 146-147, invalide le diagnostic de rage.
  161. Préface au livre de Bruno Latour, Pasteur, une science, un style, un siècle, Perrin et Institut Pasteur, 1996, p. 2.
  162. L. Pasteur, «Méthode pour prévenir la rage après morsure», Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. 101 (1885), séance du 26 octobre 1885, pp. 765-774; reproduit dans L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, pp. 302-311. Note 237 de Pichot, pp. 308 et 336.
  163. Louis Pasteur, «Nouvelle communication sur la rage», Compts rendus de l'Académie des Sciences, t. 103, séance du 2 novembre 1886, pp. 777-785.
  164. P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 482.
  165. P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, pp. 482-485.
  166. Bulletin de l'Académie de médecine, séances de janvier 1887. Ph. Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, p. 158.
  167. P. Lépine et L. Cruveilhier, dans Annales de l'Institut Pasteur, vol. 55, 1935, supplément sur la rage, p. 20. Reprenant une suggestion (retirée presque aussitôt faite) de René Dubos, Louis Pasteur, Freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, Paris, 1995, pp. 376-377 et 380), François Dagognet pense que le traitement de Pasteur, en dépit de ses dénégations, provoquait bel et bien des accidents (paralytiques), dus non pas au virus mais aux tissus nerveux (mœlle) qu'il contenait. (F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, p. 224, réédité sous le titre Pasteur sans la légende, éd. Synthélabo, 1994, p. 354; opinion reprise par Anne-Marie Moulin, «Biologie sans vivant, médecine sans malades», dans Anatomie d'un épistémologue : François Dagognet, Paris, 1984, p. 61, et par Jean Théodoridès, Histoire de la rage, Paris, 1986, p. 211. ) Au début du XXIe siècle, l'OMS prônait l'abandon complet des vaccins contre la rage sur tissus nerveux. Voir un document de l'Organisation panaméricaine de la santé
  168. P. Lépine et V. Sautter, «Essais expérimentaux sur la valeur pratique des vaccins antirabiques phéniqués», Annales de l'Institut Pasteur, vol. 59, 1937, pp. 39-56; cité par Ph. Decourt, Les vérités indésirables, Paris, 1989, pp. 152-153 et 311. En 1927, déjà, Paul Remlinger s'était montré critique envers la méthode des mœlles desséchées; voir J. -P. Dedet, Les Instituts Pasteur d'outre-mer, Paris, 2000, p. 94, partiellement consultable sur Google Books. Sur la difficulté d'évaluer l'efficacité des vaccins antirabiques (vaccination avant exposition, après exposition, sur l'homme, sur l'animal) décrits dans la littérature d'avant 1940, voir quelques indications dans George M. Bær (dir. ), The natural history of rabies, 2e éd., CRC Press, 1991, pp. 16, 573 et 575-576, où on renvoie surtout à L. T. Webster, «The immunizing potency of antirabies vaccines. A critical review», dans American journal of hygiene, vol. 30, 1939, p. 113.
  169. André Gamet, La rage, Paris, coll. Que sais-je ?, 1973, p. 88.
  170. «ses premiers travaux, qui sont à mes yeux les plus remarquables de toute son œuvre.» (P. Debré, Louis Pasteur, 1994, p. 18.
  171. Pasteur et Joubert, «Étude sur la maladie charbonneuse», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 30 avril 1877, t. 84, pp. 900-906, consultable sur Gallica; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 164-171, consultable sur Gallica; cité par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 298-299, comme montrant que Pasteur rejeta erronément l'idée des toxines.
  172. Pasteur et Joubert, «Charbon et septicémie», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 16 juillet 1877, t. 85, pp. 101-105, consultable sur Gallica; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 172-188, consultable sur Gallica; cité par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 298-299, à propos de la position de Pasteur sur les toxines. Dagognet inverse par erreur l'ordre chronologique des publications de Pasteur d'avril et de juillet 1877.
  173. F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, 1994, pp. 298-299; André Pichot, Introduction générale à : Louis Pasteur, Rédigés scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994, p. 18.
  174. Smith, H., J. Keppie et J. L. Stanley, «The chemical basis of the virulence of Bacillus anthracis. V. The specific toxin produced by B. anthracis in vivo.», British journal of experimental pathology, vol. 36, 1955, pp. 460-472. Cité par exemple par G. G. Wright et G. L. Mandell, «Anthrax toxin (... )», Journal of experimental medicine, vol. 164, nov. 1986, pp. 1700-1709, en ligne, et par Theresa M. Kœhler, Anthrax, Springer, 2002, ISBN 3540434976, 9783540434979, partiellement consultable sur Google Books, p. 125.
  175. «Parlez de poison, si vous le voulez, mais vous serez contraint d'ajouter que, si un poison fait la mort, c'est le microbe qui génère le poison.» (Pasteur, «Relations de la variole et de la vaccine. Choléra des poules», Bulletin de l'Académie de médecine, 2e série, vol. 9, 1880; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 477, consultable sur Gallica. ) Cité par P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 191.
  176. Pasteur, avec la collaboration de Chamberland et Roux, «De la possibilité de rendre les moutons réfractaires au charbon par la méthode des inoculations préventives», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 92 (1881), séance du 21 mars 1881, pp. 662-665, consultable sur Gallica.
  177. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, 1994, pp. 18-19.
  178. Voir par exemple Pasteur, «Observations sur une note de M. N. Gamaleïa», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 20 août 1888, t. 107, pp. 434-435, Bulletin de l'Académie de médecine, séance du 21 août 1888, 3e série, t. 20, pp. 308-309, Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, pp. 548 et ss. (consultable sur Gallica), qui renvoie à des publications des Annales de l'Institut Pasteur, 1887.
  179. J. -A. Auzias-Turenne, La syphilisation, Paris, 1878, p. 710, cité par F. Dagognet, Méthodes et doctrine dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. Sous le titre «Pasteur sans la légende, 1994, p. 331. Cette influence d'Auzias-Turenne sur Pasteur a étét notée par René Dubos, Louis Pasteur : Freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, éd. La découverte, Paris, 1995, p. 357 et 385-386, qui mentionne ausi Tyndall.
  180. Louis Pasteur, «Sur les maladies virulentes, et surtout sur la maladie nommée vulgairement choléra des poules», publié plusieurs fois en 1880; Œuvres complètes de Pasteur, vol. 6, p. 301, consultable sur Gallica.
  181. Cette idée est attribuée à Chauveau par André Pichot, Pasteur, rédigés scientifiques et médicaux, 1994, p. 200. Voir A. Chauveau, «Du renforcement de l'immunité des moutons algériens, à l'égard du sang de rate, par les inoculations préventives. Influence de l'inoculation de la mère sur la réceptivité du fœtus», Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. 91, 1880, pp. 148-151, spéc. p. 151, consultable sur Gallica, mais noter que cette communication de Chauveau (juillet 1880) est postérieure à la communication d'avril 1880 de Pasteur. F. Dagognet, plus bienveillant qu'André Pichot, voit dans cette communication de Chauveau une anticipation sur la sérothérapie. (F. Dagognet, Pasteur sans la légende, 1994, pp. 327-328. )
  182. L. Pasteur, «Sur le choléra des poules; études de la condition de la non-récidive de la maladie et de quelques autres de ses caractères», Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 26 avril 1880, t. 90, 1880, p. 957; Œuvres complètes de Pasteur, t. 6, p. 308, consultable sur Gallica.
  183. René Dubos, Louis Pasteur freelance of science, Boston, 1950, tr. fr. Louis Pasteur franc-tireur de la science, Paris, 1995, pp. 387-390, cite des passages ultérieurs de Pasteur qu'il considère comme prophétiques, mais A. Pichot (Pasteur, rédigés scientifiques et médicaux, 1994, p. 200) estime que les essais de Pasteur pour théoriser l'immunisation sont extrêmement sommaires et que Pasteur ne s'intéressait pas vraiment à cette question, la science étant pour lui, toujours plus qu'un moyen de connaissance, un moyen d'action.
  184. Noté par P. -Y. Laurioz, Louis Pasteur. La réalité après la légende, Paris, 2003, p. 150.
  185. René Dubos, Louis Pasteur, franc-tireur de la science, Paris, 1995, p. 393. (Traduction française d'un ouvrage américain de 1950. )
  186. François Dagognet, Méthodes et doctrines dans l'œuvre de Pasteur, Paris, 1967, rééd. sous le titre Pasteur sans la légende, éd. Synthélabo, 1994, pp. 361-362.
  187. André Pichot, Introduction générale à : L. Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Paris, Flammarion, 1994, p. 12.
  188. P. Debré, Louis Pasteur, Flammarion, 1994, p. 17. P. Debré développe cette idée p. 383.
  189. «Envers les médecins, Pasteur ne fut pas forcément compréhensif... et ceux-ci le lui rendirent bien.» Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, 1963, p. 49. Mais H. Cuny rappelle aussi, p. 50, que Pasteur, qui n'était pas médecin, avait été reçu à l'Académie de médecine.
  190. André Pichot, Introduction générale à : Louis Pasteur, Écrits scientifiques et médicaux, Choix, présentation et notes par André Pichot, Paris, Flammarion, 1994.
  191. Maurice Vallery-Radot (Pasteur, Perrin, 1994, p. 378), selon qui Pasteur, même sans pratique religieuse régulière, était au fond resté chrétien, traite avec dédain cette phrase qui apparut, sans références, au lendemain de la mort de Pasteur, dans la Semaine religieuse.... du diocèse de Versailles, 6 octobre 1895, p. 153 et fut popularisée par le livre de François Bournand, Un bienfaiteur de l'humanité, Pasteur, sa vie, son œuvre, Paris, 1904, p. 262. Le frontispice de ce livre, qui porte la phrase en question, est reproduit dans G. L. Geison, The private science of Louis Pasteur, Princeton, 1995, entre les pp. 242 et 243.
  192. Pasteur Vallery-Radot, Lettre à Paul Dupuy, 1939, citée par Hilaire Cuny, Pasteur et le mystère de la vie, Paris, Seghers, 1963, pp. 53-54. Patrice Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, 2005, pp. 134-135, rapporte des propos de même teneur de Pasteur Vallery-Radot et renvoie à Pasteur Vallery-Radot, Pasteur inconnu, p. 232, ainsi qu'à André George, Pasteur, Paris, 1958, p. 187. Il semble que, de même, la phrase «Un peu de science éloigne de Dieu ; énormément y ramène», fréquemment attribuée à Pasteur sans références, remonte en fait à Francis Bacon : «Il est vrai qu'un peu de philosophie incline l'esprit de l'homme à l'athéisme, mais une philosophie profonde amène les esprits des hommes à la religion.  » (Francis Bacon, Essai sur l'athéisme, cité par Karl Petit, Dictionnaire des citations du monde entier, Marabout, 1960, p. 325. )
  193. Œuvre d'Orient
  194. Maurice Pasteur Vallery-Radot, Pasteur, éd. Perrin, 1994; La Croix, 31 décembre 1995. Voir aussi Ibid. Recension du livreIbid. Recension sur www. pasteur. fr. «Apparemment, Pasteur allait aux offices du dimanche l'été, lorsqu'il était à Arbois. (... ) Pasteur, une fois dégagé de toute fonction administrative à l'École normale, n'alla pas (... ) à la messe de sa paroisse, et sa femme et sa fille s'y rendaient seules.» P. Pinet, Pasteur et la philosophie, Paris, L'Harmattan, 2005, p. 135, qui renvoie à des travaux de Richard Moreau (R. Moreau, «Les expériences de Pasteur sur les générations spontanées», La Vie des sciences. Comptes rendus de l'Académie des sciences, série générale, t. 9, 1992, pp. 254-260; Préhistoire de Pasteur, Paris, L'Harmattan, 2000, pp. 210-214; Louis Pasteur : De Besançon à Paris, l'envol, Paris, L'Harmattan, 2003, pp. 154-156) selon lesquels Pasteur était déiste plutôt que chrétien.
  195. (fr) Rapport fait au nom de la mission d'information sur l'accompagnement de la fin de vie – tome II (30 juin 2004) (voir page 42) [pdf]
  196. Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux (chap. «Devant la douleur», pp. 170-171), éd. Robert Laffont (collection Bouquins) (ISBN 978-2221071755). Voir le contexte de la citation sur l'Encyclopédie de l'Agora.
  197. Axel Munthe, The story of San Michele, éd. John Murray, 2004 (première éd. 1929), pp. 54-56 (ISBN 0-7195-6699-1).
  198. Noté par Louise Lambrichs, La vérité médicale, éd. R. Laffont, Coll. Pluriel, 2001, p. 98
  199. Les voies les plus représentées en France - La poste

Voir aussi

Liens externes


Précédé par
Émile Littré
Fauteuil 17 de l'Académie française
1881-1895
Suivi par
Gaston Paris


Pasteur est l'abréviation botanique officielle de Louis Pasteur.
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